Vijay and I
Casting de luxe pour Sam Garbarski

Après Quartier Lointain, récompensé aux Magritte du Cinéma  2011 (« Meilleurs Décors » pour Véronique Sacrez), Sam Garbarski a tourné un quatrième long métrage : Vijay and I. Comme pour Irina Palm, il s’est aventuré en terres étrangères et a travaillé avec un casting international au Luxembourg, en Allemagne et… à New York.

 

 

Après la transposition fort habile d’un manga réputé, Sam Garbarski revient à un sujet original signé par Philippe Blasband (fidèle compagnon de route) et Matthew Robbins, une comédie intellectuelle qui n’est pas sans évoquer parfois l’univers de Woody Allen. Ou les comédies américaines frivoles et mutines des années 50.

 

[Le chef op  Alain Duplantier]

 

Son « héros » (ils ne le sont jamais vraiment dans ce type de film) est Wilhem Wilder, plus couramment appelé Will. Comédien dans une série télévisée destinée aux (petits) enfants, il sous-utilise ses évidents talents. À l’écran, il incarne Bad Lucky Bunny, un lapin vert qui joue de malchance. Mais sa situation n’est pas pour lui déplaire: il est populaire, suffisamment riche et ne se foule pas trop. Pour relativiser son manque d’ambition, il manie l’autodérision comme personne. Sur la corde raide émotionnelle, on le sent pourtant prêt à exploser. Lorsqu’il imagine que sa femme, sa fille et ses amis ont oublié son quarantième anniversaire, il part dans une grosse déprime colérique. En fait, il sont nombreux à l’attendre, cachés pour une grande fête, mais lui s’esquive et meurt dans un accident de voiture.

 

[Sam Garbarski explique une scène à Moni Moshonov]

 

C’est en tous cas ce que tout le monde croit…

Plutôt que de rétablir la vérité, Will préfère profiter de l’occasion pour voir s’il manque(rait) à sa famille et à ses proches. Avec l’aide de son ami Rad, un Indien propriétaire d’un restaurant, il se transforme en Vijay Singh, un Sikh élégant et séduisant avec sa barbe et son turban. Poussant la plaisanterie dans ses derniers retranchements, il décide d’assister ainsi à son enterrement, pour découvrir quelques vérités embarrassantes à propos de Will et remarquer que, Vijay, par contre, fait l’unanimité. C’est lors de ce moment-clé que nous avons débarqué sur le tournage, dans le sublime cimetière de Cologne.

 

[Au premier rang du cortège funèbre, Patricia Arquette ]

 

Le tournage de ce quatrième long métrage de Sam Garbarski a débuté le 16 avril 2012 et s’est terminé le 12 juin, permettant  à l’équipe de visiter le Luxembourg, l’Allemagne et aussi pendant 7 jours à New York où toute l’histoire est censée se dérouler.
Coproduit par Entre chien et loup (Belgique), Samsa (Luxembourg) et Pandora Film Produktion (Allemagne), My Friend Vijay est une nouvelle coproduction impressionnante qui explique à la fois les décentralisations des plateaux et le casting international.

 

Car c’est là, surtout que Sam Garbarski nous étonne avec un duo inédit et très ambitieux en tête d’affiche : Moritz Bleibtreu sera Will/Vijay et Patricia Arquette son épouse.  Mais aussi Michael Emperioli (Les Sopranos), Moni Moshonov (habitué des films de James Gray), Danny Puddi (photo ci-dessous avec Moritz), ou des guests de luxe comme Hanna Shygulla.

 

 

Moritz Bleibtreu est une véritable star en Allemagne. On l’a vu dans Cours Lola Cours, La Bande à Baader ou Soul Kitchen, mais également dans le Munich de Steven Spielberg.  Patricia Arquette qui est depuis sept saisons la figure de proue de la série Médium s’est fait connaître sur grand écran par des rôles clés dans Lost Highway, True Romance ou Rangoon. On la retrouve ici en rousse flamboyante. Un régal.

 

[Mise en place de la scène de la mise en terre. A gauche Michael Emperioli, un des acteurs phare des Sopranos. Tania Garbarski tout sourire attend un peu avant de chausser ses hauts talons]

 

Outre la présence de Sam ou de Philippe Blasband, la part belge du projet sera incarnée par quelques acteurs(trices) dont Tania Garbarski ou Bruce Ellison (Charlie Dupont pressenti tournait à ce moment son propre téléfilm pour Canal+), des techniciens comme Sandrine Geeden, Thomas Gauder, Philippe Van Leer ou François Dumont et un peu de postproduction puisque Dame Blanche Genval s’occupe notamment du son.

 

 

 

 

Le projet est atypique certes, mais il vise bien plus que l’habituel public belge francophone qui semble tant préoccuper les médias ces temps-ci. Vijay and I peut faire carrière en France, en Allemagne, dans un circuit indépendant américain. Et dans de nombreux autres pays encore.

Avec un peu d’imagination et un joli carnet d’adresses, on peut donc aussi tenter de renverser les barrières. Belle initiative !

 

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