Sandrine Bonnaire, Magritte d’honneur de la 8e Cérémonie des Magritte du Cinéma

Rares sont les comédiens et comédiennes qui parviennent à allier une telle fidélité au cinéma d’auteur avec une vraie popularité dans le coeur des spectateurs. C’est pourtant le cas de Sandrine Bonnaire, qui recevra le 3 février prochain sur la scène du Square un Magritte d’honneur à l’occasion de la 8e Cérémonie des Magritte du Cinéma. 

Sandrine Bonnaire a débuté sa carrière en fanfare avec deux César presque coup sur coup. Après avoir figuré dans La Boum et Les Sous-Doués, elle est révélée par A nos amours de Maurice Pialat, pour lequel elle reçoit le César du Meilleur espoir féminin en 1984, puis explose avec Sans toit ni loi d’Agnès Varda pour lequel elle obtient le César de la Meilleure actrice en 1986. Comédienne respectée et consacrée, elle a notamment reçu en plus de ces deux prix pas moins de 5 nominations pour le César de la Meilleur actrice, et un Prix d’interprétation à la prestigieuse Mostra de Venise pour La Cérémonie de Claude Chabrol en 1995.

Sa filmographie égrène les grands noms du cinéma français de ces trente dernières années: Pialat bien sûr, mais aussi Patrice Leconte, Jacques Doillon, André Téchiné, Jacques Rivette, Claude Chabrol, Régis Wargnier, Raymond Depardon… On découvre également une facette plus légère de l’actrice dans Mademoiselle de Philippe Lioret, ou Je crois que je l’aime de Pierre Jolivet. Elle s’épanouit aussi bien sur le grand que sur le petit écran, qu’elle adopte dès la fin des années 90 alors que beaucoup hésite encore. Elle incarne nombre de « petites femmes fortes » comme elles les appellent, des rôles qui assoient sa popularité et son capital sympathie auprès du grand public. Elle tourne d’ailleurs avec le réalisateur belge Alain Berliner en 2016 dans Bébés volés, un drame inspiré d’une pratique de l’église catholique en pleine Espagne franquiste, qui volait des bébés à de jeunes mères esseulés pour les revendre, et leur faisait croire à leur mort. Sandrine Bonnaire y incarne une mère qui apprend 30 ans plus tard que son enfant n’est pas mort.

Dans le courant des années 2000, elle se lance vers la réalisation, d’abord avec un documentaire, Elle s’appelle Sabine, consacré à sa jeune soeur autiste, un portrait fort et pudique sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, où il a d’ailleurs reçu le Prix Fipresci. En 2012, elle réalise son premier long métrage de fiction, J’enrage de son absence, un drame familial qui met en scène William Hurt et Alexandra Lamy, sélectionné à la Semaine Internationale de la Critique de Cannes. Elle vient de réaliser deux portraits de musiciens, l’un consacré à Jacques Higelin, l’autre à la chanteuse anglaise Marianne Faithfull. Alors qu’on l’a vue à l’automne dans le film de Gaël Morel, Prendre le large, on la verra fin janvier dans le nouveau film de Mahamat Saleh Haroun, Une saison en France.

Sandrine Bonnaire succède ainsi en tant que Magritte d’Honneur à André Dussolier, Vincent Lindon, Pierre Richard, Emir Kusturica, Costa-Gavras, Nathalie Baye et André Delvaux.

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