Cinéma belge: Flashback 2023, 1ère partie.

2023, quelle année pour le cinéma belge! Des sorties comme s’il en pleuvait, des prix en veux-tu en voilà. Il est temps de jeter un rapide coup d’oeil dans le rétroviseur…

JANVIER

La saison des prix commence en beauté avec le Prix Lumière de la Meilleure Actrice décerné à Virginie Efira pour son rôle dans Les Enfants des Autres de Rebecca Zlotowski. On prend à ce moment-là les paris que la saison des prix de la comédienne sera sera riche en récompenses, tant elle a brillé sur les écrans noirs l’année précédente.

Le 25 janvier, autre nouvelle d’envergure avec la sélection dans la dernière ligne droite pour l’Oscar du Meilleur film étranger pour Close, deuxième long métrage de Lukas Dhont, qui fera le déplacement à Los Angeles avec son équipe, dont Emilie Dequenne.

A la même date, sortie de Grosse colère et fantaisies, nouveau programme de courts métrages pour les tous petits piloté par le prolifique Arnaud Demuynck.

FEVRIER

En ce premier jour du mois, on retrouve Stéphanie Blanchoud à l’affiche du nouveau percutant film d’Ursula Meier, La Ligne. Le 22 février, c’est au tour de Marie Gillain d’être à l’affiche des Choses simples d’Eric Besnard avec Lambert Wilson et Grégory Gadebois. Les deux comédiennes nous parlent de leur rôle, ici et ici.

Le 22 février, l’Olympia avait un petit goût de Belgique pour la 48e Cérémonie des César. « Je viens de Liège quand même! » s’est exclamé Bouli Lanners en recevant la statuette du Meilleur acteur dans un second rôle pour La Nuit du 12, grand gagnant de la soirée, coproduit en Belgique par Versus Production. Quelques minutes plus tard, c’était au tour de Virginie Efira de monter sur la scène de l’Olympia pour recevoir (enfin!) le César de la Meilleure actrice, pour Revoir Paris d’Alice Winocour.

MARS

Quelques jours plus tard, on prend les mêmes et on recommence pour la 12e édition des Magritte du Cinéma. Bouli Lanners revêt sa couronne de roi incontesté de la Cérémonie, remportant les Prix du Meilleur film et de la Meilleure réalisation pour Nobody Has to Know, ainsi que le Prix du Meilleur acteur pour La Nuit du 12, qui remporte en passant le Prix de la Meilleur coproduction. Virginie Efira remporte quant à elle un nouveau Magritte de la Meilleure actrice pour Revoir Paris. Close est l’autre grand gagnant de la soirée avec les Prix du Meilleur film flamand, scénario, acteur dans un second rôle, actrice dans un second rôle, espoir masculin, image et décors. Rien à foutre d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre remporte les Prix du Meilleur premier film, du montage et des costumes. Notons enfin que Sophie Breyer remporte le Magritte du Meilleur espoir féminin pour La Ruche. On vous dit tout sur le palmarès ici.

Passée la saison des prix arrive celle des sorties. Le 15 mars, on découvre Ailleurs si j’y suis, avec Jérémie Renier, nouveau film de François Pirot qui revient après son prometteur Mobile Home. Le 22 mars, c’est au tour de Dalva, premier long métrage d’Emmanuelle Nicot (qui nous livre ici ses Rituels), découvert et primé à Cannes l’année précédente, à la Semaine de la Critique.

Le mois de mars voit également disparaître deux grands noms du cinéma belge. Raoul Servais, pionnier du cinéma d’animation, première Palme d’Or du cinéma belge avec Harpya, Lion d’Or à Venise pour Chromophobia, inventeur de la servaisgraphie. Puis le comédien flamand Johan Leysen, vu notamment chez Marion Hänsel, mais aussi dans Le Tout nouveau testament, Tueurs, Pandore.

Fin mars, le 29, on retrouve l’immense Lubna Azabal dans Le Bleu du Caftan, de Maryam Touzani, dont elle nous parle ici.

AVRIL

Le 5 avril sort L’Employée du mois, premier long métrage de Véronique Jadin, comédie au vitriol sur le monde de l’entreprise, le patriarcat, les privilèges, qui n’hésite pas à pousser les curseurs toujours plus loin.

