« Effacer l’historique »: les maux modernes

« Fuck les GAFA ». C’est sous ce cri de ralliement que les héros d’Effacer l’historique, le nouveau film de Benoît Delépine et Gustave Kervern partent en guerre contre l’aliénation numérique qui régit leurs vies. 

« C’est pire qu’un bracelet électronique cette merde, »  déclare avec le verbe haut qu’on lui connaît Corinne Masiero. Corinne, c’est Christine, chauffeuse VTC remontée contre ses clients qui s’obstinent à ne pas lui donner d’étoiles. Elle traine ses guêtres, ses mini bouteilles d’eau et ses bonbons à la menthe autour du rond point du Lidl, celui qu’elle a conquis du temps des Gilets Jaunes, avec ses camardes de circonstance, Bertrand et Marie.

Bertrand (Bruno Podalydès), veuf un peu paumé, tente de faire son deuil en courtisant au téléphone une mystérieuse opératrice de call center, tout en essayant tant bien que mal de soutenir sa fille adolescente, victime de harcèlement sur Facebook. Quant à Marie… Pas franchement remise d’un divorce qui la laisse sur la paille dans une maison vide, dans sa chambre vide (des meubles qu’elle revend un à un pour gagner un peu d’argent), elle se retrouve victime improbable d’un chantage à la sextape mené par un étudiant en commerce – le toujours nonchalant Vincent Lacoste. Dans le rôle de Marie, Blanche Gardin trouve un premier grand rôle au cinéma à la hauteur de son talent comique.

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Mais qui donc peut aider les trois compères à faire face à l’hydre sans tête que représente les GAFA? Qui, à part Dieu peut-être? Enfin, Dieu… dans le rôle de God, on retrouve Bouli Lanners, pirate divin, hacker providentiel qui oriente nos héros vers les data centers, forteresses numériques que Marie et Bertrand se mettent en tête d’aller prendre, dans un assaut final qui n’est pas sans rappeler l’absurde quête, l’impossible rêve de Don Quichotte. Autant de minuscules créatures en lutte contre des moulins à vent…

Une fois de plus, Kervern & Delépine s’attaquent aux plaies et blessures de la vie moderne, une vie de petits boulots, d’addiction numérique, de dettes, d’impôts, de crédits, d’abonnements, d’assurances, de mutuelles, de Vinted et de Bon Coin… Une vie dématérialisée pourtant obsédée par les biens matériels. En plus de Bouli Lanners, les réalisateurs ont également fait appel à un autre comédien belge dont ils partagent le sens de l’absurde, Benoît Poelvoorde, dont on vous laissera découvrir par vous-mêmes la truculente apparition.

Effacer l’historique sort ce mercredi 26 août en Belgique et en France.

 

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