C’est parti : Mehdi Dehbi tourne la série américaine Tyrant

Mehdi Dehbi, nous vous en parlons depuis longtemps (notamment ICI et ICI). Ce fascinant jeune acteur liégeois n’a tourné qu’un seul long métrage en Belgique: Le Sac de Farine de Kadija Leclere pour lequel il a été nommé aux Magritte 2014. Mais c’est à l’étranger que cet impressionnant polyglotte trace son sillon: en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie. Sa carrière est d’autant plus incroyable qu’il se lance ces jours-ci dans sa toute première grande aventure américaine. Nous avions d’ailleurs été les premiers à vous l’annoncer ici.

Mehdi est donc au générique de Tyrant, une série initiée et produite par le créateur de Homeland. La première saison comptera 10 épisodes. Diffusion aux États-Unis à partir du mois de juillet.

Pourquoi? Comment? Mehdi nous explique tout. Et le reste.

 

[Mehdi dans Je ne suis pas mort]

 

LA MISE EN ROUTE DE LA SÉRIE

 

« Il y a un an, ma manager américaine m’a demandé de faire des essais. À l’époque j’ai enregistré, puis envoyé une video tape. Quand j’étais aux États-Unis, elle a insisté pour que je rencontre le directeur de casting. Au départ, c’est Ang Lee qui devait réaliser le pilote, mais j’ai appris dans les mois qui ont suivi que toute une série de décisions était remise en cause et que le projet était provisoirement stoppé.

Pendant les quelques semaines que j’ai passées aux États-Unis, le projet était hélas en stand-by. C’est seulement alors que j’étais revenu en France pour le tournage de Lily Rose que les producteurs ont remis Tyrant sur les rails avec David Yates aux commandes. (NDLR. David Yates est le réalisateur des quatre derniers Harry Potter et de la formidable série anglaise State of Play, entre autres…)
On m’a alors demandé de renvoyer une vidéo et de signer un précontrat, ce que j’ai fait. La suite directe, je n’y ai pas assisté, mais on me l’a raconté: les exécutives du studio se réunissent dans une grande salle avec les contrats et les essais de tous les postulants. Une à une, ils valident ou pas les propositions qu’on leur soumet.

 

 

Ils ont donc décidé de me choisir pour le rôle, ont contresigné mon contrat et m’ont appelé pour me donner le timing de tournage. C’est ainsi que ça se passe là-bas.

Le pilote a été filmé en septembre au Maroc. Comme d’habitude, ce premier épisode est l’occasion d’introduire tous les personnages : je suis là, j’ai un texte et je participe à quelques scènes, mais rien de fracassant. Le pilote a été officiellement validé et la série a immédiatement été mise en production. Le tournage des dix épisodes de la saison 1 débute ces jours-ci et Tyrant, avec notamment Adam Rayner et Justin Kirk sera diffusé aux États-Unis cet été.

 

 

PREMIÈRES RÉVÉLATIONS SUR LA SÉRIE

 

Au début, j’ignorais à peu près tout de la série. Pas question que la bible circule, bien sûr. Maintenant que j’ai tourné le pilote, j’en sais un peu plus: on peut donc dire que ça se passe au Moyen-Orient, on ne précise pas où exactement. Le pays est dirigé par un leader un peu dictateur, mais pas trop: il n’opprime pas son peuple, l’économie est assez  florissante.

 

 

La liberté d’expression n’est pas le principal atout du régime, mais on a quand même vu pire. Cet homme a deux fils. Le premier vit au pays : il est virulent, volontiers violent, il aime les femmes, le sexe, la drogue, les voitures rapides, normal quoi… (Mehdi rit). L’autre a décidé de partir aux États-Unis où il a épousé une Américaine. Il est médecin, il a des enfants, une vie bien rangée, très américaine et surtout il ne veut plus entendre parler de son pays natal et de ce qui s’y passe. Il va néanmoins être amené à revenir pour assister au mariage de son frère, une cérémonie fastueuse, une véritable fête nationale. Pour le fils américain, c’est un retour aux sources, pour sa femme et ses enfants, une découverte.

