Fils Unique
Un goût de Miel

Après un impressionnant parcours qui l’a conduit des Film Days (Cinevox Happenings)  au FIFF namurois, puis dans divers festivals dont celui d’Arras, où il a décroché le Prix du Jury jeune Cinéma, Fils Unique est enfin arrivé dans nos salles le 15 février.  Une sortie un peu trop confidentielle pour un film qui mérite mieux, comme nous vous le disions ICI.

Son réalisateur, Miel Van Hoogenbemt, est un homme passionné, un personnage atypique, aussi fermement ancré dans le paysage audiovisuel du sud que du nord du pays. Un étonnant self made man.

 

 

 

[Miel avec le jeune jury qui l’a récompensé à Arras]

 

Contrairement à beaucoup de ses confrères, Miel n’a jamais suivi de cursus scolaire dans une école spécialisée dans le cinéma… par contre il y enseigne depuis de longues années. Surprenant, non?

Bruxellois et parfait bilingue, notre homme tourne trois courts métrages avant de devenir, à la télévision, le réalisateur de Cijfers en Letters. L’adaptation flamande du fameux jeu de France télévision est animée par Zaki, une star au nord du pays, par ailleurs papa des frangins Dewaele (Soulwax, 2 many DJ’s).

 

Après cette période où il voyait régulièrement les deux futures stars de la musique débouler en short dans le studio, Miel a participé au soap ‘Wittekerke’. C’est là, reconnaît-il, qu’il a façonné son style et sa rigueur, en travaillant avec des acteurs et en tournant sur une base quotidienne. Plus tard, il a collaboré à ‘Het Huis Anubis’, une série pour la jeunesse et à la série policière ‘Aspe’ (du nom du célèbre écrivain flamand qui a inventé l’inspecteur Pieter Van In qui aimait trop la Duvel et la magistrate Hannelore Martens)

 

 

C’est en Wallonie que Miel Van Hoogenbemt entamera pourtant sa carrière filmographique avec Miss Montigny (photo ci-dessus) qui révéla Sophie Quinton. Sophie y incarnait Sandrine, une jeunette qui rêve d’ouvrir son salon d’esthétique.

Persuadée que si elle est un peu plus connue, l’accès à la vie professionnelle sera plus simple, elle décide de participer à un concours de Miss. Car pour percer, il faut se battre et Miel Van Hoogenbemt le sait mieux que personne: avant de passer l’épreuve du long, il a déjà réalisé dix documentaires ( 2 courts, 5 moyens et 3 longs métrages). Un bel exemple de stakhanovisme à la belge !

 

Parce qu’il aime sa liberté, Miel se lance alors dans un projet assez différent: Man Zoekt Vrouw (Pas sérieux s’abstenir) est une comédie romantique réalisée en flamand. Il s’agit en fait du premier long métrage dont il a eu l’idée et qui fut écrit par Pierre De Clercq (Hasta la Vista) et Jean Claude van Rijckegem (Moscow, Belgium). On y retrouve notamment Jan Decleir, la grande star du nord du pays, dans le rôle d’un directeur d’école qui termine sa carrière. Son épouse est morte quelques années et il vient de se faire plaquer par sa maîtresse. Comme un malheur n’arrive jamais seul, sa femme de ménage le laisse en plan pour retourner chez elle en Roumanie. Avec l’aide d’un voisin, il décide alors de chercher une femme pour commencer une nouvelle existence. Savoureux.

 

Après cette expérience couronnée d’un joli succès public, Miel revient au cinéma francophone et retrouve au passage une rayonnante Sophie Quinton qui a bien grandi. Il écrit Fils Unique avec  le scénariste Dominique Sampiero, connu pour son travail avec Bertrand Tavernier sur des films comme Holy Lola ou Ca commence aujourd’hui. Et naturellement, il le réalise.

 

Le Fils Unique, en question, c’est Vincent: il a 40 ans et habite seul avec sa fille Lucie. Il est photographe, mais gagne sa vie en faisant le taxi. Tant bien que mal, il va de l’avant, mais les circonstances l’amènent à revoir son père avec qui il n’a plus de contacts depuis dix ans et qu’il supporte mal. Une rencontre qui, inexorablement, le replonge au cœur de son enfance torturée.

 

 

Produit par Entre chien et Loup avec le soutien de la fédération Wallonie/Bruxelles de Belgique, Fils Unique a été essentiellement tourné dans la région lilloise avec un casting percutant: Patrick Chesnais, comédien omniprésent devenu « culte » avec l’indispensable Je ne suis pas là pour être aiméItsik Elbaz qui incarne le même personnage une trentaine d’années plus tôt, Amir Ben Abdelmoumen (photo ci-dessus), qui campe Vincent, le fils donc, quand il est encore enfant. Un enfant qui prendra ensuite les traits de Laurent Capelluto (les deux sont réunis ci-dessous). L’acteur bruxellois marque  les esprits par une prestation tout en retenue, sobre et forte. Bouleversante.

 

[© EDGN photo]

 

Le line-up féminin est tout aussi croustillant puisque, outre Sophie Quinton, Miel a convié à sa fête Anna Galiena, Désirée Nozbush, Fanny Valette et Tania Garbarski.

 

[© EDGN photo]

 

Un peu avant sa sortie, Fils Unique a eu droit à une nouvelle avant-première passionnée au Vendôme bruxellois (les deux dernières photos) : invités en pagaille, spectateurs ravis. Cette ultime soirée de gala avant la grande sortie tant attendue a été une franche réussite.

Depuis le 15 février, le film vit dorénavant sa propre existence en salles et cherche à se faire une petite place au soleil au sein de cet hiver glacial. Une ambition que vous êtes les seuls à pouvoir transformer en succès. Allez-y ! Le film risque bien de vous remuer les tripes, mais il vous laissera surtout des souvenirs poignants…

 

 

La bande-annonce de Fils Unique est visible ici

Trois extraits sont à découvrir ici, ici et ici.

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