Vanja, Japan fiancée

À la mort de son frère, Alice se sent soudain étrangère à sa propre vie jusque-là « si parfaite ». Elle s’enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan disait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d’un certain Daïsuké. En suivant la trace de ce frère disparu, Alice a l’espoir de se rapprocher de lui une dernière fois. Mais dans ce lieu étrange, à la fois hostile et accueillant, c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir.

 

Ce pitch est celui du Cœur Régulier, deuxième long métrage que la réalisatrice belge Vanja d’Alcantara est en train de filmer actuellement. Elle a terminé la partie français du tournage, deux semaines pendant lesquelles Isabelle Carré son héroïne a surtout été confrontée à Fabrizio Rongione.
Nous vous avons d’ailleurs déjà raconté les fondations du film et le choix des acteurs dans un précédent article que vous pouvez lire ICI.

 

 

 

À présent, Vanja et son équipe sont au Japon. Sans Fabrizio, hélas pour lui, puisque son rôle se cantonne à la partie européenne d’un récit bicéphale qui est aussi une coproduction tripartite.Un montage complexe.

Encore un peu plus qu’il ne paraît a priori, en fait…

 

 

 » Que ce soit en France ou au Japon il y a toujours des équipes locales qui s’occupent de la logistique sur les différents lieux de tournages », raconte Vanja, « mais le noyau dur de l’équipe est franco-belgo-canadien puisque nous avons finalement décroché un coproducteur canadien. C’est un beau grand mix et ce n’est pas vraiment simple puisqu’on a trois pays producteurs et qu’on tourne dans un quatrième qui ne l’est pas. »

 

Le quatrième, c’est le Japon, bien sûr, un pays à l’honneur au cœur du cinéma belge puisqu’il a déjà servi de cadre au Tokyo Fiancée de Stefan Liberski. Une similitude (lointaine) qui n’a jamais inquiété Vanja. Tout au contraire.

 

 Vanja et Stefan à Namur – Photo FIFF

 

« J’ai rencontré Stefan Liberski il y a bien longtemps dès que j’ai su qu’il pensait lui aussi tourner un film là-bas. À l’époque, son projet venait d’être reporté à cause du tsunami et moi j’étais en pleine écriture. Il était totalement décomposé à l’époque, se demandant s’il pourrait tourner un jour ce projet qui lui tenait à cœur. Ensuite, on s’est accompagné d’une façon assez régulière.

Lorsque l’équipe a tourné à Tokyo, je suis passée les voir et nous avons à nouveau discuté. Depuis lors, j’ai vu le film et je l’aime. Je suis très contente pour Stefan qu’il en soit venu à bout. Évidemment, nos deux films seront très différents, les points de vue, les histoires et les environnements n’ont rien à voir. Cela dit, Stefan connaît vraiment bien ce pays fascinant et son film montre un Japon très juste, loin des cartes postales. Mon film sera d’office beaucoup plus rural puisque nous sommes loin de tout.  »

 

Différence de localisation, différence de ton, différence d’approche aussi.

 

 

« Comme sur Beyond the Steppes, je vais attacher une profonde importance à l’approche visuelle, au  rapport à l’espace, et au mouvement organique de la caméra. Je suis très heureuse de retrouver Ruben Impens, le chef opérateur de mon court métrage et de mon premier film. Nous avons décidé ensemble d’adopter un langage fluide et très libre, dans l’idée de recréer ce mouvement de « traversée » qu’effectue Lucie d’un monde à l’autre.

La caméra adoptera bien  sûr  le point  de  vue  de Lucie  dans la majorité des  séquences, mais nous nous permettrons également l’audace du  point de  vue  radicalement extérieur, pour accentuer son rapport au monde, sa solitude dans sa vie en France, et sa condition d’étrangère au Japon.  »

 

Pour la troisième fois, Vanja d’Alcantara va donc retrouver ici Ruben Impens, son chef op fétiche à qui on doit aussi la photographie de La merditude des Choses, Adem, Brasserie Romantiek, Offline ou du mythique The broken circle breakdown de Felix Van Groeningen dont il vient d’achever le tout nouveau long : Belgica.

 

  Ruben Impens avec Felix Van Groeningen sur le plateau de Belgica

 

 » À chaque film que je fais, je retrouve Ruben à un stade différent de sa carrière. Pendant que je prépare un film, lui il en tourne cinq. Forcément, son expérience ne fait qu’augmenter.  En même temps, on reste sensibles au même type de cinéma. C’est chouette aussi de se dire que malgré les grands films auxquels il a pu participer, j’arrive avec des expériences, nouvelles pour lui, qui constituent à chaque fois un vrai défi

J’ai toujours fonctionné avec l’idée que la créativité surgit dans l’instant pour se servir au mieux de l’environnement tel qu’il se présente, de la lumière, des couleurs de la nature, mais aussi pour rester au plus près de l’état émotionnel d’un personnage, pour capter l’étincelle du moment, la magie du geste et du mouvement. Et je suis convaincue que cette approche permettra, pour ce film en particulier, de servir le propos suggestif et de traduire visuellement ce qui dépasse les mots.

 

 

Quand on discute du film Ruben et moi, notre plus grand plaisir est de nous demander comment pousser encore notre démarche, chercher plus loin la manière de filmer une histoire, dans un style assez épuré, subtil dans les petites choses.

Après une aussi longue période d’écriture, replonger dans l’essence du cinéma, le visuel, est un plaisir incroyable. On peut enfin se demander comment on va pouvoir dépasser les mots parce que parfois ces mots sont trop lourds, trop explicites.

 

 

C’est là que notre collaboration est exceptionnelle parce que si je sais à peu près ce que je veux, Ruben qui est un artiste exceptionnel va encore plus loin que moi sur certaines choses, il propose, il innove et finalement il transcende ma vision avec un vrai regard et beaucoup de simplicité grâce à sa faculté de créer des ambiances étonnantes qui sont toujours au service du film.

C’est une belle collaboration…  »

 

Check Also

Clap de début pour « Sauvons les meubles » de Catherine Cosme

Catherine Cosme a débuté la semaine dernière le tournage de son premier long métrage de …