Virginie Efira au coeur de « L’amour et les forêts »

Virginie Efira déploie une fois encore tout son talent dans L’amour et les forêts de Valérie Donzelli, récit implacable sur l’emprise.

Quand Blanche croise le chemin de Grégoire, elle pense rencontrer celui qu’elle cherche. Les liens qui les unissent se tissent rapidement et leur histoire se construit dans l’emportement. Le couple déménage, Blanche s’éloigne de sa famille, de sa soeur jumelle, s’ouvre à une nouvelle vie. Mais fil après fil, elle se retrouve sous l’emprise d’un homme possessif et dangereux.

Ca commence dans la joie, ou en tous cas la sécurité du gynécée dans lequel Blanche vit comme dans un cocon, auprès de sa mère et de sa soeur jumelle. Blanche est seule mais heureuse, inquiète peut-être pour son avenir. Alors quand elle croise Grégoire dans une fête où elle n’aurait jamais dû aller, c’est comme une évidence. C’était lui, c’était elle. Une évidence pour Blanche peut-être, un compte à rebours pour nous. Dès cette première rencontre, Grégoire réifie Blanche. Dès cette première nuit s’enclenche un processus de domination qui va bientôt virer au cauchemar.

Grégoire isole, contrôle, surveille Blanche. Il la manipule, la culpabilise pour mieux l’oublier. Le drame bourgeois, motif récurrent du cinéma classique français se craquèle et mute, laissant apparaître un récit à la résonance hyper-contemporaine, qui vient mettre en fiction la petite mécanique de l’emprise, qui va finir par faire de Blanche une prisonnière au sein de son couple, et de sa maison de conte de fées au coeur des bois. Ou comment une femme indépendante perd le contrôle sous les assauts d’un pervers narcissique en puissance, qui déploie tout l’arsenal de la masculinité toxique pour l’assujettir et la dominer.

Virginie Efira incarne Blanche avec intensité et conviction, d’autant qu’elle incarne aussi Rose, sa soeur jumelle, aux choix de vie radicalement différent, et qui va poser un regard salutaire sur la situation. Une approche hyper romanesques dans la forme (le film est d’ailleurs adapté du roman éponyme d’Eric Reinhardt) qui aborde dans le fond la question tentaculaire de l’emprise amoureuse et conjugale, dans toute sa violence et sa complexité.

Check Also

Capsule #127: Michiel Blanchart et Greg Berlanti

Rendez-vous dans cette 127e capsule avec Greg Berlanti, réalisateur de To the Moon, et Michiel …