« Rano », au fil de l’eau

Ce dimanche soir sera présenté en avant-première mondiale au BRIFF le nouveau film de Valéry Rosier, Rano, co-réalisé avec Farellia Tahina Venance.

Valéry Rosier s’est fait connaître avec ses courts et longs métrages qui exploraient aussi bien la fiction que le documentaire, ancrés dans un réel faisant fonction de matrice créative. Avec Rano, il renoue avec cette démarche, qu’il enrichit d’une approche sensorielle. A Madagascar, on croit aux sirènes, et aux esprits de l’eau. Macha approche de la trentaine, elle charrie avec elle un chagrin persistant, qu’elle a emmené dans ses valises pour Madagascar, où elle a rejoint sa mère, donnant de loin en loin des nouvelles à son compagnon resté en Belgique. On la sent dans l’attente, sans vraiment savoir quel est son horizon. Le jour, elle accompagne des touristes en quête de requins baleines. Le soir, elle s’oublie dans la nuit malgache. Macha porte un deuil, celui d’un enfant mort-né, absence béante dans sa vie. De l’autre côté de l’île, Franco quitte son foyer, à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu, alors que sa mère a disparu. Tous deux convergent sans le savoir, leurs trajectoires concentriques finissant par se croiser, l’eau créant un espace de rencontre privilégié. C’est une véritable quête spirituelle qui s’ouvre à eux, plonger dans les profondeurs de l’océan figure une autre exploration, plus intérieure, aux tréfonds de leur histoire et de leur traumas.

« Rano » signifie eau en malgache. C’est à son contact que Macha et Franco s’ouvrent au monde des esprits. Pour l’une comme pour l’autre, le deuil est une épreuve, parcourue d’étapes, mais qui surtout, nécessite de reconnaître la souffrance, de nommer l’absent. C’est un double voyage spirituel et personnel qui prend la forme d’une aventure, il en a l’ampleur et le souffle. Immergé, et même submergé par l’expérience sensorielle, bercé ou secoué par le bruit de l’eau, omniprésente dans le plan, on accompagne les protagonistes dans leur parcours qui se révèlera initiatique. Macha est interprétée par la jeune comédienne belge Mara Taquin, vue récemment dans La Petite de Guillaume Nicloux, Rien à foutre d’Emmanuel et Julie Lecoustre, ou La Ruche de Christophe Hermans, et qui est par ailleurs l’héroïne de Au bord du monde de Guérin Van de Vorst et Sophie Muselle, également sélectionné en Compétition Nationale au BRIFF. Face à elle, un casting composé de comédiens non-professionnels, dont le très convaincant Francodris Mananjara dans le rôle de Franco.

A ne pas rater ce dimanche au BRIFF.

 

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