La Marque des Anges
Colonie suspecte en région namuroise

À Paris, Lionel Kasdan (Gérard Depardieu), commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu’aucun témoin n’ait apparemment assisté à la scène.

De son côté, Frank Salek (Joey Starr), un agent d’Interpol menacé d’être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d’une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d’enfants.

Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan.

Mais plus l’enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale…


 

La Marque des Anges est basé sur Miserere le roman de Jean-Christophe Grangé, l’auteur des Rivières pourpres ou du Concile de Pierre, un ancien grand reporter reconverti dans le thriller à l’américaine avec un vrai succès. Sa marque de fabrique? Un sens de l’intrigue imprévisible, du rythme, du dépaysement, une solide base documentaire, des personnages torturés.

 

Résultat: ses livres très noirs se vendent comme des petits pains.
Au cinéma, le bilan est moins fulgurant avec des adaptations un peu chaotiques, parfois spectaculaires, mais qui n’ont pas laissé de grands souvenirs aux fans du genre. Jusqu’ici, personne n’a réussi à transformer en images, l’univers étrange et violent de l’écrivain qui a également scénarisé deux films « originaux » : Vidocq, reboot qui préfigurait bizarrement les récents délires mettant en scène Sherlock Holmes sous les traits Robert Downey Jr et l’abracadabrant (mais délassant) Switch.

Dernière tentative en date: Le Vol des Cigognes, développé en deux fois 90 minutes et plombé par un acteur principal atone.  Moyen moyen, donc…

 

 

La Marque des Anges sera-t-il enfin cette exception attendue qui confirme la règle: la bande-annonce le laisse présager, mais le scénario qui prend pas mal de liberté avec le formidable roman original (le personnage de Joey Starr a été carrément modifié) risque une fois encore de désorienter les fans hardcore de Grangé.

 

Le duo à l’écran ne correspond pas du tout à l’image qu’on s’en fait en lisant le livre, mais Depardieu face à JoeyStarr, l’expérience reste engageante. Même si les derniers passages des deux hommes à la une des médias n’ont rien fait pour redorer leur réputation, ils sont deux acteurs étonnants, chacun dans leur domaine: les voir se confronter pourrait donc être intéressant.

 

La Marque des Anges est mis en scène par le franco-américain Sylvain White, réalisateur de Souviens-toi l’Eté dernier 3 ou The Losers, qui a notamment travaillé pour la série The Experts.

Grâce à Saga Films qui multiplie ce type de coproductions, le film a été en partie tourné chez nous. Saga avait déjà fait de l’excellent boulot dans un registre analogue sur Nuit Blanche, par exemple, avant de coproduire La Vie d’Une Autre de Sylvie Testud (avec court tournage en Belgique aussi) ou Two Days in New York de Julie Delpy où là il était question de postproduction belge.

 

 

Après sept semaines en France, l’équipe est restée une dizaine de jours au domaine provincial de Chevetogne (photo). L’idée était de dénicher un lieu entouré de routes assez larges qui puisse dans la fiction abriter une colonie sectaire et secrète. Le Clap Wallonie, bureau d’accueil pour les tournages a envoyé à la production des photos de cet endroit retiré, assez connu des Wallons, mais pas forcément des Français, et emporté l’adhésion. Une scène spectaculaire située à la fin du film où il est question d’une traque et d’une chute dans un ravin a aussi été tournée dans la région namuroise.  Le plateau s’est ensuite déplacé à Bruxelles et dans ses environs pour deux ultimes semaines de travail.

 

 

À côté du duo Starr/Depardieu, Thierry Lhermitte figure également au générique de ce polar musclé « à l’américaine » qui, côté belge, accueille Helena Noguerra et quelques visages familiers comme Laurent d’EliaHugues Hausman  et Mike Luboya dans des plus petits rôles. Le retour des Men in Blagues, comme les larrons se sont eux-mêmes surnommés.

La Marque des Anges sort en France le 26 juin. Aucune date officielle n’a encore été avancée pour le marché belge.

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