Waterloo, l’ultime bataille : dans la tête de Napoléon

Quarante ans après le triomphe d’Abba au concours Eurovision de la chanson, Waterloo revient à la mode. Après la bataille (juridique) qui oppose le guide Michelin et le bourgmestre de Braine-L’Alleud qui revendique la présence du mythique lion sur le territoire de sa commune, c’est aujourd’hui un film qui vient lancer, avec un an d’avance, les festivités du 200e anniversaire de la bataille qui fut fatale à Napoléon et à son empire.

Le 18 juin 2015, pour ce bicentenaire, l’objectif du producteur est de voir son film diffusé un peu partout  travers le monde sur les écrans de télévision. Ambitieux, mais raisonnable.

Bien sûr, Waterloo, l’ultime bataille n’est pas le premier film sur le sujet, mais c’est une excellente introduction pour le non initié à un sujet bien plus complexe (et passionnant) qu’il n’y paraît.

 

 

« Depuis 1970 », explique le producteur Willy Perelsztejn, « il n’existe aucun grand film sur la bataille de Waterloo, la bataille qui a fait couler le plus d’encre depuis l’invention de l’imprimerie. Plus de 2500 livres, soit plusieurs millions de pages noircies racontent dans les moindres détails l’une des plus grandes batailles de l’histoire moderne. Tous les cinq ans, la grande reconstitution de la bataille est l’évènement belge le plus couvert par la presse écrite et télévisée internationale.

 

En termes de retentissement international, la bataille de Waterloo c’est sans doute plus que l’Atomium, la Grand Place de Bruxelles, Manneken Pis, Anderlecht et Eddy Merckx réunis. Waterloo, c’est le nom de ville le plus répandu au monde. Waterloo, c’est la bataille dont tout le monde a entendu parler, celle où l’Ogre est tombé, « la plus grande défaite de l’histoire de France ». Et pourtant que connaît l’immense majorité des gens de l’histoire de cette bataille?  »

 

 

Pas grand-chose, en effet. Et ce film va aider à combler cette lacune.

Pas besoin d’être un passionné de stratégie militaire, ni un inconditionnel de l’histoire pour goûter à ce spectacle pédagogique certes, mais captivant.

Bien réalisé, superbement monté et postproduit (les effets 100% belges sont modernes et bienvenus), Waterloo, l’ultime bataille bénéficie en outre d’une musique originale assez époustouflante d’Ivan Georgiev que vous pouvez d’ailleurs entendre en vous connectant sur le site officiel réalisé par les Namurois de dogstudio; un site qui est loin d’être classique (ici)

 

 

Réalisé par Hugues Lanneau (Modus Operandi, la série Moi, Belgique…), ce documentaire captivant raconte dans le détail les enjeux et la chronologie de la bataille, scrute les erreurs commises par les armées française, anglaise et prussienne et s’achève avec la cinglante défaite de Napoléon.

Les scènes de combats assez bluffantes ont été filmées les 19 et 20 juin 2010 pendant 36 heures, lors de la dernière reconstitution officielle organisée sur les lieux de la bataille. Ces séquences, alternent avec des extraits de films, l’analyse pointue d’historiens férus de cette époque et de spécialistes militaires ainsi que des témoignages poignants, dénichés dans des lettres envoyées par les soldats des deux camps à leur famille. Un face à face muet, très théâtralisé entre deux acteurs bien castés achève de nous scotcher : Michel Schillaci (photo) est Napoléon et Dorjan Salkin, Wellington.
Waterloo, l’ultime bataille c’est un peu comme Titanic : on connaît la fin, mais on est scotché quand même.

 

Le film ne se contente pas de nous narrer par le détail la bataille en elle-même. Il replace cet affrontement dans son contexte historique, nous raconte le retour de Napoléon en France et son dernier baroud pour reconquérir son Empire perdu. Tantôt objectif, tantôt émotionnel (les témoignages de combattants), le doc joue sur tous les tableaux. Certaines scènes sont même assez difficiles à supporter pour le spectateur non averti, il faut le savoir. On pense notamment une amputation sauvage assez saisissante qui reste longtemps dans les mémoires

 

Le film qui est sorti mercredi dans un très joli panel de salles à travers tout le pays  a bénéficié d’une campagne promo assez amusante avec l’apparition dans les rues de quelques villes belges de soldats de l’Empire distribuant… des sachets de bonbons Napoléon. Il fallait y penser.

Outre la page Facebook traditionnelle (ici), deux pages complémentaires viennent d’être créées à l’effigie de deux soldats fictifs, un dans chaque camp. Ou comment revivre la campagne et la bataille de l’intérieur et « en direct » grâce à deux de ses protagonistes. Original et prometteur.
Vous pouvez suivre Jules Decoq (de l’armée de Wellington) et le napoléonien Victor Lamentin en cliquant sur leur nom.

 

 

Dans le courant du mois de juin, une nouvelle partie du site verra le jour. Elle sera davantage « expérientielle » et interactive, organisée autour d’anecdotes oubliées ou méconnues liées à la bataille. On nous promet aussi un jeu de stratégie au tour par tour, assez simple, mais addictif, créé par les Montois de FishingCactus.

 

Toute cette expérience accompagnera non seulement la vie du film en salles (qui devrait se prolonger longtemps par le biais des séances scolaires), mais aussi la sortie en DVD et la diffusion télé l’an prochain.

 

Une expérience totale, donc. Et elle vaut le détour.

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