Une Saga qui dure depuis 25 ans

Saga porte bien son nom. Une société de production qui traverse les années pour fêter aujourd’hui son 25e anniversaire, ce n’est pas si courant. Il faut en effet s’adapter constamment aux nouvelles réalités du terrain, économiques, techniques, légales aussi. Anticiper, gérer, accepter de se plier aux contingences parfois. L’important est de ne pas se renier.

 

Un rapide calcul vous le confirmera: Saga Films a été fondé par le réalisateur-producteur Hubert Toint, fin 1987. Jusque-là, Big Moustache (il possède les plus belles bacchantes du circuit à égalité avec Claude Dioury) était plutôt connu comme réalisateur.

 

[Photo P.P.]

 

Né le 2 juin 1955, Hubert décroche une licence en communication sociale à l’Université Catholique de Louvain en 1978. Il enchaîne avec un diplôme de l’American Film Institute, Los Angeles (Curriculum program in Filmmaking, specializing in Directing) en 1980. Passionné d’images, il réalise des vidéogrammes et des courts métrages qui récoltent des prix un peu partout. Comme il se charge de la production de ses travaux, le montage d’une structure professionnelle semble une démarche logique.

 

Très rapidement,  Saga Film s’oriente vers la création cinématographique et télévisuelle (court métrage, documentaire, téléfilm et long métrage de fiction). Et connaît son premier succès dès 1993 avec Marie, « l’histoire d’une petite fille qui ne voulait rien promettre à personne et à qui tout le monde demande la lune. Alors, un jour, elle se taille avec un enfant qui est un peu comme elle. »

 

Le long métrage de Marian Handwerker qui met en scène une radieuse Marie Gillain trouve son public et lance Saga sur les rails du succès. Pour une première production majoritaire, c’est un coup de maître. Qui définit un des grands axes de la maison: mêler une vision d’auteur et le plaisir du spectateur; l’exigence et l’attractivité.

 

L’autre volonté est une ouverture sur le monde qui se caractérise par une des passions d’Hubert : l’Amérique du Sud. Cela l’amènera naturellement à produire des longs métrages comme Ilheu de contenda, En la Piuta Vida et Masangeles. Sans oublier le film qu’il compte réaliser lui-même en 2013 au chili, Mirage d’Amour avec Fanfare. Sur un scénario écrit par Bernard Giraudeau, Hubert va réunir là-bas, Sami Bouajila et… Marie Gillain, la patte de lapin de la société.

 

« Quoiqu’on me connaisse comme producteur depuis quelques d’années », explique Hubert Toint, « je suis réalisateur au départ et j’ai réalisé de nombreux films, courts et moyens métrages. L’un des derniers en date, « Trombone en coulisses » est un court métrage qui a énormément circulé et obtenu un certain nombre de prix. Et même s’il n’a rien à voir avec « Mirage d’amour avec fanfare » (ce sont deux univers totalement différents et même deux genres d’histoires différents), il a en commun avec lui qu’il s’agit d’une espèce de conte, visuellement singulier et fort, dans un univers créé ou recréé. Dans l’un comme  dans l’autre, on retrouve mon goût pour ces univers « inventés ». »

 

[Photo P.P.]


Au fil du temps, Hubert Toint s’est associé dans la structure Saga à différentes personnalités, mais depuis de longues années, c’est le sympathique cinéphile pragmatique Jean-Jacques Neira qui tient avec lui les rênes de la société et l’aide à maintenir Saga dans les hautes sphères des maisons de production belges. Jean-Jacques est arrivé là en 2006 et affirme de plus en plus nettement sa vision dans les options prises par Saga.

 

Les deux dirigeants de Saga Film sont aujourd’hui assistés de Nicolas Bassetto, coordinateur de production, de Benjamin Stiénon, responsable des finances, de Marie-Sophie Volkenner, chargée de développement et de Charlotte Dulière, assistante.

