La fantastique mue du cinéma belge

La démocratisation des moyens de tournage est en train de changer la donne jusque dans le cinéma belge qui correspond de moins en moins aux schémas réducteurs qu’un public parfois peu au courant (mais ça change) avait tendance à lui attribuer.
Les deux pieds dans l’ère numérique, de jeunes réalisateurs peuvent aujourd’hui tourner des courts, des moyens et même des longs (la tête la première, Nous quatre, Tombville, Ludo…) avec trois ronds de carottes, un max d’enthousiasme et beaucoup d’abnégation collective.

 

Jusqu’ici un film belge majoritaire se tournait très rarement sans le soutien financier de la Fédération Wallonie/Bruxelles. C’est encore le cas pour les longs métrages classiques dépassant le million d’euro, mais cette nouvelle génération aux dents longues et aux folles envies cinéphiles est en train de bouleverser la donne et, naturellement, elle ne se prive pas de chambarder aussi les codes en vigueur.

 

Jusqu’ici, à quelques jouissives exceptions près (Fabrice Du Welz, Cattet/Forzani, Lannoo), le film de genre n’était pas une spécialité belge. Or, ces nouveaux jeunes loups totalement décomplexés, biberonnés aux multiplexes et aux films bis, noirs ou fantastiques se lancent désormais à corps perdu dans le cinéma qui les titille sans chercher à remplir des cases culturelles qui ne les intéressent pas forcément.

 

Sans attendre non plus un hypothétique soutien financier officiel. La patience n’est pas leur principale qualité.
Cette nouvelle vague noir/jaune/rouge encore un peu bricolo, mais diablement enthousiaste et sympathique sera-t-elle l’autre fer-de-lance de notre cinéma de demain, cohabitant amicalement avec les frères, Joachim Lafosse ou Marion Hansel ?

 

C’est d’autant plus probable que ces jeunes réalisateurs en usant du système D se forment sur le terrain à leur futur métier et seront d’autant plus expérimentés lorsqu’ils entreront dans un circuit de production plus classique, à la tête de budgets plus conséquents.

 

Tout cela pour vous parler d’Un Ciel Bleu presque parfait dont nous avons découvert les prémices sur le net et qui semble s’inscrire dans cette voie pavée de bonnes intentions. Le pitch ? Noir et inhabituel.

 

Aux yeux des autres ouvriers de l’usine Simon est un employé discret, un taiseux. Appliqué jour après jour à exercer indéfiniment les mêmes tâches répétitives, on pourrait croire que Simon mène une vie banale et monotone. On aurait tort… Responsable dans son enfance du handicap de sa sœur et rongé par le remord, Simon vit avec elle un étrange huis clos. Elle, réduite à l’état végétatif, captive et recluse dans sa chambre, lui, à mi-chemin entre le bourreau et l’ange gardien.

 

Persuadé d’être en contact avec des êtres venus d’ailleurs, Simon perd peu à peu pied au sein de ce vieux corps de ferme qui tombe en ruine. La frontière entre cauchemar et réalité se fait de plus en plus diffuse…

 

 

Tourné en 13 jours (après 13 mois de préparation) grâce à un crowdfunding Ulule, Un Ciel Bleu presque parfait sera un moyen métrage (40 minutes).

Il a été réalisé par Quarxx, un artiste déjà responsable de cinq courts : Nuit noire, Zero Police, But !, Dirty Maurice et Rasta Kamikaza bang-Bang

 

Le pitch, le casting… et l’affiche donnent envie… Celle-ci a été réalisée par Edouard Chastenet (voir son site ici), sans doute un des jeunes graphistes les plus doués pour réaliser des posters qui accrochent l’œil.

Rappelez-vous: c’est déjà lui qui avait signé celui, frappant et efficace, de Nous Quatre de Stéphane Hénocque.

 

Le désopilant teaser monté à partir des images enregistrées lors des trois premiers jours de tournage aussi…

 

 

Le tout dernier aussi, c’est le moins qu’on puisse écrire

 

 

Pour incarner Simon, Quarx a choisi Jean-Luc Couchard, le petit comique de service du cinéma belge, qui évolue ici dans un tout autre registre.

À ses côtés, plus surprenant encore, Estelle Mélanie-Gaydos.

Quarxx a écrit son scénario après avoir vu des photos de ce mannequin new-yorkais. Son physique hors norme lui a semblé parfait pour incarner cette sœur dont Simon devra s’occuper par culpabilité jusqu’à la fin de sa vie..

Ou jusqu’à ce qu’on le sauve.

 

À voir en mars, sans doute. Notre curiosité est titillée.

 

(si cet article vous parle, n’hésitez pas à le liker ou/et à le partager sur Facebook. Ce sont les meilleures façons d’attirer l’attention de vos amis sur ce qui vous touche et de partager notre enthousiasme. Merci pour votre soutien)

Check Also

« Sauve qui peut »: aux côtés des soignants

Avec Sauve qui peut, Alexe Poukine se penche sur les processus d’apprentissage auxquels participent les …