« Rien à perdre », en bonne mère de famille

Virginie Efira brille une fois de plus à l’affiche de Rien à perdre, premier long métrage de Delphine Deloget, au générique duquel on retrouve également le toujours excellent Arieh Worthalter.

Sylvie, mère célibataire, travaille dans le chaos de la nuit. Serveuse et même un peu plus dans une salle de concert, elle jongle entre des horaires décalés et les besoins de ses deux garçons. Seulement à force de jongler, parfois une balle tombe à terre. Son plus jeune fils Soufiane se blesse en son absence. A l’hôpital, un signalement est effectué. Les services sociaux décident alors d’éloigner l’enfant de son foyer, le temps de mener l’enquête sur ses conditions de vie.

rien_a_perdre

C’est un engrenage qui se met en place à la minute où Sofiane est séparé de sa mère. Leur état à tous les deux va empirer au point d’aggraver une situation qui jusque là avait trouvé son point d’équilibre. Plus Sylvie se contraint à observer les « conseils » qu’on lui donne plus les choses dérapent. Cette spirale tend le film, lui donnant une tournure de film d’horreur social et familial. On y voit aussi comment une femme éprise de liberté et mue par son amour pour ses fils voit sa vie chamboulée par un accident, comment sa lutte contre une administration qui peine à embrasser du regard le tableau dans sa globalité va la rendre folle. Sylvie va devoir se demander si elle mène un combat contre le système, ou pour son fils.

rien_a_perdre-arieh-worthalter

On voit Sylvie se débattre, chercher l’aide où elle peut, auprès d’une association qui soutient des parents dont les enfants ont été placés, auprès de son fils aîné, soutien indéfectible qui met sa propre vie entre parenthèses pour sauver ce qui lui reste de famille, auprès de son frère aussi, instable (dans le sens de « pas installé ») mais profondément aimant, interprété par avec justesse par Arieh Worthalter. Dans ce rôle exigeant à la trajectoire intense, Virginie Efira une fois de plus impressionne par sa capacité à incarner la force et la fragilité dans un même plan.

Présenté à Cannes en séance spéciale en mai dernier, le film sort cette semaine en Belgique.

Check Also

Deux films belges à Locarno!

Le prestigieux Festival de Locarno vient d’annoncer sa sélection au sein de laquelle figurent deux …