Olivier Gourmet et Valérie Bonneton? Jamais de la vie !

Pierre Jolivet est, un des cinéastes français les plus sous-estimés de l’histoire. Qu’importe… Même s’il a rarement reçu les honneurs de la presse, même s’il n’a jamais remporté une récompense majeure, le cinéaste tourne sans discontinuer depuis 25 ans, sans jamais décevoir ceux qui le suivent assidûment.

Ses handicaps? Sa liberté, sa curiosité. Paradoxal? Pas tant que ça.

 

 

Pierre Jolivet aime aborder les styles les plus divers et on ne sait jamais où l’attendre. Et même s’il est efficace dans tous les domaines (comédie, polar, comédie romantique) qu’il aborde, il déroute forcément les médias qui adorent coller sur tous les individus de belles étiquettes bien nettes.

 

Portrait réalisé par Maxime Grossier

 

Celui qui entama sa carrière avec son frère Marc sous les traits des clowns Recho et Frigo (remember?), qu’on vit acteur dans Le dernier Combat (qu’il avait coécrit avec Luc Besson), débuta sa carrière de réalisateur avec Bruel et Cluzet réunis dans le polar Force Majeure. Un succès immédiat… Qu’il ne parvint hélas pas à répéter avec l’inquiétant thriller de genre Simple Mortel, le très plaisant A l’heure où les grands fauves vont boire et le pourtant nerveux Fred (avec Vincent Lindon), sans doute le mètre étalon qui servira à tracer les grandes lignes des préoccupations qui régiront la suite de sa carrière.

Loin de se décourager, Pierre Jolivet tournera très régulièrement avec deux gros succès publics à son palmarès : Ma petite entreprise (Lindon, Berléand, Roshdi Zem, Zabou Breittman) et Je crois que je l’aime (avec Lindon encore et Sandrine Bonnaire)

 

Sur le plateau de Ma Petite entreprise en 1998  avec Vincent Lindon

 

Pour Jamais de la vie, son nouveau film dont le tournage a débuté le 10 mars et durera sept semaines, il a décidé d’innover en matière de casting abandonnant ses acteurs fétiches pour un duo inédit dans sa filmographie: Olivier Gourmet et Valérie Bonneton (Fais pas ci,fais pas ça, Eyjafjallajökull). A leurs côtés, Benabar et Julie Ferrier.

Olivier incarne Franck, un gardien de nuit au statut précaire qui (roule sa) bosse dans un centre commercial de banlieue. C’est un ancien ouvrier spécialisé et délégué syndical, toujours prêt au combat.

Désenchanté, il s’ennuie pourtant et pense que son avenir est définitivement bouché. Petit à petit, il est devenu le spectateur résigné de sa propre vie, une vie déglinguée de travailleur pauvre, à la merci du Système.
Et puis, une nuit, il aperçoit une grosse berline qui rôde sur le parking. Instinctivement, il sent que quelque chose de très louche se prépare…
Va-t-il laisser faire les choses ou tenter de s’immiscer dans la marche des événements qu’il pressent?  Et si ce hasard était pour lui l’occasion de reprendre sa vie en main?

 

 

 

Ceux qui connaissent bien l’univers du réalisateur l’auront compris : Franck est un personnage classique (au sens noble du terme) dans la galaxie si riche de Jolivet, un homme courageux, mais brisé, victime d’un système qui le dépasse complètement, mais qui ne va pas baisser les bras bien longtemps. C’est aussi un rôle… taillé sur mesure pour Olivier Gourmet qui nous disait encore sur le tournage de La Marche à quel point justement il se sentait un acteur-ouvrier, allant au front, physiquement tous les jours. Un tempérament que le comédien belge parvient à transposer dans ses rôles les plus divers. Même lorsqu’il incarne un ministre comme dans le formidable L’Exercice de l’État, l’énergie animale qui l’anime transcende le film.

 

Nous n’y avions jamais explicitement pensé, mais cette rencontre semblait, au fond, inévitable et on se délecte d’avance du film qui va en sortir.

 

Ce nouveau film sous haute tension est produit par les Belges de Panache Productions et de La Compagnie cinématographique, André Logie et Gaetan David, donc.

 

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