Magritte 2020: nominations pour la Meilleure réalisation…

A J-8 de la 10 édition des Magritte du Cinéma, on fait le point sur les forces en présence cette année pour le très convoité Magritte de la Meilleure réalisation. 4, ou plutôt 5 réalisateurs rencontrés au court de l’année…

Olivier Masset-Depasse pour Duelles

Olivier Masset-Depasse a fait sensation début 2019 en dévoilant son nouveau film, Duelles, adaptation très personnelle du polar à succès de Barbara Abel, Derrière la haine, et relecture inspirée du thriller à la Hitchcock. Transposant l’action dans les années 60, il déroule avec maestria un affrontement psychologique (et plus si affinités) implacable axé autour de deux femmes en perdition, deux mères louves et madones à la fois, transfigurées par leur instinct maternel.

Il se livrait ici pour nous sur ce projet:

 

Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Le Jeune Ahmed

En mai dernier, Jean-Pierre et Luc Dardenne étaient sélectionnés pour la huitième (!) fois de leur carrière en Compétition officielle au Festival de Cannes, et y recevait leur huitième prix, celui de la Mise en scène pour leur nouvel opus, Le Jeune Ahmed. Avec ce film, les frères Dardenne reviennent à l’ADN de leur cinéma, le portrait complexe, aussi pudique que direct d’un jeune garçon que rien ne parvient à dévier du destin mortifère qu’il s’est créé. S’attaquant de front à un sujet follement complexe voire périlleux, la radicalisation islamiste, les Dardenne le passe au filtre de leur cinéma, un cinéma direct empli d’humanisme, pudique, mais sans concession.

Nous les avons rencontrés à la veille de leur départ pour la Croisette.

Freres-Dardenne-CInevox

Jean-Pierre Dardenne

Les attentats qui ont eu lieu en France et en Belgique ont été un déclencheur pour nous. S’ils n’avaient pas eu lieu, je ne pense pas que nous aurions aurait eu l’envie de raconter l’histoire d’un gamin qui s’appelle Ahmed. Mais nous avons ressenti le besoin de réagir face à ces évènements. Leur proximité géographique a été un vrai choc. On s’est demandé si l’on pourrait avoir quelque chose à dire sur tout ça à travers un film…

L’entretien intégral est à retrouver ici.

Laurent Micheli pour Lola vers la mer

Dans Lola vers la mer, Laurent Micheli dresse le portrait d’une jeune fille transgenre qui va devoir se réconcilier avec les fantômes du passé pour faire la paix avec son père, et avec elle-même. Elle est incarnée par Mya Bollaers, jeune comédienne transgenre dont c’est le premier rôle. Un choix militant de la part du réalisateur, de donner à voir des corps et des visages que l’on ne voit que trop peu à l’écran, de créer une fiction par et pour une minorité.

« J’ai essayé d’imaginer le personnage le plus moderne, le plus contemporain possible. J’ai voulu qu’elle soit en elle-même très libre par rapport à ce qu’elle est, mais très entravée par la société, qu’elle dégage une énergie d’héroïne, prête à tout faire exploser, bien décidée à ne pas être une victime. Une jeune fille rebelle, décidée à aller contre, avec l’énergie de ses 18 ans. »

Cesar Diaz pour Nuestras Madres

Cesar Dìaz dresse dans Nuestras Madres le portrait de son héros Ernesto et de son entourage, le portrait d’une résilience collective, celle des victimes de la dictature militaire guatémaltèque. Le film surgit comme un cri dans le silence historique qui entoure ce massacre méconnu, dont les victimes furent essentiellement des Indiens, et dresse le portrait déchirant d’une mère et son fils. Le réalisateur a reçu la Caméra d’or lors du dernier Festival de Cannes.

« Je voulais partir de l’individu, de l’intime, pour aborder quelque chose de plus grand, de plus universel. Il fallait que le spectateur puisse se connecter émotionnellement, je ne voulais pas faire un cours d’histoire. J’avais besoin du parcours humain et des personnages. » La suite de cet entretien est disponible ici

On l’a rencontré au lendemain de l’annonce de sa sélection:

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