« Les Nouvelles Guérillères », féminisme à la bruxelloise

Et si le 8 mars, c’était aussi le 10 mars, et le 20 avril, et le 16 mai, enfin vous voyez l’idée? Et si les combats féministes étaient salués et encouragés au quotidien? Avec son documentaire Les Nouvelles Guérillères, la réalisatrice Elisa Vandekerckhove part à la rencontre des nouvelles amazones qui arpentent la cité pour en faire un endroit meilleur et plus juste pour toustes. 

Une dizaine de collectives se succèdent ainsi pour évoquer leurs actions et leurs réactions face à un patriarcat profondément ancré dans la cité, qui les entrave dans leur liberté. A travers ces témoignages forts qui met en lumière la communauté et la diversité des militantes, servis par l’aisance théorique et rhétorique de cette armada de jeunes femmes venues des quatre coins de la ville, c’est aussi une histoire du féminisme en train de se faire que livre le film.

Sans surprise, le féminisme à la bruxelloise est un féminisme intersectionnel et décolonial, un féminisme inclusif qui reflète toutes les facettes de la cité multiculturelle qui l’abrite. Pour ces jeunes militantes, dont les champs d’action sont aussi vastes que la ville, l’intersectionnalité, et la nécessité d’un féminisme inclusif qui lutte contre toutes les discriminations, souvent interrogée dans les médias mainstream, est pourtant une évidence.

Le féminisme mené dans l’espace urbain promu par ces guérillères (une référence au livre de Monique Wittig du même nom) se décline au rythme des oppressions systémiques qui nous entravent toustes. L’espace public est un lieu d’exclusion, pensé pour les hommes, unité de mesure universelle. La lutte est on ne peut plus sérieuse, et pourtant souvent joyeuse et effrontée.

Les-Nouvelles-Guerilleres

La Fronde placarde les rues de slogans évoquant les oppressions subies par les minorités, Nom peut-être visibilise les « grandes femmes » face aux « grands hommes » qui trustent tous les noms de rue, le collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations interroge la façon dont l’histoire de la cité s’est écrite selon un prisme colonial perpétuant les discours racistes.

Ces femmes, jeunes, prennent le monde, leur monde en main, avec une aisance théorique et réthorique impressionnante face caméra, qui se traduit en actes dans les rues de la ville. Les entretiens, filmés au printemps et à l’automne dernier, font écho aux crises qui ont traversé l’année 2020. Et les portraits entrecroisés de ces militantes engagées et décomplexées donnent à voir des lendemains meilleurs.

Les Nouvelles Guérillères d’Elisa Vandekerckhove est à découvrir sur Auvio jusqu’au 15 mars, dépêchez-vous!

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