Invasion d’Ovni(s) belges…

On les a vus à l’automne dernier, à Ittre, Bonlez, Incourt, Enghien, Seneffe, Braine ou Watermael-Boisfort… En 2020, 446 notifications ont été signalées en Belgique, soit une hausse de 64%. Mais une hausse de quoi? Des signalisations d’objets volants non identifiés!

Hasard? Peut-être pas, quand on sait que c’est principalement en Belgique qu’a été tournée Ovni(s), la dernière série évènement de Canal +, créée par Clémence Dargent et martin Douaire, et réalisée par Anthony Cordier, sorte de pastiche tendre, X-Files à la française, mais pas n’importe quelle France, celle de la fin des années 70, celle de Giscard, des pattes d’eph et de la clope au bec.

Ovni(s) se passe en 1978. Didier Mathure, brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu’il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d’un bureau d’enquête spécialisé sur les OVNIS géré par une équipe qui donne effectivement l’impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n’a plus qu’une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d’un monde où plus rien n’est impossible !

Alors que la presse française s’extasie devant cette série au ton décalé qui offre une temps de pause bienvenue en cette période morose, on attend encore la date de diffusion pour la Belgique, d’autant que celle-ci est vaillamment représentée à l’écran, au niveau des décors donc, mais aussi du casting!

Dans le rôle de Didier Mathure, on retrouve Melvil Poupaud, aussi à l’aise dans cette comédie aux accents vintage que chez Ozon ou Dolan. Il est entouré d’un casting haut en couleur, entre les témoins plus ou moins fiables, sa hiérarchie si sûre d’elle, ou ses nouveaux collègues de bureau, qui se mettent soudain à parler le flamand rose couramment.

Parmi eux, Daphné Patakia, LA révélation de la série, jeune comédienne belgo-grecque découverte dans Djam, de Tony Gatlif, que l’on annonce dans le sulfureux Benedetta de Paul Verhoeven avec Virginie Efira, et qui incarne dans la série Vera, la standardiste psychologue, ou psychologue standardiste ouverte aux expériences pas tout à fait normales, qui recueille les signalements d’ovnis et distribue des diagnostics accrocheurs bien qu’un peu fantaisistes.

On croise également au fil des épisodes de très nombreux comédien·nes belges, autant de témoins souvent un peu loufoques, à tout le moins perchés. Impossible de tous les citer, mais on retiendra notamment la présence d’Aurélien Caeyman (le Dany de La Trêve), Edson Anibal (vu récemment dans Poissonsexe, que l’on découvrira bientôt dans le premier long de Ngangi Mutiri), Bruno Georis, l’inoubliable chef du protocole du King of the Belgians, ou encore Denis Mpunga (le père du héros dans L’Ascension). La série est d’ailleurs coproduite en Belgique par Be-Films, et l’on doit une partie de ses effets spéciaux à la société hulpoise benuts.

Une série française aux accents résolument belges donc, où l’on reconnaît avec amusement le centre d’observation spatiale où ont également été tournées de nombreuses scènes de Space Boy, d’Olivier Pairoux, qui sortira… quand les salles pourront enfin rouvrir.

Mais cette hausse de signalisation d’ovnis, me direz-vous? Beaucoup l’attribuent en partie au premier confinement (qui a offert beaucoup de temps de calme et d’observation aux citoyen·nes belges), ou encore au lancement de Space X. Et comme dans la série, certains lanceurs d’alerte avaient en fait confondu un ovni avec des étoiles, des planètes ou la Lune. Quant aux autres…

 

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