Le 13 avril tombe les premières annonces concernant le Festival de Cannes 2023. Surprise et joie: Augure, premier long métrage de Baloji, a les honneurs de la Sélection officielle, rien que ça. Le film sera montré dans la section Un certain regard. La suite est tout aussi réjouissante, puisque l’on apprend la sélection de Il pleut dans la maison, premier long métrage de Paloma Sermon-Daï (Petit Samedi) et du nouveau film d’Ann Sirot et Raphaël Balboni Le Syndrome des amours passées à la Semaine de la critique, ainsi que de L’Autre Laurens de Claude Schmitz et de Mambar Pierrette de Rosine Mbakam à la Quinzaine des Cinéastes.

Le 19 avril sort Temps Mort, premier long métrage d’Eve Duchemin (Magritte du Meilleur documentaire pour En bataille). Au générique du film brillent Karim Leklou et Issaka Sawadogo, ainsi qu’un jeune comédien belge dont c’est le premier rôle, Jarod Cousyns. C’est également le dernier rôle fort de l’acteur flamand Johan Leysen, disparu quelques jours plus tôt, et l’on retrouve également la comédienne Babetida Sadjo, qui nous donne une longue interview à cette occasion – tout comme Catherine Salée, qui nous parle elle du très beau film de Cristèle Alves Meira, Alma Viva.

MAI

En amont de l’effervescence cannoise, deux belles sorties belges se taillent une place sur les écrans: Tengo sueños eléctricos, premier long métrage de la talentueuse Valentina Maurel (écoutez ici ses Rituels), trois fois primé l’été précédent à Locarno, sort le 3 mai. Le Paradis, premier long métrage de Zeno Graton, découvert en février au Festival de Berlin, sort le 16 mai. On en parle ici avec le jeune comédien Khalil Gharbia. Le même jour sort Le Voyage de Talia, de Christophe Rolin, découvert l’année précédente au BRIFF. On en parle ici avec son héroïne Nadège Bibo-Tansia. Sort également Le Cours de la vie, nouveau film de Frédéric Sojcher, avec Jonathan Zaccai et Agnès Jaoui.

En fin de Festival de Cannes tombent les bonnes nouvelles: Il pleut dans la maison remporte le Prix du Jury à la Semaine de la Critique, tandis que Augure de Baloji remporte celui de la Nouvelle voix dans la section Un certain regard. Retrouvez nos interviews sur la Croisette avec le casting d’Augure (Marc Zinga, Yves-Marina Gnahoua et Eliane Umuhire), avec l’équipe de Il pleut dans la maison (la réalisatrice Paloma Sermon-Daï et ses comédien·nes Purdey et Makenzy Lombet), mais aussi avec Claude Schmitz (pour L’Autre Laurens), Rosine Mbakam et Pierrette Aboheu pour Mambar Pierrette et l’équipe du Syndrome des amours passées, Ann Sirot & Raphaël Balboni, ainsi que Lucie Debay et Lazare Gousseau.

JUIN

Benoît Mariage est de retour avec Habib la grande aventure, comédie facétieuse et mélancolique, fable contemporaine sur un jeune comédien tiraillé par ses identités multiples. Le cinéaste wallon est l’invité de notre capsule.

Le 27 juin débute la 6e édition du Brussels International Film Festival, lors de laquelle se tient une riche Compétition Nationale. L’occasion de découvrir en avant-première belge deux films de la cuvée cannoise, Le Syndrome des amours passées, ainsi que L’Autre Laurens, de Claude Schmitz, qui remporte pour la deuxième fois le Grand Prix, déjà gagné en 2021 pour Lucie perd son cheval. Le film décroche également le Prix du Meilleur acteur, ainsi que celui de la Meilleure photographie, qu’il partage avec l’autre grand vainqueur de cette édition, Adieu Sauvage, très beau documentaire de Sergio Guataquira Sarmiento, qui remporte également le Prix du Jury, le Prix du public, et le Prix de la presse.

Partenaire du Festival, Cinevox a rencontré toustes les cinéastes belges qui présentaient leurs films en avant-première: Claude Schmitz donc, Sergio Guataquira Sarmiento, mais aussi Philippe Van Leeuw (The Wall), Pascale Bourgaux (Hawar, nos enfants bannis), Julien Henry (Se crasher pour exister), Mélanie Delloye (Nightman), Mathieu Volpe (Une jeunesse italienne) et Teona Strugar Mitevska (The Happiest Man in the World).

A SUIVRE…

 

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