Lubna Azabal, irrésistible diva dans « Tel Aviv on Fire »

La comédienne belge Lubna Azabal incarne une star capricieuse et irrésistible dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi, comédie douce-amère qui ose rire de et avec le conflit israelo-palestinien, et l’absurdité parfois surréaliste qui s’invite dans le quotidien des voisins d’un poste frontière passionnés par un feuilleton populaire…

Salam, un charmant Palestinien de 30 ans vivant à Jérusalem, travaille comme stagiaire sur le feuilleton populaire palestinien Tel Aviv on Fire, produit à Ramallah. Chaque jour, pour rejoindre les studios de télévision, Salam doit passer par un check-point israélien plutôt difficile. Il y rencontre le commandant du poste de contrôle, Assi, dont la femme est une grande fan du feuilleton. Afin de lui faire plaisir, Assi met la pression sur Salam pour changer la fin du feuilleton. Salam se rend vite compte que les idées d’Assi pourraient lui valoir une promotion en tant que scénariste. La carrière créative de Salam est soudainement en ébullition, jusqu’à ce qu’Assi et les producteurs et financiers du feuilleton soient en désaccord sur la façon dont il devrait se terminer. Coincé entre un colonel de l’armée et les soutiens arabes, Salam ne peut résoudre ses problèmes qu’avec un coup de maître final.

Lubna Azabal est la vedette de la série, un feuilleton politico-patriotique à l’eau de rose, dans la grande tradition du cinéma égyptien. Star du cinéma français parachutée en Palestine, elle interprète une espionne palestinienne qui se voit confier par son amant à la veille de la Guerre des Six jours une mission de la plus haute importance: dérober par tous les moyens, physiques comme charnels, les plans d’une offensive imminente détenus par un général israélien. Elle se rapproche rapidement de Salam, et comme le Général Assi, lui met la pression pour orienter le récit à son avantage.

Tel-Aviv-On-Fire-Lubna1

Tel Aviv on Fire, brillante mise en abîme, observe à travers cette exercice d’écriture à plusieurs mains la façon dont l’imaginaire collectif réécrit aussi bien l’histoire passée que celle en train de se faire. On rit souvent – notamment quand au détour d’un affrontement linguistique autour de la pertinence de l’utilisation du mot « bombe » pour parler d’un femme dans un contexte aussi tendu – , on se délecte du film dans le film (ou plutôt du soap dans le film), et de la mise à nu des codes du genre, mais surtout, on admire la faculté du cinéaste, Sameh Zoabi, à traiter d’une réalité insoutenable sous l’angle de cette comédie aussi douce qu’amère.

Le film, coproduit en Belgique par Artemis Productions, était dévoilé en septembre dernier lors du Festival de Venise, où il a valu le Prix du Meilleur acteur à Kais Nashif. Programmé dans le monde entier, il a reçu en novembre dernier le Grand Prix et le Prix de la Critique du Festival International du Film de Comédie de Liège. Il  sort ce mercredi 1er mai dans les salles belges.

Check Also

« Sauve qui peut »: aux côtés des soignants

Avec Sauve qui peut, Alexe Poukine se penche sur les processus d’apprentissage auxquels participent les …