La deuxième vie de Jacques.

Vous le savez peut-être, le milliardaire belge Marc Coucke veut développer un projet d’envergure à Durbuy.

Après avoir racheté Durbuy Aventure et son concurrent régional, il envisage aujourd’hui de bâtir dans ce petit coin tranquille de la Wallonie un énorme centre récréatif consacré aux activités sportives liées à la nature. Une bonne idée ? Sur le papier sûrement.

Dans la vraie vie, c’est plus discuté.
Beaucoup d’habitants des villages environnants sont en effet moins ravis.
Imaginez Josette et Marco qui viennent précisément d’acheter une petite maison dans le coin pour échapper au rythme trépidant de la grande ville et qui se retrouvent tout à coup en bordure d’un parc attirant chaque jour des milliers (des dizaines de milliers) d’aventuriers en herbe.
Et on ne parle même pas des routes dorénavant encombrées où les Rambos en culottes courtes et grosses godasses Décathlon attendent impatiemment d’en découvre avec un parcours d’accrobranches ou une descente en canoë.
Cette histoire devrait vous en évoquer une autre… Très cinématographique.

 

 

Mais ouiiiii :  Jacques a vu, premier long métrage du Namurois Xavier Diskeuve, présenté au FIFF namurois en 2014 et sorti dans les salles quelques semaines plus tard.

Dans son film, Brice et Lara, à peine installés à Chapon-Laroche, un paisible village des Ardennes, doivent faire face à l’arrivée d’un énorme centre de vacances hollandais.

 

Cette coïncidence pourrait laisser penser que nous voulons signaler que Xavier Diskeuve est un visionnaire, un gars qui a des visions donc. Ce qui nous rapproche à nouveau de son film puisque, pour contrer le projet qui risque de leur pourrir la vie, Brice et Lara tentent de faire accréditer auprès des autorités locales les apparitions présumées de la Vierge dont est témoin le cousin Jacques. Celles-ci donneraient à son village la dimension d’un lieu de culte, empêchant du même coup la construction de ce parc de vacances.

 

À ce stade, vous êtes d’accord, ce ne sont plus des coïncidences, on n’est pas loin du miracle.

Mais au-delà de ces ressemblances flagrantes, notre article repose surtout sur un improbable clash temporel, car oui, alors que le fantasque président du KV Ostende envisage de changer le visage de la Gaume, voilà que Jacques a vu revient dans l’actualité. Et pas parce qu’on aurait vu des restes d’une affiche pendouiller dans une ruelle de Salzinne, non. Plutôt parce que le film se lance dans une carrière de festivals internationaux et vient tout juste d’être distribué chez nous en DVD.

 

 

En général, vous le savez, un film belge visite les festivals avant sa sortie en salles, histoire d’accroître sa notoriété et sa confiance en soi avant de se frotter au difficile public belge. Mais comme Xavier Diskeuve fait rarement les choses comme les autres, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il voyage avec son film grâce, il est vrai, à une personne qui travaille désormais avec opiniâtreté (ils seraient deux ?) sur les ventes et la diffusion de son film.
Le journaliste namurois a donc visité la Belle Province à la fin de l’année dernière, étant invité du festival de Québec. Il est d’ailleurs toujours question d’une sortie outre-Atlantique dans le « réseau des films parallèles » qui est preneur. A priori une bonne idée, car le ton du film pourrait plaire aux Québécois.
Mais ce n’est pas tout ! Christelle Cornil, sainte héroïne de Jacques a vu vient tout juste de décrocher un prix d’interprétation au Barcelona Planet Film Festival et le film s’apprête à filer aux antipodes, retenu en sélection officielle au Sydney World Film Festival. Avec ou sans Xavier pour le défendre ? La question reste ouverte. Autant vous dire que le Namurois est plus que partant.

 

 

Pour les aficionados belges, l’information importante est donc la sortie du film en DVD. Jacques a vu ne se présente d’ailleurs pas seul sur la rondelle argentée. Le petit délire de Xavier Diskeuve est accompagné d’un making of signé par Antoine Lanckmans et du court métrage I Cannes get no. 

Satisfaction garantie.

 

 

 

 

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