Le retour au pays, les retrouvailles avec le père, c’est l’objet du pilote. Il ne compte pas rester très longtemps, mais évidemment rien ne va se passer comme prévu : à l’issue du mariage, le père meurt. Sur son lit d’hôpital, alors qu’il sait que c’est fini pour lui il proclame officiellement que c’est son fils « américain » qui devra lui succéder et gouverner le pays. Mais celui-ci n’a aucune intention de changer sa vie et il tente de fuir pour retourner en Amérique.
Alors que son avion s’apprête à décoller, il est stoppé et fermement invité à assumer à ses responsabilités. C’est là que s’achève le pilote. Et je ne sais pas du tout comment la série évoluera, mais on peut facilement imaginer que l’autre fils apprécie modérément la décision paternelle.

 

Moi, je joue le fils du chef de la sécurité du palais, un jeune qui traîne dans les couloirs. Sammy, le fils du frère américain  va tomber amoureux de lui. C’est dans le pilote que naît cette relation.

 

[Howard Gordon et Gideon-Raff avec les acteurs Adam Rayner, Jennifer Finnigan et Ashraf Barhom] 

 

DES PRODUCTEURS PRESTIGIEUX

 

La série a été mise en chantier par Gideon Raff, créateur de la série Homeland et avant-cela de la série israélienne Hatufim dont Homeland est largement inspiré (NDLR une série originale à voir en priorité, plus réaliste et politique que la version américaine, plus… américaine).

Les autres auteurs sont Craig Wright, un des initiateurs de la série Six Feet Under et   Howard Gordon (NDLR qu’on connaît pour son travail sur les quatre premières saisons d’X-Files, Angel, Buffy et 24h Chrono)

 

Bien sûr, il s’agit d’une production américaine avec un point de vue américain sur certaines choses, mais le talent de ces deux personnalités fait qu’on a très envie de travailler sur un projet pareil. De manière générale, je trouve que les thèmes sont intéressants, l’approche n’est pas frileuse et il y a un même vrai engagement.

 

Dans le contrat, il est précisé que je tournerai dans les dix épisodes. Je dois donc être disponible à partir du mois de mars jusqu’en juin. Je ne travaillerai pas tous les jours, mais je dois être prêt à intervenir.

 

Au départ, la production pensait filmer la série au Texas, mais c’est difficile, car il faut tout recréer de zéro et, bien sûr, il n’y a pas beaucoup d’Arabes aux États-Unis, surtout dans cet état. Du coup, il était nécessaire d’utiliser des figurants mexicains, ou en tous cas latinos et à mon avis ça aurait été peu crédible. On a finalement tourné le pilote au Maroc, mais la série sera filmée près de Tel-Aviv en Israël.

 

Il y aura sans doute une petite différence de style, car au Maroc, nous avons travaillé dans de grands palaces prestigieux et ce type d’endroit n’existe pas en Israël ni en Palestine. En Jordanie, on aurait pu retrouver cette ambiance, mais il semble que c’est assez compliqué d’installer une infrastructure aussi importante là-bas.

 

 

UNE GRANDE LEÇON

 

Dans un projet comme celui-là, on observe ce qui se passe et on suit le mouvement: on est qu’une petite pièce d’un énorme puzzle. J’ai adoré travailler avec Gideon Raff et David Yates qui sont des professionnels très impressionnants.

Le reste de l’infrastructure est plus américaine, c’est moins ma tasse de thé, mais c’est une expérience passionnante: ça me force à m’assouplir sur certaines choses, à accepter que le monde n’est pas tel que j’ai envie qu’il soit, qu’il est complexe et multiple.

 

[Mehdi avec Laurent Lucas (Alleluia, Calvaire) dans L’Infiltré]

 

Aucun modèle n’est idéal, mais il y a des éléments positifs à retirer de tous les univers. Ici, je suis enthousiasmé par les moyens déployés. Je travaille sur des films qui ont du mal à se monter et qui se tournent sur le fil. Ici, ce qui est vraiment fascinant, c’est de voir ce qu’un réalisateur, très doué, arrive à faire avec des moyens techniques époustouflants où il doit gérer énormément de monde, des mouvements de grues, des plans très larges. David Yates est aussi le producteur exécutif de la série (NDLR le sens du terme est différent aux États-Unis où le producteur exécutif est le producteur qui définit le cadre de la série et supervise alors qu’en Belgique, c’est celui qui assure le suivi sur le terrain).
On était dans des conditions de cinéma  extrêmes telles que je n’en avais jamais vécues. Les décors étaient d’une beauté hallucinante, les costumes, les plans étaient incroyables.

Autant dire que j’ai hâte de débuter cette longue aventure.

Je vous raconterai…

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