Géraldine à la mer

Géraldine Doignon est une réalisatrice à suivre.

En un long métrage et quelques courts, elle a conçu un univers déjà aisément reconnaissable avec des préoccupations très claires qui tournent autour des relations humaines, de la famille, de l’attitude de chacun face à son propre avenir. Son cinéma est humaniste, intime et émouvant.

 

Par la force des choses, son premier long, De Leur vivant, un huis clos, était un film intimiste. Travailler dans un lieu unique (une grande bâtisse, un parc), permet des économies d’échelle importantes et Helicotronc qui épaule la jeune réalisatrice a sagement choisi de mettre initialement en chantier ce scénario alors que Géraldine avait déjà dans ses tiroirs, le script d’Un homme à la mer, plus ambitieux en terme de production et donc plus indiqué pour un second film.

 

 

Visiblement Helicotronc (à qui nous consacrerons prochainement un large focus) maîtrise l’art du développement prudent, mais constant. Ce n’est pas un hasard si la société bruxelloise est en train de devenir une des structures les plus intéressantes de notre paysage : avec ses auteurs, ses valeurs et un certain succès comme en témoigne le prix cannois du court métrage Solo Rex. Cette croissance progressive et raisonnée évoque celui d’une société comme Versus : quelques cinéastes très doués (Lafosse, Masset-Depasse, Liberski, Lanners, Micha Wald… chez les Liégeois), des courts, puis le passage au long et une montée en puissance en termes de moyens pour un résultat aujourd’hui incontournable. Helicotronc ne procède pas autrement.

 

Géraldine Doignon, donc, hérite ici de plus de moyens qui autorisent un déploiement plus important. Un homme à la mer se tournera dans plusieurs endroits et se déplacera même en France sur l’île d’Oléron qui promet des échappées visuelles fulgurantes.

 

 

Le héros de ce deuxième long est Mathieu, biologiste marin. À plus de 35 ans, il passe son temps sur son microscope, à découper de minuscules cadavres d’organismes marins. Il n’est pas heureux. Sa passion, c’était être en mer et il vit entre quatre murs.

Mais un événement inattendu va brusquement changer sa vie : Christine, sa belle-mère, fugue. C’est une surprise pour tous. Attiré par cet élan et curieux de la comprendre, Mathieu part à sa recherche. Il va la retrouver dans une maison au bord de la mer et découvrir enfin cette femme qu’il côtoyait sans la connaître vraiment. Grâce à elle, il va sentir grandir en lui le même désir de reprendre sa vie en main.

 

Mathieu c’est Yoann Blanc, déjà présent dans De Leur Vivant, comme l’intense Christian Crahay qui incarne ici son beau-père.

 

 

Dans Un homme à la mer, les dames viennent également de la scène : Bérangère Bodin, comédienne et danseuse est l’épouse de Mathieu tandis que Jo Deseure,  vue au cinéma dans Sœur Sourire, mais omniprésente au théâtre est Christine, l’autre personnage-clé du film.

 

 

Avec ses faux airs de Guylaine Tremblay (star québécoise vue dans Morrocan Gigolos), elle a dû sauter dans les escarpins vernis de Charlotte Rampling, initialement envisagée pour le rôle. Pour cette actrice volubile et sympathique aussi à l’aise dans le classique que dans le théâtre moderne, il s’agit d’un beau défi qu’elle compte mener à bien sans pression. Mais avec passion.

 

En vedette dans notre Cinevox ciné de juin 2014 (ici), Un homme à la mer ne sortira pas avant 2015. Nous aurons donc tout le temps de vous en reparler souvent et longuement.

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