Fin de tournage pour Moroccan Gigolos

Le dernier jour de tournage. Un moment toujours spécial, forcément émouvant. Ce dernier jour, c’est aujourd’hui pour toute l’équipe de Moroccan Gigolos qui va donc s’éparpiller après une ultime soirée joyeuse, mais empreinte de nostalgie. Les Belges vont rejoindre d’autres aventures, les acteurs et techniciens québécois abandonneront bientôt notre climat tropical pour retrouver leur rigoureux hiver. On plaisante : ils n’ont sans doute pas été trop dépaysés chez nous… même si Daniel Morin, le coproducteur canadien rigolait de nous voir frigorifiés lors de notre passage sur le plateau alors que, lui, trouvait juste que le fond de l’air était un peu frais.

 

Moroccan Gigolos, c’est d’abord une bien belle aventure. Qui ne fait naturellement que commencer. Celle d’un réalisateur qui a tracé son sillon en dehors des sentiers battus et qui fait mentir tous les Calimeros qui estiment qu’il n’y a point de salut hors d’un cénacle d’initiés.

 

 

Ismael Saïdi n’a attendu personne pour faire du cinéma, du théâtre, de la télé. Mais son opiniâtreté alliée à un vrai talent (même si certains préfèrent l’oublier, c’est quand même la base), lui a progressivement ouvert toutes les portes. Pourquoi lui et pas un autre?

 

 

« C’est pour tout comme cela, je pense », admet-il lucidement sur le ton calme et pondéré qu’il affectionne. « J’ai des amis qui sont sortis en même temps que moi de l’université et qui n’ont jamais trouvé le moindre travail intéressant alors qu’ils ont une licence. J’en ai d’autres qui n’ont pas terminé la 6e secondaire et qui n’arrêtent pas de bosser parce qu’ils ont l’énergie pour le faire. Ce phénomène je l’ai aussi vécu au théâtre: dans ce milieu, il y a des gens qui passent leur vie à se morfondre. Et qui ne font rien. Je crois que le cinéma, c’est exactement la même chose. Il y a ceux qui pensent que ça ne vaut pas la peine de se battre et d’autres qui commencent par faire des films avec des bouts de chandelles , qui font des courts métrages avec l’aide de comédiennes, de comédiens et de techniciens qui ont envie d’aider. Le cinéma c’est d’abord une affaire de passion. Si avez la passion pour le faire, quoi qu’il se passe vous arriverez au bout de ce projet. Je crois que ça se voit, les gens le sentent. Et ils ont parfois envie de vous suivre. La passion, c’est la clef.  »

 

La passion, oui, mais elle n’est quand même pas suffisante. Et puisqu’il ne le dira pas lui-même, avouons que ce sympathique humaniste est également un homme intelligent et opiniâtre, qui a peaufiné son art au fil du temps. Il ne suffit pas toujours de vouloir. Il faut aussi pouvoir. Et dès qu’on lui parle, on sent vite qu’Ismaël peut.

 

 

De fil en aiguille, d’expériences minimalistes en succès-surprises, il a affiné sa démarche au  point de proposer un scénario qui a immédiatement séduit un producteur en vue, Jean-Yves Roubin (Frakas). Mais surtout, sur base de ses précédentes réalisations et de son discours captivant, il a convaincu celui-ci de se battre pour lui permettre de réaliser un premier long métrage de cinéma dans des conditions très favorables.

 

Le résultat? On le découvrira dans quelques mois seulement, mais l’expérience que chacun a vécue sur le plateau est déjà une réussite: de l’avis général, Ismaël a « assuré », sûr de son propos de sa vision, mais toujours à l’écoute.

 

 

Moroccan Gigolos va donc entrer en montage puis en phase de postproduction. Dire qu’on est impatient de voir sur grand écran cette vraie comédie qui ne se prend pas le chou mais cherche surtout à nous faire rire est un euphémisme. Surtout qu’au-delà de l’histoire un autre atout du film nous plaît beaucoup : certes le trio de base est composé d’un black, d’un blanc et d’un beur, mais ils sont là pour leur personnalité et leur couleur aurait pu être interchangeable. Il est urgent de caster les gens pour autre chose qu’une appartenance ethnique qui serve l’intrigue. Vive la vraie multiculturalité qui ne se fonde pas sur des revendications toujours un peu intégristes.

 


Comédie résolument populaire et dans l’air du temps, Moroccan Gigolos a attiré les convoitises de quelques distributeurs très côtés. Au Canada, le projet génère déjà beaucoup de presse. Il faut dire que Guylaine Tremblay (photo ci-dessous) et François Arnaud (un des trois lascars) qui jouent des rôles en vue sont de véritables stars là-bas.

 

 

Idem pour le français Eddy King qui est connu au Canada pour ses one man shows. Côté belge, on pourra compter sur Astrid Whettnall et sur le duo formé par le réalisateur et l’intenable Reda Chebchoubi pour alimenter la pompe médiatique. La production a d’ailleurs beaucoup d’idées croquignolesques pour mettre le film en évidence.

On en reparle très vite…

 

 

 

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