Parce qu’en Belgique, on aime rire !

Mercredi 2 septembre 2015, Le Tout Nouveau Testament sort en salles et casse la baraque.  Les scores enregistrés ici par le quatrième long métrage de Jaco Van Dormael sont impressionnants : aucune oeuvre belge francophone n’a connu un triomphe comme celui-là depuis… Pfff… Le Huitième Jour sans doute. Pourquoi cet engouement? Le public belge serait-il en attente de comédies réalisées ici?

Mais nooooon?
Hé bien si apparemment.

 

Même si notre système de production n’est pas particulièrement bienveillant avec un genre considéré par mineur par beaucoup de professionnels, les projets qui passent entre les mailles du filet réussissent généralement à capter l’attention des spectateurs.

Le but de Cinevox étant de réunir les artistes d’ici et le public, il est normal que nous ayons une tendresse particulière pour tous les films qui cherchent à nous faire rire. Parce qu’à la base, le rire peut être communicatif. Très…

 

 

Pour mettre en valeur ces films populaires (tournés pour et vers ceux qui se rendent dans les cinémas), nous avons même un outil fort alléchant : les Cinevox Happening nichés au cœur des BNP Paribas Fortis Film Days.

Dead man talking y avait fait un triomphe qui le plaça sur orbite pour dépasser la barre des 15.000 spectateurs en salles. Idem pour Morrocan Gigolos qui atteignit 17.000 tickets vendus. Autant dire que la rampe de lancement promotionnelle offerte par l’événement est de premier ordre puisque ces deux films ont navigué loin au-dessus du niveau de flottaison du film belge francophone moyen.

Les deux comédies programmées cette année durant les film days suivront-ils la même voie? On l’espère, évidemment. Hasard du calendrier, elles sont attendues de concert ce mercredi sur les écrans belges.

 

 

Projeté à Namur, puis à Bruxelles et Louvain-la-Neuve, Belgian Disaster a vu sa notoriété s’accroître de jour en jour pour terminer son périple dans deux salles bien pleines. Le ton est ici proche d’un Dikkenek dans sa première partie, plus tendre (et déconcertant) dans son dernier tiers.
Premier film de Patrick Glotz, une espèce de punk chevelu fort attachant, Belgian Disaster n’est pas parfait (personne dans l’équipe ne prétend le contraire), mais il est sincère et recèle de bons moments.

 

 

Le quatuor composé de Jean-Luc Couchard, Sam Louwyck, Arsène Mosca et Michel Schilaci aussi désopilant dans la vie que sur l’écran, fonctionne bien. Ces quatre pieds nickelés suscitent d’emblée l’empathie pour leur maladresse touchante.

Ha oui, et la musique est vraiment bien.

 

Alors que Belgian Disaster est un projet 100% belge, Deux au carré est un exemple parfaitement réussi de comédie franco-belge à l’ADN mixte. Porté par un courant de sympathie évident, le film a attiré le public à Bruxelles, Tournai et Liège un public de plus en plus compact. L’enthousiasme général en fin de séance, particulièrement à Liège où les spectateurs étaient carrément euphoriques, devrait générer un bouche-à-oreille fort favorable.

 

 

Nous avons déjà écrit tout le bien que nous pensions de cette culmédie romantique échevelée qui assume généreusement son pedigree (« Bergman n’a pas collaboré au scénario » a confessé Charlie Dupont devant la salle hilare) mais à la troisième vision (mais oui), force est de constater que le plaisir qu’on éprouve avec Deux au carré est exponentiel: bonne humeur contagieuse, répliques cultes, interprétation nickel de personnages bien caractérisés, la sauce prend et prend bien.

Alors bien sûr, c’est plutôt une sauce andalouse relevée qu’une sauce aux champignons à la crème et Cognac aromatisée d’herbes rares, mais c’est précisément pour cela qu’on se régale sans arrière-pensée.

Pour se focaliser sur l’aspect belge de la farce, ajoutons que Charlie Dupont et Tania Garbarski ,enfin réunis à l’écran en tête d’affiche, confirment que la comédie c’est leur truc. Et du coup, c’est le nôtre aussi.

 

 

 

Comme Belgian Disaster, Deux au Carré sort donc ce mercredi, distribué par Belga et si la météo ne nous offre pas un été indien qui transformerait les salles de cinéma en désert de Gobi, on n’est pas loin d’imaginer qu’on pourrait tenir là un bon petit succès populaire. Il était une fois une fois (Charlie Dupont et Jean-Luc Couchard, autre hasard) avait quand même attiré chez nous plus de 60.000 spectateurs. A ce stade, tout est possible It’s up to you, les gens.

Check Also

Ce-qui-nous-lie

« Ce qui nous lie », interroger la parentalité

Avec Ce qui nous lie, son premier long métrage documentaire, Sonam Larcin se penche sur …