Cafard : le making of

1914. Pendant qu’à Buenos Aires Jean Lemarin remporte le titre de champion du monde de lutte, sa fille Mimi est violée à Ostende par des soldats allemands.

Jean fait le serment de venger cette ignominie.

Avec son entraîneur Victor et son neveu Guido, il s’engage au sein du prestigieux bataillon ACM (“Autos-Canons-Mitrailleuses”). Mais les lourds véhicules blindés ont le défaut de s’enfoncer dans la boue flamande et le bataillon est muté vers le front de l’Est.

Au grand dam de Jean, qui vient d’apprendre que Mimi est enceinte, débute ainsi une odyssée dramatique autour du monde…

 

Rien dans le pitch ne le laisse deviner, mais Cafard, signé par Jan Bultheel, est bien un film d’animation, étonnant… c’est le moins qu’on puisse écrire. Très stylisée, unique en son genre, l’œuvre réalisée grâce aux méthodes de ‘motion capture’ et de ‘facial tracking’ est passionnante, définitivement réservée à un public plutôt ado/adulte.
Petit détail qui a son importance: la voix du personnage principale (bilingue) est interprétée par Wim Willaert

 

Le film sort le 23 septembre, mais on le découvrira d’abord en clôture du 9e festival d’Ostende. Première francophone durant les BNP Paribas Fortis Film Days.

 

 

«  L’approche technique que nous avons développée pour Cafard est ambitieuse », explique le réalisateur. « En ayant recours à une technologie rapide et efficace développée par l’industrie du jeu vidéo, nous combinons l’impact émotionnel de « vrais » acteurs dramatiques, comme dans un film de fiction, aux qualités artistiques et l’imaginaire sans contraintes d’un film d’animation. Le meilleur des trois mondes!

 En voici les éléments principaux :

Pas de story-board

Une technologie de capture du mouvement avec enregistrement simultané de la voix

Un look graphique raffiné avec des modèles en low-poly et des textures simplifiées

Je pense qu’un story-board peut être un obstacle à la créativité. « Cafard » est basé sur le talent de ses acteurs, sur leur interprétation artistique de rôles dramatiques. Forcer les dialogues et l’action pour se conformer à un story-board prédéfini est une entrave à cette liberté artistique.

 

 

La technologie de capture du mouvement est une industrie innovante, en plein essor. Cafard est destiné à un public adulte. Nous capturons les actions réalistes des personnages, avec un impact émotionnel direct qu’aucune autre technique ne peut atteindre.

 

Dans Cafard la technologie numérique est réduite au strict minimum. Le résultat final est un univers graphique simple qui met l’accent sur l’action dramatique des personnages, non pas sur des prouesses technologiques.

 

 

Cafard est aussi pour moi un défi artistique, visant à obtenir un impact maximal avec des ressources très réduites. Une couleur bien choisie peut être plus parlante qu’un long dialogue. Une simple ligne tracée au crayon peut évoquer un décor de manière plus immédiate qu’un millier d’artifices. C’est par cette philosophie artistique que Cafard  » veut rayonner par sa simplicité. En dire plus avec moins. »

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