Une Sainte à la porte des nuages

Elle voudrait qu’il l’embrasse. C’est interdit. Elle voudrait un peu de ciel avec des oiseaux dedans, un morceau de silence, du soleil sur sa peau… C’est impossible.

Elle sait pourtant…  La certitude qu’il existe quelque part un espace précieux, une histoire rien que pour elle.  L’histoire de l’histoire, avant même la naissance de la pluie et l’invention du coca-cola. Une histoire inexplorée, où il n’y a pas d’avant, pas d’après…

Drôle de synopsis, drôle de court. Grand court !

 

 

 

Réalisé par Cédric Havenith, ce deuxième court métrage fait suite à A corps perdu que le jeune quadra avait réalisé en… 1994. Depuis lors, il a travaillé sur des documentaires comme  So Far So Good (entre autres), des films d’entreprises (ici) et il a fait l’acteur. Entre autres choses.

 

Ici aussi, il joue. Et visionnaire qu’il est, il partage l’écran avec une de nos comédiennes préférées, une perle qu’on attendait impatiemment de revoir dans un film aussi puissant. Nous n’étions pas les seuls à nous languir bien sûr puisque son unique prestation dans un premier rôle pour un long métrage a été couronnée du Magritte du meilleur espoir 2012.

Hé oui, nous parlons de mademoiselle Erika Sainte qui, depuis Elle ne pleure pas, elle chante, ne s’était plus vu proposer un seul rôle phare dans un long métrage. Mais qui, cette année, vole de projet en projet. Au cinéma et au théâtre. Ouf, la morale est sauve !

 

 

Quand il s’est agi de trouver une actrice qui transcende la réalité pour donner corps à son rêve, Cédric Havenith s’est naturellement tourné vers Erika [Bout d’essai à découvrir sur vimeo (ICI)].

Bonne nouvelle : en plus d’être un homme de goût, il est aussi un réalisateur étonnant qui sait installer un climat en quelques secondes, mêler différents niveaux de conscience et nous faire croire en moins de dix minutes à un univers original, à une histoire d’amour singulière. Sa Porte des Nuages nous trouble, nous emporte et nous bouleverse.

 

 

Peu programmé en festival, le court métrage qui a été tourné fin septembre 2011 en Ardèche et à Lyon, est enfin diffusé ce soir en télé. L’occasion pour celles et ceux qui font des films de voir une fois encore qu’Erika crève l’écran en deux regards, en une attitude, en un mot.

Au moment de présenter son court, Cédric rêvait aussi de l’emmener vers un long. Avec la classe et le talent qu’il démontre ici, nous ne pouvons qu’espérer que le projet se concrétise.

 

« Le long métrage à l’écriture raconte cette brèche de l’extraordinaire dans l’ordinaire. » Peut-on lire sur le site du court. « C’est l’histoire d’un quarantenaire un peu psychorigide, fatigué, au bord du burn-out… Et soudain, la réalité, l’espace et le temps se dérobent sous les pieds. Tout semble soudain se dérégler autour de lui. Tout lui échappe. C’est lors d’un de ces voyages dans ces espaces inexplorés de sa dépression qu’il fait la rencontre d’une jeune femme un peu sauvage. Il lui fait la promesse de la reconduire chez elle, de l’autre côté de la mer… »

 

 

Avec cette petite perle, on notera également la photo épatante de Patrice Michaux qui avait déjà filmé Erika dans 39 Passage des Anges (intro à voir ICI). Lui aussi a une patte et un sens du cadre qui enthousiasme instantanément. Et on n’oubliera pas l’envoûtante musique de Piers Faccini, un formidable auteur-compositeur anglais qui vit en France et y a composé quelques albums d’une étonnante beauté [vous pouvez voir et écouter ICI un petit échantillon de son talent].

 

Sur le site internet du film, découvrez en diaporama les photos du making of, et bientôt quelques extraits.

 

 

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