L’Âge de raison, le cinéma des frères Dardenne

Jean-Pierre et Luc Dardenne seront donc une nouvelle fois à Cannes dès la semaine prochaine avec un film susceptible de leur valoir les louanges de tous.

Au programme : projections cannoises le 20, sortie nationale le 21, soirée de prestige le 24 à l’occasion de la Nuit du Palmarès et présence dans la nouvelle capsule ciné de Cinevox dès le 14 en salles.

Icônes de notre cinéma, les frères sont bizarrement plutôt méconnus. Bizarrement? Pas tant que cela en fait, car ils ne sont pas du genre à se pavaner sous les projecteurs. Leur cinéma parle pour eux, ça leur suffit.

 

 

Dans l’Âge de Raison, quatrième numéro de la Collection Cinéaste d’aujourd’hui, ils ont demandé à ne pas apparaître. Une démarche d’autant plus forte que les autres volets étaient conçus autour du metteur en scène auxquels ils étaient consacrés.

Du coup, ce film nous propose un autre angle d’approche, une analyse pointue du cinéma des frères Dardenne à travers le regard de proches collaborateurs. En n’intervenant pas, les frères ont voulu laisser la parole à leur « famille » de techniciens, de comédiens…

Tirant profit de l’absence des réalisateurs et de cette opportunité d’un regard décalé, le doc est réalisé par le chef opérateur des Dardenne, Alain Marcoen et Luc Jabon. Avec de nombreux intervenants, le duo évoque la fabrication des films et démontre avec virtuosité comment ce cinéma qui a l’air improvisé est au contraire minutieusement contrôlé.

 

 

Interviennent la scripte, le cadreur, le décorateur … Les thématiques des frères sont aussi évoquées par des correspondances entre les films, et avec les films qui les ont inspirées (Paul Meyer, Rossellini..).

Des regards totalement extérieurs éclairent aussi l’œuvre : l’historien d’art Laurent Busine, l’éthologue Vinciane Despret. Au final, le film se révèle plus pointu que les premiers numéros, plus cinéphile, moins anecdotique sans doute. Plus cérébral aussi. Mais totalement passionnant.

 

L’Âge de raison, le cinéma des frères Dardenne a été présenté pour la première fois au FIFF, édition 2013; en présence du gratin du cinéma belge… et des frères qui ont mystérieusement disparu à l’issue de la projection. Le talent n’empêche pas la discrétion.  La discrétion n’empêche pas le talent.

 

 

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