 

Une petite équipe, mais qui multiplie les collaborations, essentiellement avec la France. L’investissement pour chacune d’elle est fonction d’éléments très divers. Mais force est de constater qu’à l’instar d’un mastodonte comme Scope Pictures (qui vient du tax-shelter), de Nexus Factory (Boule et Bill, Cloclo) ou Panache Productions (Populaire, le Grand Soir) qui tirent également leur épingle du jeu, Saga a efficacement recentré avec succès ses activités sur la coproduction.

 

 

Avec des projets de plus en plus importants comme en témoignent quelques belles aventures récentes. A commencer par ces trois polars bien trempés: Légitime défense avec Marie Kremer et Jean-Paul Rouve, Nuit Blanche, la bombe de Frédéric Jardin (photo) ou La Marque des Anges (ex-Miserere) avec Gérard Depardieu et Joey Starr, tourné pour partie en Belgique. Comme les deux autres.

 

C’est d’ailleurs un des attraits de ces coproductions d’amener en Belgique des longs métrages qui n’y auraient jamais transité autrement. On pense par exemple aussi à la comédie romantique de Sylvie Testud, La Vie d’Une Autre, sortie au printemps. Pour Two days in New-York, Saga Film fait venir Julie Delpy en Belgique pour travailler à la postproduction de sa comédie dramatique allenienne, par ailleurs filmée à New-York. Ce qui valut naturellement à notre capitale une sympathique avant-première en bonne et due forme.

 

Les deux prochains longs métrages à sortir, (co)produits par Saga démontrent à l’évidence la polyvalence de la société : le déjà mentionné La Marque des Anges est un thriller mystique inspiré d’un best-seller de Jean-Christophe Grangé (Miserere) tandis qu’Amsterdam Stories USA est un documentaire de 120 minutes réalisé par Rob Rombout et Roger Van Eck.

 

[Photo P.P.]


Le trio de projets maison qui va se tourner en 2013 est encore plus hétéroclite: outre Mirage d’Amour avec Fanfare, Saga met aussi sur pied Tout le monde est bien arrivé de Thierry Dory et Taro, un film d’animation de Damien de Pierpont, l’histoire d’un enfant, apprenti samouraï, qui préfère jouer au cerf-volant plutôt que d’apprendre à se battre. Ce qui n’est pas l’idéal avant d’affronter le démon d’un volcan qui ravage toute la vallée.

 

On ignore comment l’industrie du cinéma évoluera en Europe, et plus précisément en Belgique dans les prochaines années. Nul ne sait donc si nous serons tous là dans 25 ans pour fêter les noces d’or de Saga Film avec le cinéma. Mais est-ce important? Non, car le principal est de goûter l’aventure au fil des jours et de se réjouir de la bonne santé d’une société dans un contexte compliqué.

 

Excellent anniversaire, les amis. Profitez !

 

 

 

 

 

Palmarès

 

César de la meilleure 1ère œuvre à la 37e édition des Césars pour Le Cochon de Gaza

 

Sélection au Festival international de Berlin 2008 – Nomination pour le César 2008 de la meilleure actrice (Tilda Swinton) pour Julia

 

César 2007 du meilleur Film – César 2007 de la meilleure actrice – César 2007 de la Meilleure Adaptation – César 2007 des Meilleurs Costumes – César 2007 de la Meilleure Photo – Nomination pour l’Independent Spirit Award for best foreign film – Tribeca Film Festival’s best actress (Marina Hands) pour Lady Chatterley

 

Europa Cinemas Label Jury Award au Venice International Film Festival – César 2006 du meilleur 1er film pour Le Cauchemar de Darwin

 

Sélection officielle au Festival International de Berlin 2002 pour Le 3ème œil

 

Prix d’interprétation masculine au Festival du Film de Rabbat 2002 – Prix de la meilleure interprétation masculine, Prix pour le meilleur second rôle et Prix de la réalisation pour la meilleure 1ère oeuvre au Festival International du Film d’Alexandrie 2002 pour Au-delà de Gibraltar

 

Sélection officielle au Festival de Berlin 1999 pour La Guerre dans le haut pays

 

Sélection officielle au Festival de Berlin 1998 pour The Commissioner

 

Prix  de la Critique Internationale au Festival de Venise 1993 pour Le Fils du requin

 

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