Un Oscar, ça n’a pas de prix. Ou si?

Pour un réalisateur, c’est généralement l’objet de tous les désirs. À lui seul, il incarne les fantasmes les plus fous d’un art qui a besoin de reconnaissance, qui existe si peu sans le strass et les paillettes.

Bien sûr, il y a la Palme d’Or, d’autres statuettes dans d’autres pays. Bien sûr, un succès public est toujours bon à prendre. Mais un Oscar, c’est irremplaçable.

 

La société belge Digital Graphics le sait, elle qui participera dimanche soir à la superbe soirée du Dolby Theater… pour la quatrième fois. Les frères Umé ont déjà été nommé pour leur travail sur le court métrage Dood van een schaduw, pour leur implication dans Ernest et Célestine (l’an dernier) et aussi pour leur travail sur Brendan et le Secret de Kells de l’Irlandais Tom Moore. C’est d’ailleurs avec lui qu’ils reviennent à L.A.

 


Leur participation au Chant de la Mer a frappé les esprits et le film, coproduit chez nous par The Big Farm, vient de remporter le prix du meilleur film d’animation aux Satellite Awards 2015, décernés par l’International Press Academy.

Un signe?

Un rêve plutôt, car recevoir un Oscar, c’est s’inscrire en lettres d’or sur les murs du Panthéon du septième art aux côtés des plus grands. On ne va pas s’amuser à citer des noms ronflants pour vous impressionner: tous les cinéastes importants, presque tous les acteurs mythiques ont décroché un jour ou l’autre un Oscar et il n’y a pas beaucoup de noms dans cette liste dont on jugerait a posteriori qu’ils n’ont pas leur place au paradis du cinéma.

Mais au-delà de son aura, de la charge émotionnelle qu’il charrie, l’Oscar est aussi un bel objet que tout le monde identifie du premier regard. Le chevalier doré, debout sur une bobine de film, une épée à la main fait partie de l’imaginaire collectif.

 

La statuette la plus convoitée d’Hollywood mesure 33 centimètres. Contrairement aux répliques fluettes qu’on trouve un peu partout, elle est constituée d’un alliage de plomb et d’étain plutôt lourd : elle pèse 3.850 kilos.

Chaque sculpture exige dix jours de travail. On commence par les mouler, puis on les coule à la main. Ensuite, on coupe l’armature et on ponce les défauts. Chaque pièce est enfin longuement polie pour la faire briller et pour ôter les ultimes imperfections.

La dernière étape de cette minutieuse fabrication s’appelle la galvanoplastie: l’Oscar est plongé dans du cuivre, du nickel, de l’argent et recouvert… d’or 24 carats.

Le socle en nickel est monté séparément.
Le simple coût de fabrication d’un Oscar établit son prix aux environs de 18 000 $, soit un peu plus de 13.000 euros. Il s’agit d’une estimation, car aucun chiffre fixe n’a jamais été communiqué officiellement.

Cela dit, la valeur réelle de l’objet va bien au-delà de cette estimation. Certains trophées vendus aux enchères atteignent des sommes astronomiques : l’Oscar décerné au producteur David O. Selznick a ainsi été acheté par Michael Jackson en 1999 pour la modique somme de 1,5 million de dollars.

Les premiers Oscars ont été distribués en 1929 et près de 4000 statuettes ont été fabriquées : certaines se trouvent à l’Académie du film américain, mais presque toutes ont été remises à des artistes, des producteurs ou des techniciens du 7e art.

Depuis une trentaine d’années, les Oscars sont façonnés à Chicago dans une usine qui en livre une cinquantaine pour chaque édition. Chacune de ces statuettes deviendra l’objet de toutes les convoitises et de tous les fantasmes pendant une folle soirée à laquelle chacun rêve de participer un jour.

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