Raoul Servais et la Servaisgraphie

Homme rare et discret, Raoul Servais a participé cette semaine à Paris Cinéma. Il est venu présenter ses films et faire une signature pour un livre que le Musée d’Annecy a consacré à la technique d’animation qu’il a inventée : la Servaisgraphie.

 

 

[Photo d’ouverture – Présentation du libre »Raoul Servais, voyage en Servaisgraphie » consacré à Raoul Servais aux Editions de l’Oeil, Philippe Lakits (le graphiste du livre), Raoul Servais et Maurice Corbet (Musée d’Annecy). Le livre a été écrit par Philippe Moins, historien et critique du cinéma d’animation, fondateur et directeur artistique du festival Anima de Bruxelles ]

 

Interview et photos par Maryline Laurin

 

 

« C’est un système de trucage qui permet l’incrustation de personnages filmés en vues réelles dans des décors de création graphique et, d’augmenter la qualité de ces décors », explique le père de Taxandria.

 

Avec Fien Troch

 

Cet ouvrage a été réalisé par la collection « Les animés » aux Éditions de l’œil et le graphiste Philippe Lakits à l’initiative de Maurice Corbet, responsable cinéma d’animation au Château Musée d’Annecy.

« Ce n’est pas la première fois que je présente mes films au Centre Wallonie-Bruxelles », continue Raoul Servais. « Je suis toujours ravi de montrer mes courts métrages au public parisien. A cette occasion on va également organiser une séance de signature pour le livre qui vient d’être édité. Le Musée Château d’Annecy possède pas mal d’ouvrages, des œuvres originales de mes films qu’ils exposent régulièrement. On pourra trouver ce livre en France et dans des librairies spécialisées comme Tropismes à Bruxelles. »

 

 » J’ai plusieurs nouveaux projets dont certains sont un peu ambitieux ce qui demande beaucoup d’argent. C’est difficile de trouver ces budgets. Mais j’en ai un autre qui est beaucoup plus modeste. Il s’agit d’un court métrage auquel j’ai déjà commencé à travailler d’ailleurs et qui devrait être fini courant de l’année prochaine. Tous les projets que j’ai actuellement sont en rapport avec la Première Guerre mondiale. Ce sont des films pacifistes bien sûr, ce sont des sujets que j’aime traiter parce que j’ai connu moi-même, non pas la Première Guerre, mais la deuxième. J’en ai souffert, j’étais sur les champs de bataille. Je sais ce que c’est que cette horreur, voyez-vous. Je veux essayer de montrer au public l’atmosphère d’un conflit telle que la Première guerre mondiale. »

 

Raoul Servais, à droite avec Joachim Lafosse et Marion Hänsel

 

Pour Raoul Servais, Paris Cinéma est aussi l’occasion de belles rencontres.

« Je vois rarement des films de la jeune génération, car je quitte à peine ma province. Je n’ai donc pas si souvent l’occasion d’aller au cinéma. Moi je connais plutôt les cinéastes de ma génération, c’est-à-dire ceux du… XXe siècle. Cette jeune génération ne me sollicite pas, c’est moi qui la sollicite quand je recherche des assistants (rire). J’y déniche des gens talentueux qui sont tout à fait disposés à me seconder. Un plaisir ».

 

Et de conclure en réalisant un croquis pour Cinevox juste avant de reprendre le train : « En venant à Paris, je pensais rencontrer beaucoup de public, ce fut plutôt un public de qualité »…

 

Interview et photos par Maryline Laurin

 

 

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