L’Exercice de l’État :
Prix de la critique internationale à Cannes!

Présenté en sélection officielle cannoise dans la section Un Certain Regard, L’Exercice de l’Etat a remporté ce samedi le prix de la critique internationale. Un (premier?) honneur pour les frères Dardenne qui coproduisent ce film politique et un plébiscite pour Olivier Gourmet qui l’interprète avec une maestria époustouflante. 

On l’a déjà mis à toutes les sauces notre Olivier Gourmet. Sa carrière très riche (comme la sauce, justement) lui a permis d’effectuer tous les métiers, de tenir dans ses bras les plus grandes actrices et de convaincre, film par film, scène par scène, producteurs, réalisateurs et spectateurs de son immense talent.

Révélé par les frères Dardenne dans La Promesse (il apparaît d’ailleurs dans le Gamin au Vélo), il est aujourd’hui une valeur sûre, non seulement du cinéma belge, mais du cinéma francophone dans son ensemble. Dans L‘Exercice de l’État, il est membre du gouvernement français. Et ses assistants s’appellent Michel Blanc et Zabou Breitman.

Bertrand St-Jean est donc ministre des Transports. Réveillé en pleine nuit, on lui apprend qu’un car scolaire vient de s’écraser dans un ravin. Branle-bas de combat: premier choc médiatique. Avec son équipe rapprochée, il devra gérer cette crise et les situations qui s’enchaînent, l’obligeant à affirmer un jour le contraire de ce qu’il a prétendu la veille, forcé par le sacro-saint intérêt de l’État à ravaler parfois sa fierté sur certains sujets pour mieux imposer ses idées sur d’autres.

L’Exercice de l’État est un vrai film politique, mais pas un film d’actualité. Contrairement à La Conquête, le réalisateur Pierre Scholler (à qui on doit déjà le merveilleuxVersailles),  n’a pas essayé de croquer un visage connu; on ne nous dit jamais quelle est la couleur politique de son gouvernement. En épinglant des petits traits du quotidien, il a au contraire réussi à créer un archétype.

Choisir Olivier Gourmet pour incarner un ministre de la République alors qu’on imagine parfaitement les 2/3 des acteurs français prêts à s’entre-égorger pour décrocher le rôle relève d’une audace visionnaire. Car il suffit de jeter un coup d’œil sur cet extrait pour s’apercevoir que Pierre Scholler a mis dans le mille. Olivier est parfait. Sa stature, son charisme, ses ambiguïtés, enrichissent son personnage par touches subtiles qui finissent par dessiner un homme d’une incroyable complexité. Aux côtés d’Olivier Gourmet, on découvre un Michel Blanc sidérant, dans la lignée froide, impassible même, de M.Hire (le chef de cabinet), et une Zabou Breitman (la responsable de com) virevoltante qui apporte de la vie et un peu de fantaisie au milieu de ce groupe d’individus pétris de leurs responsabilités.

En marge de son intrigue et de son ton hyper réaliste, le réalisateur a glissé des scènes allégoriques sidérantes d’esthétisme (les premières critiques parlent de « visions kubrickiennes », carrément!). C’est sans doute ce qui justifie sa sélection dans la section la plus innovante du festival, Un certain regard qui met en exergue les singularités et les démarches pionnières.

Comme il était projeté dans la foulée de La Conquête, on se demandait si L’Exercice de l’État parviendrait à séduire le public, la presse et le jury. Il a fait bien mieux comme vous pouvez le lire ici ou sur le site de Wallimage, qui coproduit le film, et a publié une excellente revue de presse.

Après le succès de Dimanches dans la catégorie des courts-métrages et le triomphe des Géants à la Quinzaine des Réalisateurs, voilà un nouveau trophée magnifique qui nous transporte de plaisir.

 

Le splendide portrait d’Olivier Gourmet est signé Marianne Grimont (www.grimont.be)

 

 

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