Pour faire court, notre sélection belge.

Tous les courts métrages belges en compétition au FIFF ont été présentés samedi en rafale : quatre séances de six films, vingt-quatre en tout. Soit plus de huit heures de découvertes.

Un jury de cinéphiles professionnels (photo ci-dessous) remettra deux prix à l’issue de la semaine. Il est dirigé par l’acteur, scénariste et réalisateur français Grégoire Colin et composé de Gerlando Infuso, réalisateur belge, Marie-Elsa Sguakdo, réalisatrice suisse qui a remporté le Bayard d’or du meilleur court de la section internationale l’an dernier, Miguel Valverde programmateur portugais et Erika Sainte, Magritte 2012 du meilleur espoir féminin pour sa performance dans Elle ne pleure pas elle chante.

 

(photo FIFF) 

 

Dans cette sélection intense, Cinevox a très subjectivement décidé de mettre en avant quelques coups de cœur. Une sélection qui ne présage en rien du palmarès, mais se base aussi en partie sur les réactions d’un public très nombreux qui a pris d’assaut le Palais des Congrès pendant toute la journée.

 

On l’attendait, il ne nous a pas déçu. Matthieu Donck a cassé la baraque avec Partouze. Tout y est réussi : l’histoire improbable, l’ambiance désopilante et l’interprétation chorale d’Anne-Pascale Clairembourg, Catherine Salée, Ingrid Heiderscheidt, Jean-Benoît Ugeux, Yoann Blanc, Erico Salamone. On en retiendra entre autres L’IMAGE de la journée.

 

 

 

Il y avait peu de franches comédies dans la sélection, mais elles ont fait mouche. Welkom de Pablo Munoz Gomez, film de fin d’études a épaté la galerie. Il faut dire qu’il est servi par un casting en or :  Jean-Jacques Rausin, Wim Willaert, Simon André. Et une poule aussi. Au service d’une idée en or, bien développée.

 

 

On peut faire rire aussi avec un documentaire. La preuve avec Au plus haut des cieux de Quentin Piron qui s’attache à Alphonsine, une petite dame carolo de 78 ans au caractère bien trempé. Ou comment faire rire avec des choses finalement très tristes.

 

 

On en parle depuis quelques mois et Electric Indigo n’a pas déçu. Jean-Julien Collette y développe un univers très personnel et une histoire qui mériterait plus de temps et moins de voix off. Le réalisateur devrait en faire un long. C’est une très belle idée. Avec Christelle Cornil, Tony Denman, Rubén Tomás, Jean Collette, Céline Peret.

 

 

 

Au rayon des drames, on retiendra sûrement Mouettes de Zeno Graton qui détonne par un sens de la mise en scène exaltant. Le sujet est moins original sans doute, mais son traitement, l’interprétation et un plan séquence épatant emporte l’adhésion. Avec Judith Williquet (une des jeunes comédiennes mise en vedette par le FIFF cette année), Damien Chapelle et Radenko Stupar.

 

 

 

La sélection proposait quelques films d’animation assez réussis. On en retiendra deux : l’hilarant et ultra court La vie Sexuelle des dinosaures de Delphine Hermans et le très bluesy et formellement captivant Betty’s Blues de Rémi Vandenitte, notre coup de cœur de la catégorie.

 

 

 

 

Plusieurs acteurs étaient présents dans plusieurs courts. Wim Willaert par exemple ou Sam Louwijck. Mais dans le genre, notre mention spéciale va à Fabrice Adde qu’on voit bien trop rarement sur grand écran. Le jeune cambrioleur d’Eldorado a offert ici deux performances enthousiasmantes. Il incarne un fermier confronté à la fin d’une époque dans Le Conseiller et un illuminé ( ?) dans Galia dont le thème évoque furieusement Take Shelter de Jeff Nichols.

 

 

 

 

Beaucoup de courts métrages souffrent de l’absence d’une chute. Ce n’est pas le cas de la première réalisation de Marc Zinga qu’on verra bientôt dans Akwaba de Benoit Mariage. Son Grand Garçon dans lequel il côtoie Laurent Capelluto, Nora Tsibidas, et Christiane Van Loey joue avec une idée très inattendue et finalement assez déroutante. Bien joué. Dans tous les sens du terme (mais avec ce casting-là, on était rassuré)

 

 

Certains courts souffraient d’une absence de contenu ou de tension, voire d’intérêt, mais aucun de ceux retenus samedi ne juraient par la direction d’acteurs. L’idéal étant d’exceller sur tous les tableaux. On retiendra ainsi deux rencontres : celle de Jérémie Renier (mais oui) et du jeune Gary Seghers pour un Intus noir, claustro, captivant et formellement abouti ainsi que celle du français Aurélien Labruyère et du remuant Kaspar Vogler qui signe un incongru Plutôt la Vie plein d’idées et de trouvailles.

 

 

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