Jappeloup : Cheval de Gloire

Comme les férus d’équitation le savent, Jappeloup est l’histoire vraie d’un cheval qui marqua les compétitions hippiques dans les années 80. Un cheval nerveux et talentueux, mais petit et impétueux. Capable du meilleur. Et du pire. Jappeloup est aussi l’histoire de Pierre Durant qui, tout enfant déjà, rêvait d’être Champion Olympique… À moins qu’il n’ait simplement investi le désir de son père…

Lorsque Pierre rencontre Jappeloup, il n’est pas conquis. Lui-même est un excellent cavalier, mais sans le supplément d’âme et de style nécessaire pour gagner de grandes compétitions. Sa clef vers la gloire sera ce cheval atypique. Mais en chemin, il subira de lourdes défaites et d’humiliantes déconvenues.

 

Passionné d’équitation, cavalier confirmé, contrarié par une blessure à l’âge de 18 ans, Guillaume Canet a écrit le scénario de ce double biopic, mais comme il tenait à se concentrer sur l’interprétation, la réalisation a été confiée au Canadien Christian Duguay, spécialiste canadien de films d’action.

 

 

Pour le besoin de son rôle, Guillaume Canet a donc repris l’équitation chez Frédéric Cottier, un cavalier professionnel de renommée internationale. Pour les épreuves particulièrement ardues, il a néanmoins été doublé par Timothéé Anciaume, un des meilleurs cavaliers français, et par Rodrigo Pessoa, fils de Fernando, Brésilien né en France et champion olympique à Athènes en 2004.
Résultat prévisible : depuis la fin du tournage, Guillaume Canet, à nouveau happé par la dévorante passion du cheval, s’est remis à la compétition.

 

Le maître mot du film est bien sûr « crédibilité » et  sur ce point, pas de problème: on a vraiment l’impression de voir de vraies compétitions avec des cavaliers de haut niveau. L’autre atout est l’interprétation. Malgré une mise en scène rapide et souvent elliptique (dans l’esprit de Cloclo, par exemple), les acteurs arrivent à installer de formidables moments d’intimité.

À ce petit jeu, Daniel Auteuil apporte au récit une bienveillante humanité, mais Canet, Marina Hands qui joue sa femme et la jeune et brillante Lou de Laâge ne sont pas en reste. Les seconds rôles comme Tchéky Karyo, Jacques Higelin ou Marie Brunel investissent des personnalités contrastées qui élargissent considérablement la palette du film.

 

 

Film sportif, Jappeloup scanne également les relations : les rapports père/fils faits d’admiration et de générosité, parfois d’abandon aussi et de renoncements; les rapports épouse/mari complices ou tendus; les rapports coach/sportif, crispés à l’extrême. Et surtout, évidemment, les rapports entre l’homme et l’animal.

 

 

Chaque personnage se situe ici dans des registres différents, souvent antagonistes. La jeune Raphaëlle (Lou de Laâge) est celle qui comprend vraiment Jappeloup parce qu’elle l’adore depuis qu’elle l’a vu naître.  Pierre Durant, un rien égocentrique, se contente pour sa part d’une complicité sportive : il ne parvient pas vraiment à aimer sa monture pour autre chose que son talent naturel.  Jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’a pas d’alternative.

 

 

Film d’initiés, Jappeloup est sans doute parfois un peu ardu pour celui qui ne connaît pas les chevaux ou les règles fondamentales des concours hippiques qui, bizarrement, ne sont jamais rappelées ici. Du coup, certains pourront perdre le fil et les enjeux. Leur porte d’entrée sera alors la mise en scène, dramatique à souhait dans les moments cruciaux, jouant sur des cadrages impressionnants, une alternance de ralentis et de plans en vitesse normale, un découpage haletant. Le tout amplifié par une musique aux accents lyriques (on pense plus d’une fois à la bande originale des Chariots de Feu).Car oui, Jappeloup reste pour l’essentiel un grand spectacle. Qui culmine avec une scène d’anthologie lorsque le van ramenant les chevaux de l’équipe de France au bercail s’enflamme sur l’autoroute. Hallucinant !

Qu’on se rassure : Jappeloup n’est pas aussi hermétique que Sport de Filles (avec aussi Marina Hands) qu’on pouvait franchement réserver aux assidus de l’équitation.

 

 

 

Bâti pour les spectateurs qui aiment les films d’ascension sportive (Rocky, Warrior…), pour les demoiselles romantiques fans de Guillaume Canet et surtout pour tous ceux qui adorent les équidés, voilà un long métrage qui a de sérieuses chances de réaliser un bon score au box-office. Ne fut-ce que parce qu’il n’y aura pas une seule personne affiliée à un cercle équestre qui n’aura pas envie d’aller le voir… au moins une fois.

 

 

La bande annonce est à voir ici

Le compte-rendu de l’avant-première bruxelloise est ici

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