2016: du court au long, la relève est dans la place

2016, c’est presque fini! En cette dernière semaine, on revient sur l’année du cinéma belge en 6 moments marquants…

Episode 2.

 

 

 

 

 

Le 17 février 2016 sort dans les salles belges Parasol, le premier long métrage de Valery Rosier. Valéry Rosier s’est fait remarquer quelques années auparavant avec Dimanches, un court métrage primé aux Magritte, où le réalisateur trace déjà le sillon d’un cinéma qui oscille entre réalité et fiction, au plus près de « vrais » gens filmés avec acuité et bienveillance, transformant en héros du quotidien des personnages un peu perdus qui comme par magie redeviennent maîtres de leur destin.

Parasol est un premier long qui vient donc confirmer les espoirs placés en un jeune réalisateur qui a fait ses marques depuis quelques années dans le court métrage, comme ce sera le cas quelques semaines plus tard pour Guillaume Senez, Xavier Seron ou Rachel Lang. Avec Keeper, Guillaume Senez livre un premier film pudique et délicat sur une grossesse adolescente, qui a notamment la vertu de se pencher en profondeur sur le jeune père en devenir, tiraillé entre ses pulsions adolescentes, sa possiblement prometteuse carrière de gardien de foot, et cette responsabilité soudaine qui s’abat sur lui sans qu’il ait rien demandé. Le film est sublimé par de jeunes interprètes sidérants de justesse, Kacey Mottet-Klein et Galatea Bellugi.

keeper

Xavier Seron livre en mai avec Je me tue à le dire un film aussi excessif que son noir et blanc est contrasté. Mais c’est justement ces excès qui le rendent enthousiasmant, cette façon décomplexée d’essayer, quitte parfois à échouer. Il ose toutes les folies : les jeux de mots, l’humour potache, les malaises gênants, les caricatures cinglantes, et surtout, un rapport à l’intime qui flirte souvent avec le trivial. Cette dissection de l’intimité de ses personnages passe par une approche esthétique particulièrement appuyée, et un casting des plus affutés. Dans le rôle principal, on retrouve Jean-Jacques Rausin, qui trouve ici un véritable écrin à sa la folie douce, et compose un grand héros pathético-comique, sorte de Michel Blanc trash.

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Deux semaines plus tard, on découvre Baden Baden de Rachel Lang, qui avait marqué les esprits avec Pour toi je ferai bataille et Les Navets Blancs empêchent de dormir. Pour son premier long, elle retrouve son héroïne préférée, la comédienne Salomé Richard, qui incarne ici Ana, jeune fille un peu paumée, qui fuit le plateau de tournage sur lequel elle bosse pour aller accompagner sa grand-mère grabataire, et se fixe un défi de taille: remplacer sa baignoire par une douche. De cette trame ténue Rachel Lang déploie le temps d’un été un récit à la fois drôle et touchant, peuplé d’âmes solitaires qui se croisent et se décroisent, un film léger et attachant comme une longue soirée d’été.

BadenBaden

Quatre premier films, quatre réalisateurs attendus au tournant de ce rite de passage, et qui ont largement confirmé les espoirs placés en eux. La relève est assurée.

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