La nuit qu’on suppose sur grand écran

A quoi ressemble le monde pour ceux qui ne le voient plus ? Qu’y-a-t-il dans cette nuit sans fond qu’on imagine tous ? Brigitte, Danielle, Hedwige, Bertrand & Saïd ont perdu la vue à différents stades de leur vie. En explorant leur univers, le film pose la question du regard et du lien que nous établissons avec nos sens, le monde et les autres.

 

La Nuit qu’on suppose est doublement sous le feu de l’actualité: il est nommé aux prochains Magritte du cinéma dans la catégorie « Meilleur documentaire » et il sort en salles demain. A Bruxelles, au cinéma Aventure, à Liège au Sauvenière et à Mons au Plaza-Art.

 

 

Son auteur n’est pas vraiment un inconnu, puisque Benjamin  d’Aoust est notamment le coscénariste des deux premiers tomes de la série de BD Shrimp qui paraît chez Dargaud. Coscénariste, puisque son acolyte n’est autre que Matthieu Donck, le jeune et brillant réalisateur de Torpedo et de Partouze, court métrage en course pour les Magritte 2014 lui aussi, section « court métrage ».

Après des études de journalisme et d’analyse et écriture de scénario à l’Université Libre de Bruxelles, Benjamin a réalisé deux court-métrages de fiction : Mur (2006 – trailer ici), New Film Maker Award, Asiana Int. Short Film Fest., Séoul, Corée du Sud, 2007; Prix Mozaic de l’Innovation au 28e Festival du Film Court de Villeurbanne, 2007;  Grand Prix au festival Le court en dit long, Paris, 2007;  Prix de la Deux ‘L’Envers du court’ (RTBF) au BIFFF, 2007; Prix des étudiants (ESRA) au festival du court métrage de Nice, 2007 , notamment et Point de fuite (2011 – trailer ici), prix du court métrage – Festival international du film policier de Liège, Belgique, 2011

 

 

En parallèle, il écrit des critiques de films, anime un atelier de montage, et collabore à différents projets en tant que scénariste/script-doctor, assistant-réalisateur, monteur…

La nuit qu’on suppose est son premier documentaire, un retour aux sources si on veut pour ce curieux à la formation de journaliste.

 

 

 » L’a priori commun, inconscient et collectif, voudrait que les aveugles vivent dans le noir parce que dans le noir, dans l’obscurité, nous perdons nos repères visuels, nos repères spatiaux, nous perdons momentanément « nos yeux ». Le monde nous apparaît dès lors illisible, effrayant. », explique le réalisateur.

 

 » Mais celui qui ne sait pas ce que « voir » veut dire ne sait pas que le noir existe. Et ce noir tenace, profond, manque parfois tant à ceux qui ont perdu la vue.

Nous avons projeté nos peurs dans cette nuit sans fond parce qu’il nous est extrêmement compliqué de sortir du registre visuel.

Pour représenter la cécité, interroger l’altérité, il fallait à mon sens parvenir en premier lieu à dépasser ce noir, et à dépasser les a priori que nous avons construits autour de lui.

 

 

L’a priori commun, inconscient et collectif, voudrait que les aveugles vivent dans le noir parce que dans le noir, dans l’obscurité, nous perdons nos repères visuels, nos repères spatiaux, nous perdons momentanément « nos yeux ». Le monde nous apparaît dès lors illisible, effrayant.

Mais celui qui ne sait pas ce que « voir » veut dire ne sait pas que le noir existe. Et ce noir tenace, profond, manque parfois tant à ceux qui ont perdu la vue.

Nous avons projeté nos peurs dans cette nuit sans fond parce qu’il nous est extrêmement compliqué de sortir du registre visuel.

Pour représenter la cécité, interroger l’altérité, il fallait à mon sens parvenir en premier lieu à dépasser ce noir, et à dépasser les a priori que nous avons construits autour de lui. »

 

 

Et pour vous faire une idée, voici la bande-annonce de La nuit qu’on suppose

 

 

La nuit qu’on suppose – Bande-annonce / Teaser FR from Hélicotronc on Vimeo.

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