Jimmy Labeeu : « Le cinéma ? Des étoiles plein les yeux avec Chaplin, McQueen et les autres »

Alors que Tamara, l’adaptation de la BD à succès de Zidrou et Christian Darasse, débarque sur nos écrans, ce mercredi, nous avons rencontré Jimmy Labeeu qui y tient le rôle de Wagner, un cancre fier de l’être.

Repéré sur les réseaux sociaux grâce à ses vidéos, Jimmy tient moins du beau gosse à la Jérémie Renier que du L’Embrouille qui n’a de cesse de s’enlaidir avec talent. Fraîchement arrivé près de Bruxelles après une enfance louviéroise, Jimmy Labeeu ne se met pas la pression même s’il commence à compter et à enchaîner les tournages et qu’il poursuit son rêve qui est aussi celui de son… papa.

 

 

Bonjour Jimmy, cette année 2016, c’est un peu ton année, non ?

Oui, ça s’enchaîne pas mal et c’est assez kiffant, en fait. Tamara arrive en salle après pas mal d’avant-premières, et durant l’été, j’étais à l’affiche du Correspondant. J’ai beaucoup de plaisir à faire tout ça, et tant mieux !

 

Ça fait déjà un petit moment qu’on te voit sur les réseaux sociaux. Mais le grand écran, c’était un rêve ?

Depuis tout petit, c’est sûr que comme tous les gosses qui rêve de cinéma et d’acting, j’y pensais. Oui, c’était un rêve mais sans pour autant me le fixer comme objectif.

 

Bien sûr, on connaît tes sketches sur YouTube, et notamment celui sur les élèves qui a tout déclenché. Avec Tamara, tu n’es pas loin de cet univers d’écolier et d’ado. Mais justement, sur les bancs de l’école, comment te comportais-tu ?

Ouf, moi, à l’école, je n’étais pas fameux du tout. J’ai doublé… triplé… je ne compte même plus. Je n’étais finalement pas si loin de Wagner, mon personnage, mais en plus soft, en moins méchant mais quand même moqueur ! On m’a souvent parlé de l’école de la vie, moi, je n’ai pas eu le déclic mais ça m’a aidé au niveau de l’humour. Mes premiers sketches, je les ai réalisés avec mes copains, que ce soit en classe d’anglais ou en chimie ou même en gym. Mes premiers fous rires, ceux que je n’oublierai jamais, mes premières créations de personnage, ce fut à l’école. Et, au final, je ne regrette pas du tout, même les années que j’ai doublées.

 

 

 

Tu incarnes donc Wagner, la mauvaise graine, le moqueur, le looser aussi magnifique que maléfique.

Wagner, c’est le fouteur de merde par excellence, celui qui peut-être aussi touchant que frustrant. Celui qu’on adore détester, en bref. C’est d’ailleurs ce que m’ont dit les spectateurs lors de la première avant-première à Paris. C’est le résultat que j’espérais, que les gens m’aiment en me détestant, moi le petit con qui ne laisse aucun répit à Tamara.

 

Justement, connaissais-tu cette série BD ?

Je la connaissais de nom. Ma soeur en avait un album. J’ai été la rechercher pour préparer mon rôle de Wagner. J’ai très vite compris qu’il était très proche de moi. Ce n’en était que plus motivant, je devais m’imprégner du personnage. Enfin, s’imprégner… on ne peut pas dire que ce soit un rôle de composition. Ma mère a levé les yeux de la BD et m’a dit: « Jimmy, ce rôle te va à merveille ».

 

Il fallait arriver à le jouer en totale décontraction, en plus !

Oui, mais ça, ce ne fut pas un souci. Plus chill que ça, ce n’est pas possible. J’étais en toute grande décontraction.

 

Si ta ressemblance avec Wagner ne faisait aucun doute, comment as-tu eu le rôle ? Via un casting ou on est venu te chercher grâce à YouTube ?

On est venu me chercher mais j’ai quand même dû passer un essai pour le rôle. Le réalisateur, qui avait visionné des rushes du Correspondant. Et à l’issue de l’essai, il a adoré et m’a choisi. Mais non, je n’ai pas eu le rôle directement.

 

 

Wagner, au-delà de sa méchanceté un peu stupide, cache une certaine jalousie et même… un peu d’amour.

Oui, complètement. Tamara ne le laisse pas indifférent. Wagner est un personnage très complexé parce qu’il est amoureux. Et s’il est fouteur de gueule, c’est plus une parade, un masque derrière lequel il se cache. Une mauvaise façon de se faire remarquer.

