Sous le figuier
La vie, c’est mieux à quatre

Selma vit son dernier été. Christophe, Nathalie et Joëlle décident de passer ces vacances à ses côtés. Et de faire, en passant, la sieste Sous le Figuier.

 

 

 

Nathalie est chef cuisinier à Bruxelles. Sans attache sentimentale, elle décide un jour de tout plaquer, de fuir les recettes « fusion » et le lapin à l’azote. Libre comme l’air, la voilà confrontée à des choix de vie inédits. Du coup, elle passe beaucoup de temps avec Selma, une vieille dame aimable et pétillante qu’elle connaît depuis toujours. Elle croise également Christophe, un ami de longue date qui vit seul avec ses trois filles de 18 mois à 6 ans depuis le départ de sa femme.

Totalement débordé, le papa-gâteau se fait renvoyer de son travail. Libre, lui aussi. Seul, lui aussi. Désormais homme au foyer, il est submergé par mille questions existentielles…

En plus de son boulot d’employée, Joëlle est bénévole dans une association d’aide aux mal-logés et visiteuse dans une maison de retraite. Elle met tellement d’énergie dans ces occupations qu’elle ne se rend pas compte qu’elle néglige les siens : son mariage prend l’eau, elle ne voit pas grandir sa fille et oublie de rendre visite à sa mère. Un soir, désemparée, elle entre dans un « café voyance » où officie Selma.

La boucle est bouclée, les quatre personnages sont connectés. Mais Selma ne va pas bien. Il lui reste peu de temps à vivre. Alors, ces trois-là décident de passer à ses côtés son dernier été. Parce que la mort c’est comme la vie, c’est plus supportable quand on est bien accompagné.

 

« Comment parler de façon lumineuse et apaisante de ce qui fait si peur ? C’est ce qui m’a poussé à écrire Sous le figuier. », explique Anne-Marie Étienne, la réalisatrice belge du film qui habite aujourd’hui à Paris. « Cette idée, si simple et si répandue, qu’aimer la vie, c’est accepter la mort est rarement vécue. J’ai eu l’envie de raconter l’histoire de quelqu’un qui y arrive et ce faisant, change profondément le regard de ceux qui l’entourent. Envie de montrer à travers un film, par petites touches que l’on meurt comme on vit. En racontant l’histoire de Selma, dire que quelles que soient les cartes de départ il est possible d’ouvrir son jeu, de remplir sa vie à ras bord. Et comme Selma, de partir apaisée… Et surtout entourée… J’aimerais que La sieste sous le figuier soit un film, qui sans minimiser le choc du départ, ni les peurs qu’elle suscite, parle de la mort en célébrant la vie ! »

 

Pour aborder un sujet aussi avec légèreté, un bon scénario ne suffit pas: il faut dénicher d’excellents acteurs susceptibles de faire passer une émotion sans la surcharger. Pour incarner Selma, Gisèle Casadesus a toujours été une évidence. Cette gloire du théâtre français monta pour la première fois sur les planches en… 1934. Qui dit mieux? Plus personne à l’heure actuelle sans doute. La même année, elle fait ses grands débuts au cinéma dans L’Aventurier de Marcel L’Herbier. Loin d’être à la retraite, ce phénomène a encore participé à une vingtaine de longs métrages depuis l’an 2000 dont La Tête en Friche, son plus gros succès récent. En 2005, à l’âge de 91 ans, elle jouait Richard III au théâtre. Incroyable!

 

Pour l’entourer, Jonathan Zaccaï est le parfait Christophe: beau, doux, rêveur, père de famille parfait, un peu dépassé. Les personnages de Nathalie et Joëlle ont pour leur part changé d’interprète peu avant le tournage: pour le meilleur d’ailleurs tant on a hâte de voir confrontées l’une à l’autre Anne Consigny et la petite Belge qui n’en finit pas de nous épater : Marie Krémer.

 

Produite par Tarantula, cette comédie dramatique filmée entre Bruxelles et le Luxembourg, s’est achevée ce mois-ci dans la capitale belge. Nous étions récemment sur le tournage du nouveau film d’Anne-Marie Étienne et vous découvrirez bientôt Sous le Figuier dans un de nos Grands Écrans, spécial ciné. Dès la semaine prochaine, nous jetterons un coup d’oeil dans les coulisses d’une scène bruxelloise avec de très beaux clichés signés par Marianne Grimont.

 

 

Toutes les photos de cet article sont signées par Philippe Guilbert et visibles sur la page Facebook de Sous le Figuier que nous vous recommandons de rejoindre ICI !

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