Le cinéma belge plébiscité à Cannes!

Lorsque nous avons décidé de lancer Cinevox le 11 mai 2011, soit le jour du début du Festival de Cannes, nous espérions secrètement que les Belges s’y comporteraient le mieux possible. Et si un de nos films gagnait un prix dans la foulée, ce serait la preuve irréfutable que notre démarche était légitime. Que notre cinéma méritait que le public de chez nous lui consacre un peu d’attention.

Car le monde entier nous l’envie, ce cinéma.

Jeudi, première bonne surprise (d’une longue série), Dimanches, court métrage réalisé par le jeune Valéry Rosier et présenté dans le cadre de la Semaine de la Critique, était récompensé par le Prix Découverte Kodak. Dans la foulée, il a aussi reçu une mention spéciale du Petit Rail d’Or.

Vendredi, ô délices, nous apprenions que le sympathique Bouli Lanners, qui nous avait exceptionnellement reçus avant de partir pour la Croisette, remportait le prix SACD et le prix des salles Art et Essai de la CECAE qui garantissait à ses Géants une jolie distribution à travers toute l’Europe. Depuis le début, nous avions parié sur ce film et son réalisateur : Bouli est la vedette de notre Grand Écran projeté dans toutes les salles de cinéma numériques jusqu’au 8 juin. Comme il l’explique ici, Bouli n’a qu’un rêve: attirer devant les grands écrans un maximum de spectateurs pour partager ses histoires. Des histoires simples. Des histoires fortes. Des aventures « à l’Américaine », mais tournées chez nous, dans nos régions.

Samedi, rebelote : L’Exercice de l’Etat, présenté en sélection officielle cannoise dans la section Un Certain Regard, décrochait le prix de la critique internationale. Un (premier) honneur pour Jean-Pierre et Luc Dardenne qui coproduisent ce thriller politique et un plébiscite pour Olivier Gourmet qui l’interprète avec une maestria époustouflante.

Restait le gros morceau. Par la force des choses, le public du monde entier aurait les yeux fixés sur le Palais des Festivals, ce dimanche soir pour la proclamation des résultats de la compétition officielle. Cette année, la compétition de très bon niveau ne permettait pas de dégager un vainqueur évident. Quatre ou cinq films étaient sans arrêt pointés parmi les favoris… dont Le Gamin au Vélo.

Très tôt ce dimanche après-midi, nous avons appris que les frères Dardenne, à peine remis de la victoire du Standard en coupe de Belgique, reprenaient l’avion pour Cannes, accompagnés de leurs acteurs. On nous a demandé de ne pas publier l’info et c’est ce que nous avons fait jusqu’à ce qu’un grand quotidien s’en charge. Nous avons alors embrayé.

19h15 : dans le camp belge à Cannes, l’excitation est totale. Premier coup de tonnerre : un court-métrage flamand récolte un prix spécial du jury (une Palme d’Or bis, en fait): il s’agit de Badpakje 46 pour qui Michel Gondry le président a confectionné des Palmes dorées artisanales façon… Gondry (copyright Philippe Reynaert, cf les T-shirts cannois Cinema made in Wallonia).

Lorsque le jury de la sélection officielle pénétre sur la scène sur le coup de 19h26, on retient son souffle au risque de s’asphyxier. Et enfin, on découvre le sort réservé au Gamin au Vélo qui décroche: le Grand Prix du Jury (ex-aequo avec Il était une fois en Anatolie)

C’est donc la 5e fois en 12 ans que les frères héritent d’un trophée très important à Cannes: six prix en tout, remis par cinq jurys sans rapport entre eux, composés de personnalités différentes, toutes indépendantes les unes des autres. Un hasard ? Une conspiration mondiale ? Et si, tout simplement, les frères étaient (parmi) les plus extraordinaires réalisateurs contemporains, toujours égaux à eux-mêmes, originaux et bouleversants ? Et, pour le coup, universels !

À nouveau, le cinéma belge a ravi le public international. Ce n’est plus un succès, c’est un triomphe, un plébiscite. La suite logique serait que ces films (et la Fée aussi, ne l’oublions pas !), remportent un franc succès en salles. Les Géants et L’Exercice de l’Etat sortiront à l’automne, mais Le Gamin au Vélo est déjà sur les grands écrans. En Belgique, France, Suisse et Italie.

Les premiers chiffres français sont très prometteurs et permettent d’espérer entre 400.000 et 500.000 spectateurs en bout de course; soit le meilleur score des Frères depuis Rosetta et sa palme. Et chez nous ? Nous le disons souvent: ça ne dépend que de vous ! Et comme ce film est à la fois formidable et très touchant, il n’y a aucune raison que vous ne succombiez pas au charme d’une Cécile de France en état de grâce et du jeune Thomas Doret, époustouflant.

 

 

 

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