 

Tamara, malgré son côté comique, c’est aussi un drame qui parle d’une thématique bien contemporaine : le harcèlement. Tu crois au pouvoir de sensibilisation de ce film « populaire » ?

C’est clairement et avant tout une comédie, pour moi. Mais je pense qu’elle peut amener une réflexion, autant chez les harceleurs que chez les filles qui sont comme Tamara.

 

Revenons au Correspondant, ton tout premier film, seul en haut de l’affiche. Il n’a peut-être pas eu le succès escompté mais quel est ton regard sur cette aventure ?

Moi, le succès, 100 000, 500 000, 1 000 000 d’entrées ou rien du tout, ça me passe un peu au-dessus de la tête… pour ne pas reprendre une phrase fétiche à la Kévin de Bruyne. Les entrées, les critiques et tout ce qui est considération financière, ça me passe à côté. Moi, je fais mon boulot, je passe un excellent moment tout en débutant en tant qu’acteur. Puis la famille est contente. Même ma grand-mère a été le voir au cinéma ! Puis, ce qui m’arrive, je le réalise aussi un peu pour mon papa.

 

Si je comprends bien, c’est lui qui a nourri ton intérêt pour le Septième Art ?

C’est un fan de cinéma de longue date. C’est grâce à lui que je suis là, je me dois de le remercier… fois mille.

 

Ils sont un peu dans le milieu ?

Alors là, absolument pas. Mon papa est directeur d’école tandis que ma maman est professeure, mon frère est architecte et professeur de maths tandis que ma sœur fait du stylisme. Rien à voir, donc. Je suis un peu le seul qui a carrément dévié de la voie de l’enseignement… même si, pour le moment, je me retrouve dans des films qui parlent d’école. Je suis le seul qui n’ai pas fini mes secondaires et qui ai fait une croix sur l’université, qui ai quitté ma famille à 18 ans. C’est un peu différent.

J’aimerais bien élargir les registres. La comédie me plait bien, mais pourquoi ne pas surprendre mon monde un jour et jouer un drame ou un film d’horreur. Ça me plairait énormément.

 

Il y a quelques années, pas besoin de remonter bien loin, on était habitué à différencier Grand écran et petit écran. Aujourd’hui, pour toi qui vient de YouTube ou Vine, en comptant les tablettes, les pc, etc., on ne peut plus se contenter de cette dualité, non ?

Évidemment, il ne faut pas se faire d’illusion, la plateforme la plus regardée dans le monde entier, c’est YouTube et compagnie. Ou en tout cas, Internet. Il suffit de regarder l’évolution en à peine cinq ans. On y trouve tout, on regarde n’importe quel programme, des séries, des films et des court-métrages qui passent sur la toile avant même de sortir au cinéma ! Je ne vais même pas les citer, j’en aurais pour des heures. Mais c’est une plateforme qui est devenue interplanétaire et tellement innovante qu’on ne peut pas s’en passer.

 

 

Mais le cinéma reste le cinéma, ce sont les étoiles plein les yeux, c’est un rêve qui n’a jamais cessé de décennie en décennie. C’est Chaplin, Jerry Lewis…

 

Vu ton jeune âge, étonnant que tu cites ces monstres sacrés !

Ce sont mes références, mon père m’a éduqué aux belles années du cinéma, cette grande époque. Mais il y a aussi Rowan Atkinson et son Mr. Bean. Je cite les comiques, mais je pourrais aussi aborder Steve McQueen. Ce sont eux qui ont fait mon éducation.

En ce qui concerne le cinéma belge, je reste très patriote. Puis quel esprit, on arrive à insuffler dans nos films. Je n’ai pas de grandes références et en même temps j’en ai tout plein, les François Damiens, Benoît Poelvoorde… En tout cas, j’ai décidé que je vivrais toute ma vie en Belgique, puis je crève d’envie de travailler chez moi, dans mon pays.

 

Tu as d’autres projet en cours ?

Je viens de finir le tournage d’un troisième film, Rattrapage de Tristan Séguéla (16 ans ou presque) avec Anthony Sonigo. C’est l’histoire de trois jeunes. L’un d’eux rate son bac et va entraîner les deux autres pour fêter ça dans les festivals en Belgique, et notamment le Summer Festival d’Anvers.

Sinon, j’ai deux autres films dont on démarrera les prises début 2017.

 

A.S.

 

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