Festival de Cannes : l’agenda des Belges

Le Festival de Cannes a donc démarré en fanfare avec La Tête Haute, en sélection officielle, projeté mercredi soir. Un film dans lequel nous retrouvons Catherine Salée, grand porte-bonheur cannois ces dernières années.

Mais Catherine ne sera évidemment pas la seule Belge à l’affiche du Festival.

Maintenant que les différents programmes sont officiels, voici le petit agenda des Belges sur la Croisette.

 

[Photo d’ouverture : © J.P.Malherbe/N.L.P]

 

 

 

Samedi, Matthias Schoenaerts croisera peut-être Jérémie Renier sur la plage du Majestic: le premier viendra présenter Maryland à Un Certain regard. Il incarne un ancien soldat dans Maryland de la Française Alice Winocour, coproduit en Belgique par Scope pictures.

Souffrant de syndrome post-traumatique, il se retrouve chargé de la protection de la femme et de l’enfant d’un riche homme d’affaires libanais, en l’absence de ce dernier. Sacré défi quand on sait que la dame en question est incarnée par la délicieuse Diane Kruger.

 

 

 

Jérémie Renier sera, pour sa part, à la Semaine de la critique puisqu’il est l’acteur principal de Ni le Ciel, ni la terre de Clément Cogitore, un film étrange qui nous plonge en Afghanistan. À l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan.

Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Par une nuit de septembre, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

Le film est coproduit chez nous par Tarantula.

 

 

 

Dimanche, ce sera bien sûr la journée de Jaco van Dormael avec tous ses fidèles de Thomas Gunzig à Benoit Poelvoorde en passant par François Damiens, Pili Groyne, Yolande Moreau ou Catherine Deneuve. Sans oublier son courageux coproducteur Olivier Rausin (Climax) qui a beaucoup bataillé (et bataille encore) pour permettre à ce film de se monter.

Le retour du grand Jaco à la Quinzaine est attendu par tout le monde, d’autant que les premières rumeurs font état d’un film complètement dingue. À l’image d’un pitch que vous commencez à connaître : Dieu existe. Il habite à Bruxelles. C’est un salaud. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille.

Sa fille, s’appelle Ea. Elle a dix ans. Pour se venger, avant de s’enfuir de cet enfer familial, elle balance sur Internet les dates de décès de tout le monde…
Autant dire qu’on va beaucoup entendre parler de ce film au casting incroyable. Jaco is back et on est très contents !

 

 

 

 

François Damiens sera d’ailleurs deux fois à l’honneur à la Quinzaine des réalisateurs puisque Les Cow Boys du Français Thomas Bidegain y est également sélectionné.

Le film partira d’un rassemblement country western quelque part dans l’est de la France. Alain est l’un des piliers de cette communauté. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans sous l’œil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Mais ce jour-là Kelly disparaît. La vie de la famille s’effondre.

Dans ce premier film en tant que réalisateur d’un des scénaristes vedettes du cinéma français, François Damiens donnera la réplique à Finnegan Oldfield, Agathe Dronne et John C. Reilly. Mais aussi à Sam Louwyck, Amaryllis Uitterlinden et Robbie Cleiren

Les Cowboys est coproduit chez nous par Jean-Pierre et Luc Dardenne via Les Films du Fleuve et la société belge Lunanime.

 

 

Mercredi 20 mai, La section Un certain regard accueillera une coproduction belge, supervisée ici par Saga Film. Je suis un soldat met en vedette Louise Bourgoin, Jean-Hugues Anglade et Laurent Capelluto, un des meilleurs comédiens belges, par ailleurs Magritte 2014 du meilleur second rôle pour le temps de l’aventure.

Le premier long métrage du Français Laurent Larivière a été tourné en partie en Belgique avec pas mal de comédiens belges à l’affiche: Laurent Capelluto donc, mais aussi Philippe Résimont, la chanteuse Stéphanie Blanchoud, Jean-Benoit Ugeux, Pierre Lekeux, Ludivine Meulemans, Thibaud Paligot, Nicolas Janssens, Olivier Englebert, Bernard Eylenbosch, Geoffrey Boissy, Vincent Collin, Bernard Sens ou Nassim Ben Abdelmoumen. Et pleins de figurants recrutés par Anne Jacques.

Louise Bourgoin y est Sandrine, trente ans, qui découvre la précarité après avoir perdu son job et accepte de travailler dans le chenil de son oncle qui est en fait une plaque tournante d’un immonde trafic de chiens venus de l’est.

