Magritte du Cinéma belge
Quatre films dominent le premier tour

Dans 23 jours, la grande famille du cinéma belge sera réunie à Bruxelles. Pour la troisième année consécutive. Chacun descendra les marches bleues pour rejoindre l’impressionnante salle où les 3es Magritte du Cinéma belge seront remis à ceux qui ont le mieux fait briller notre 7e art cette année.

Pendant le mois de décembre, les membres de l’Académie Delvaux ont procédé à une première sélection électronique via un site sécurisé. Sur base de listes exhaustives de tous les films, acteurs, artistes et technicien(ne)s qui entraient en considération pour décrocher un prix, ils ont pu voter pour permettre à leurs favoris de se hisser parmi les élus.

 

À l’issue de ce premier tour qui s’est clôturé le 31 décembre au douzième coup de minuit, quatre noms ont émergé dans la plupart des catégories. Pour les catégories techniques, trois personnes ou teams ont été retenus. Une manière de les mettre un peu mieux en valeur puisqu’ils sont par essence moins connus du grand public.

 

Alors que l’an dernier on pressentait que les prix se joueraient entre Les Géants, Le Gamin au Vélo et Rundskop, cette 3e édition paraissait plus ouverte. À ce stade, une conclusion s’impose pourtant : quatre films ont dominé les débats. De la tête et des épaules.

Nous le rappelions ICI : cette année est surtout celle des nouveaux réalisateurs. Deux d’entre eux se glissent d’emblée parmi les leaders du premier tour.

 

 

Petit coup de tonnerre dans le ciel du cinéma belge, Patrick Ridremont se paie carrément le luxe d’amasser 8 citations avec Dead Man Talking. C’est le record de l’épreuve cette année. Dans son sillage, ses trois principaux adversaires sont à l’affût avec sept citations chacun : Mobile Home de François Pirot, autre nouveau venu, 38 Témoins de Lucas Belvaux (production majoritairement française, mais avec un réal belge) et celui qui reste aux yeux de nombreux observateurs le favori de la manifestation : À Perdre la Raison de Joachim Lafosse. Il a tous les atouts dans son jeu: réalisateur confirmé et talentueux en attente d’une grande reconnaissance nationale, film majoritairement belge, un prix à Cannes, un succès public (à l’échelle belge francophone) et un sujet qui ne laisse personne indifférent.  Ça et les qualités intrinsèques de l’œuvre, cela va de soi.

 

Ces quatre longs métrages qui font la course en tête trustent les nominations dans les catégories « meilleur film », « meilleur réalisateur », mais aussi « meilleur scénario ». C’est dire s’il y a unanimité.

 

Derrière ce quatuor, on trouve deux coproductions minoritaires, essentiellement françaises donc (les fulgurants Exercice de l’État et De Rouille et d’Os). Plus le surprenant La Folie Almayer.
À l’opposé les deux mauvaises surprises de ce premier tour sont les contre-performances de Torpedo (une seule citation chez les espoirs masculins) et de L’Envahisseur de Nicolas Provost, adulé aux Ensors du cinéma flamand (deux nominations ici).

 

 

Chez les actrices, Émilie Dequenne dans A Perdre la Raison reste plus que jamais la favorite logique de cette 3e édition. Marie Gillain, bouleversante dans Toutes nos Envies a le petit handicap de figurer dans un film non coproduit ici et Déborah François a sans doute touché plus de monde dans Populaire (qui sera en course l’an prochain) que dans Les Tribulations d’une Caissière. Reste Christelle Cornil qui rapporte à Au Cul du Loup son unique nomination. Christelle est aussi la seule actrice parmi ces quatre comédiennes à avoir déjà été récompensée : en 2011, elle a été sacrée meilleur second rôle pour Illégal.

 

Dans la catégorie « meilleur acteur », le choc de titans attendu a bien lieu.  Très malin qui pourrait avancer déjà le nom du vainqueur parmi les quatre candidats en lice. Le triomphateur de 2012, Matthias Schoenaerts est de retour dans De Rouille et d’Os. C’est un film minoritaire, mais ses trois concurrents sont dans le même cas de figure. Récompensé l’an dernier pour son second rôle dans Potiche, Jérémie Renier a livré une prestation sidérante dans Cloclo. Son handicap? Le film a été moins aimé que De Rouille et d’Os.

 

[Photo : FIFF 2012]

 

Et si Olivier Gourmet venait mettre tout le monde d’accord? D’une exemplaire sobriété, il a impressionné tous les cinéphiles dans L’Exercice de l’État. Finesse du jeu, étendue de la palette, intensité permanente, iI a peut-être signé là sa plus belle prestation. Finalement, c’est sans doute Benoît Poelvoorde qui a sur le papier le moins de chances de l’emporter : il est, comme d’habitude, excellent dans Le Grand Soir, mais comparé aux trois autres, le film libertaire de Delépine et Kervern semble d’une ambition et d’une envergure un peu en retrait. N’empêche que Benoit reste Benoit, une icône, une idole. Quelle lutte en perspective !

Proposé deux fois, pour Torpedo et La Tendresse, François Damiens est la grande victime de ce premier tour. Exit aussi les deux brillants acteurs de Tot Altijd qui ne nous refera pas le grand schlem de Rundskop l’an dernier.

 

Les catégories qui concernent les actrices et acteurs dans un second rôle vaudront la peine d’être vécues. Comme celles des courts et des documentaires. Chacun semble y avoir une réelle chance de l’emporter.

 

[Photo : Fiff 2011]

 

Le deuxième tour de scrutin débute le 12 janvier. Il durera deux semaines pour se clôturer le 27 à minuit. Les quelque 700 membres que compte l’Académie André Delvaux auront donc assez largement le temps de soupeser leur vote.  La cérémonie se déroulera le 2 février à la salle Square. Elle sera diffusée en clair sur BeTV, puis sur TV5 Monde.
C’est le comédien Fabrizio Rongione (photo) qui aura la lourde, mais prestigieuse tâche d’animer la remise des prix. Yolande Moreau (nommée en tant que meilleure actrice dans un second rôle pour Camille Redouble) sera la présidente de cette 3e édition.

C’est dire si la soirée s’annonce formidable.

 

La liste de tous les nominés est ici

 

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