Walking on the moon

Délire coproduit en Belgique par Nexus Factory, Moonwalkers a connu une fort belle Première mondiale au festival américain SXSW. The place to be. Surtout pour ce genre de film totalement décalé.

En Belgique, on l’attend pour le 16 mars dans une combinaison de salles qui permettrait à un maximum de spectateurs d’en profiter. Une nécessité car cette authentique curiosité est aussi une perle rare. Déjà culte avant sa sortie, mais avec aussi un vrai potentiel de séduction auprès d’un public amateur de comédies bien barrées

 

 

 

Le scénario est original et étonnant : un agent américain de la CIA traumatisé par la guerre du Vietnam est envoyé en Angleterre pour rencontrer… Stanley Kubrick. Nous sommes en juillet 1969 et la CIA a très peur que la mission Apollo ne puisse se poser sur la lune. Elle décide donc d’engager le réalisateur le plus hype du moment pour filmer un faux alunissage. Juste au cas où…

Mais Kubrick est en Europe pour promouvoir 2001 l’Odyssée de l’Espace et à la suite d’un quiproquo l’agent fort peu cinéphile confie une valise pleine de billets à un producteur foireux flanqué d’un junkie hirsute qui ne ressemble que de très (très très) loin au cinéaste mythique.

 

Évidemment, tout va partir en vrille sur fond de rock Psyché, de substances illicites, de cinéma avant-gardiste et de petites magouilles entre dangereux truands prêts à tout.

 

 

Initié et porté en France par la société Partizan Films (Georges Bermann), producteur historique de Michel Gondry, Moonwalkers a été réalisé Antoine Bardou-Jacquet formé à l’école du clip et de la pub sur un scénario de Dean Craig. Le casting est lui globalement anglo-saxon.

Il est emmené par l’Américain Ron Perlman (Hellboy, la série Sons of Anarchy), Rupert Grint (Ron Weasley dans la série Harry Potter) et Robert Sheehan repéré dans la série The Misfits ou la trilogie Red Riding (d’après l’œuvre de David Peace).

Plus la délicieuse Erika Sainte et un étonnant Tom Audenaert, dans des rôles-clefs. On ne vous dit que ça….

Ce n’est pas un hasard : Grâce à Nexus factory qui a accompagné le film depuis des années et l’a coproduit chez nous, Moonwalkers a été ENTIÈREMENT tourné en Belgique. A la troisième vision on peut d’ailleurs s’amuser à repérer les endroits clés du film : une rue près du cimetière d’Ixelles où déboule… un bus anglais pour faire bonne mesure, des bureaux very seventies à Ganshoren, un passage du côté de Jemeppe sur Sambre, etc etc.

 

 

Mais avant de se lancer dans cette investigation amusante, offrez-vous au moins deux projections juste pour profiter

  1. de l’histoire
  2. des détails loufoques qui foisonnent dans la plupart des plans. C’est de la haute voltige. Oui, oui, ça plane pour eux.

 

Si le pitch est drôle, la bonne nouvelle est quand même que le film tient la distance, en croquant des personnages secondaires hyper savoureux qui épaulent au mieux l’infernal trio de base et en multipliant les situations rocambolesques plus improbables les unes que les autres, mais totalement réjouissantes.
Non seulement on sourit presque en permanence, mais on s’esclaffe souvent.

 

 


Moonwalkers
épate également par ses changements de rythme étonnants. Parfois le tempo s’alanguit laissant aux acteurs le temps de pimenter leur partition de petits solos jouissifs avant de passer la surmultipliée pour une épique fusillade sanglante qui convoque à la fois les esprits de Tarantino et de Tex Avery.

Parmi les nomrbreuses réussites du film, on citera aussi la parfaite reconstitution (en Belgique donc) du Swinging London psychédélique : les décors et les costumes ont été soignés par une équipe de barjots minutieux qui s’en sont donné à cœur joie avant de s’exploser carrément les neurones lorsque le film pénètre dans la grande maison qui sert de repaire au réalisateur dingo et à ses disciples hallucinés.

Là, on est carrément dans la twilight zone.

 

 

Coproduction minoritaire, certes, mais formidablement belge néanmoins, Moonwalkers nous réserve de belles surprises : l’équipe technique est massivement belge, les figurants aussi et deux acteurs bien de chez nous tirent les marrons du feu.

Pour notre plus grand plaisir, l’égérie de Cinevox, Erika Sainte elle-même, se voit ici offrir un rôle sensuel et coquin dans lequel elle évoque une fois de plus la jeune Jane Birkin des années 60. La composition quasi muette est d’autant plus réussie qu’Erika qui n’aurait pu être qu’une playmate en papier glacé insuffle à son personnage à coup de postures provocantes et d’œillades émoustillantes un humour absolument réjouissant.

 

 

Face à elle, Tom Audenaert fait lui aussi merveille : le comédien révélé au grand public dans Hasta la Vista, qu’on a notamment croisé dans Les rayures du Zèbre hérite ici du rôle très important d’un cinéaste « visionnaire » qui va être obligé de reprendre au pied levé le boulot que la CIA aurait souhaité confier à Kubrick.

Hilarant de bout en bout, le sympathique Tom se balade en caleçon kangourou ou affublé d’un drap, débite les pires âneries sur un ton sentencieux et pédant et parvient (quel exploit) à rendre son personnage totalement ridicule, humain et émouvant. À tel point qu’on n’est pas loin de penser que c’est lui qui tire ici les marrons du feu et que sa prestation est vraiment susceptible d’appâter d’autres réalisateurs anglo-saxons.

 

Très réussi, totalement original, drôle et passionnant (on s’accroche vraiment à l’histoire), Moonwalkers est une petite pépite qui devrait égayer le début du printemps.

 

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