FIFF 2013 : Marion nous offre un peu de Tendresse

On serait tenté de démarrer sur l’adage : « un peu de tendresse dans ce monde de brutes », mais ce serait faire fi du contexte namurois et d’un festival qui ne ménage pas ces petits instants d’intimité et de bonheur. Sur les écrans et en dehors. Au FIFF, hors du temps, dans un cocon confortable, on  est loin de la hargne qui anime trop souvent nos congénères. Même les visions de presse y sont souriantes et bienveillantes. C’est dire le climat inhabituel ;-).

(Photos PP/Cinevox 2013)

 

 

 

Dans les différentes sections, les organisateurs ont également accumulé les moments apaisés, doux et réconfortants, les films où les gens vont les uns vers les autres se rencontrent, se parlent, se découvrent avant de se juger et de se jeter à la tête les pires méchancetés dénuées de tout fondement. On pense à Henri par exemple, à Lulu Femme nue, aux Conquérants aussi, ou naturellement à la Tendresse, nouveau long métrage de Marion Hänsel qui nous emmène dans un trip inhabituel entre Bruxelles et les Alpes, sans la moindre hargne, un voyage aller-retour entre ex-conjoints, porté par une écriture moelleuse et des acteurs qui sourient plutôt que de grincer des dents. Il y a eu de l’amour entre ces personnages. Sans doute de la colère. Aujourd’hui ne subsiste qu’une profonde… tendresse ; mais oui.

S’ils sont réunis à nouveau, c’est parce que leur fils est hospitalisé en France suite à un grave accident de ski. Aller le rechercher ensemble leur semble naturel.

 

 

« Ce prétexte suffit-il à faire un film ? », se demande déjà une partie de la critique, moins bienveillante que Marion. La réponse est pourtant évidente : bien sûr ! Tout suffit à faire un film : le désir d’un auteur, le regard d’un(e) cinéaste, la volonté de comédiens justes, touchants, sensibles, de porter le projet.

 

Depuis le départ, Marion avait des doutes sur la façon dont le public allait recevoir cette invitation à la douceur. À Namur, il semble sous le charme. Ce sera naturellement plus compliqué dans le circuit commercial où il faut déclencher chez le spectateur l’envie de sortir de chez lui d’abord, puis le choix d’aller s’immerger dans un bain de tendresse plutôt que dans un film qui développe des enjeux plus dramatiques.

 

 

L’émission Home Cinema de BeTV que vous pouvez voir sur notre site (ICI) est un excellent préalable si vous n’êtes pas certain de votre envie. Face à Marion Hänsel et à son acteur principal Olivier Gourmet, Fabrice du Welz parvient à mettre en évidence les attraits d’un film qui repose sur sa sincérité, sa sérénité et ce qu’il raconte sur nous, êtres humains, qui avons d’autres options que de nous déchirer bêtement, pour rien, tout le temps.

 

On se souvient de Jackie Berroyer qui, sur le plateau de Mobile Home de François Pirot, s’enthousiasmait de tourner dans un film qu’il aimait, mais qu’il n’aurait jamais cru possible de mettre sur pied, un film ténu, « où il ne se passe rien, mais où tout est important ». On pourrait dire la même chose de La Tendresse. Sauf qu’ici, c’est la réalisatrice elle-même, également productrice, qui a porté le projet devant les financiers et obtenu un budget qu’on devine étriqué, mais suffisant pour qu’elle puisse raconter ce moment de vie (en partie autobiographique) qu’elle avait envie d’immortaliser et de nous faire partager.

 

 

Un film personnel donc, humain, sensible, qui s’adresse sans doute en priorité à un public qui a dépassé la quarantaine et qui a déjà un peu vécu. À voir pour sa douceur et pour un couple d’acteurs qui risque de rester comme une évidence dans nos souvenirs : Marilyne Canto et Olivier Gourmet, juste sobres et touchants… Marilyne Canto nous expliquait sur le tournage qu’ils se connaissaient bien, mais « n’avaient jamais été ensemble ». Dommage, serait-on tenté de penser aujourd’hui…

 

 

 

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