Le scénario était fulgurant. Le film que les cinéphiles belges découvriront à laNuit du Palmarès Magnum devrait être à la hauteur…

 

 

Le dernier acteur belge à l’affiche du festival fera ses premiers pas en sélection officielle. Marc Zinga, Magritte du meilleur espoir masculin 2015 pour sa prestation dans Les Rayures du Zèbre et qu’on verra bientôt dans le nouveau James Bond est une des vedettes de Dheepan, le nouveau long métrage de Jacques Audiard (De Rouille et d’os).

Le thème est particulièrement brûlant puisque Dheepan est un combattant de l’indépendance tamoule, un Tigre. La guerre civile touche à sa fin au Sri Lanka, la défaite est proche et le soldat décide de fuir. Il emmène avec lui une femme et une petite fille qu’il ne connaît pas, espérant ainsi obtenir plus facilement l’asile politique en Europe.

Arrivée à Paris, cette « famille » vivote d’un foyer d’accueil à l’autre, jusqu’à ce que Dheepan obtienne un emploi de gardien d’immeuble en banlieue. Il espère y bâtir une nouvelle vie et construire un véritable foyer pour sa fausse femme et sa fausse fille. Bientôt cependant, la violence quotidienne de la cité fait ressurgir les blessures encore ouvertes de la guerre. Le soldat Dheepan va devoir renouer avec ses instincts guerriers pour protéger ce qu’il espérait voir devenir sa « vraie » famille.

Chaud, non? Prometteur en tous cas.

 

 

D’autres longs métrages coproduits en Belgique sont également au programme de la fête cannoise : Love de Gaspard Noe, Valley of love de Guilaume Nicloux et Marguerite et Julien de Valérie Donzelli sont tous coproduits ( comme Maryland) par Scope Pictures qui avait déjà raflé la Palme d’Or en 2013 avec La vie d’Adèle.
Damien Keyeux, Magritte 2015 du meilleur montage pour La Marche, sera lui aussi à Cannes.  C’est lui qui a signé le montage du film de Nabil Ayouch, Much Love, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.

 

 

Cette année encore, notre pays sera représenté en sélection officielle dans la catégorie « Court métrage », une section étriquée avec neuf films retenus parmi les milliers reçus : Copain de Jan et Raf Roosens concourra donc pour la Palme d’Or de sa catégorie.

Le paradis (Het paradijs) de Laura Vandewynckel est pour sa part invité dans la section Cinéfondation du festival.

 

Copain c’est l’histoire de Fré, un adolescent qui se sent écartelé entre deux mondes, celui de ses parents, aisés et conservateurs, et celui de ses amis, originaires d’un lotissement social. Il parvient à garder chacun de ces univers bien séparés, jusqu’à ce qu’il tombe amoureux… Les rôles principaux sont interprétés par Felix Meyer, Anne-Laure Vandeputte, Hicham Mallouli, Desmond Badu, l’incontournable Jan Hammenecker et Jeanne Dandoy, déjà vue dans Rudskop.

Projection cannoise le samedi 23 mai.

 

 

 

Le paradis est une réflexion critique sur le tourisme et l’immigration. Il suit des individus dans leur quête de l’endroit idéal qui les mène du nord au sud et du sud au nord. Et même si leurs chemins se croisent, ils ne se rencontrent jamais vraiment.

Laura Vandewynckel a tourné Le paradis alors qu’elle était encore étudiante au RITS à Bruxelles. Le film lui a déjà valu une Wildcard du VAF en fin d’année dernière et le prix de la Sabam au festival Anima.

À Cannes, le film sera projeté le vendredi 22 à 11h, quelques heures avant la proclamation des résultats de la Cinéfondation

 

 

 

Tous ceux qui assisteront à la nuit du Palmarès le 24 mai le découvriront juste après la diffusion en direct et sur grand écran de la remise des récompenses cannoise et tout particulièrement celle de la Palme d’Or.

Quelle que soit la salle dans laquelle ils se trouveront…

Pour en savoir plus sur cette très cinéphile soirée qui se déroulera dans cinq cinémas du pays (15 salles !), voyez ICI et n’hésitez pas à rejoindre la page officielle de l’événement qui vous tient informés au fil de la journée de tout ce qu’il faut savoir sur le Festival 2015.

 

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