Lafosse et Van Groeningen, héros du « Nouveau Cinéma Belge » à l’honneur au Danemark

Le printemps se vit à l’heure belge en cette fin du mois de mars à Copenhague, où le Danish Film Institute profite de la visite d’Etat du Roi Philippe pour mettre à l’honneur deux représentants du nouveau cinéma belge, Joachim Lafosse et Felix Van Groeningen, à travers le programme « To belgiske enere/ New Belgian Cinema ». Le réalisateur de L’Economie du Couple y présentait hier en avant-première son dernier film, l’occasion pour lui de revenir sur la rétrospective de 4 de ses films qui lui est consacrée.

 

(crédit photo d’illustration: @WBImagesBE)

Après la visite au Danish Film Institute et la projection de L’Economie du Couple, Joachim Lafosse présentera également ce soir Les Chevaliers Blancs, son avant-dernier film, et les spectateurs danois pourront également découvrir A perdre la raison et Elève Libre.

Photo: @MonarchieBE

 

La Cinémathèque danoise revient sur les caractéristiques du cinéma de Joachim Lafosse, qu’elle qualifie de « unsentimental realist », expression difficile à traduire si ce n’est littéralement (un réaliste non sentimental), mais qui met en exergue l’âpreté du cinéma du réalisateur, qui n’hésite pas à s’emparer de situations dramatiques où ses personnages, souvent opprimés sentimentalement, parfois socialement, sombrent dans des spirales destructrices dont beaucoup peinent à s’extirper, que ce soit la mère infanticide de A perdre la raison, ou le héros de l’humanitaire des Chevaliers Blancs. Lafosse cherche à explorer la façon dont les hommes peuvent se transformer en monstres, non pas en pointant du doigt de quelconques fautes morales, mais plutôt en scrutant le mécanisme de l’enchainement des faits. Le bien, le mal, la frontière entre les deux, le conflit permanent qui sous-tend la relation entre les deux sont autant de motifs qui irriguent ses récits, et traversent ses personnages. La Cinémathèque souligne l’art qu’ont les films de Joachim Lafosse à mettre les nerfs des spectateur à vif, et la maîtrise dont fait preuve le cinéaste quand il s’agit de dépeindre les conflits et les dilemmes qui surgissent entre ses personnages.

 

 


A l’autre bout du spectre, la Cinémathèque Danoise célèbre le cinéma de Felix Van Groeningen, un cinéma pour le coup beaucoup plus sentimental, dont les films se déploient au fil d’une « chronologie émotionnelle » plus que des péripéties de l’intrigue. Les spectateurs danois pourront découvrir là aussi quatre film du cinéaste flamand, Belgica bien sûr, mais aussi The Broken Circle Breakdown, La Merditude des Choses et Dagen Zonder Lief.

 

 

Avec ce focus dense et pertinent, la Cinémathèque danoise met en avant deux personnalités fortes du cinéma belge actuel, dans toute sa richesse et sa diversité. Les projections se poursuivront jusqu’au 12 avril. Si vous passez par Copenhague…

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