Bouli Lanners, Wim Willaert, Rock ‘n’ roll !

Déjà le titre : « Je suis mort, mais j’ai des amis ». Franchement, il fallait l’inventer celui-là. Étonnant, provocateur, il est bien dans l’esprit du film qu’il annonce : décalé, drôle et… rock’n’roll.

 

Car c’est justement une tranche d’histoire d’un groupe rock qui nous sera ici contée. Un groupe de joyeux riffeurs touche au Graal: on l’invite à jouer à L.A., la Mecque du riff qui tue. Un fantasme a priori inaccessible pour de petits Belges qui ont comme principal mérite de ne jamais avoir renoncé à leurs rêves. Les Black Bears existent depuis trente ans et aujourd’hui, les musiciens approchent lentement mais sûrement de la cinquantaine. Ce voyage ils y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Mais naturellement, rien ne se passera comme prévu…

 

Peaufiné pendant des années, le scénario de Je suis mort, mais j’ai des amis est une petite merveille d’humour débridé et de vraie tendresse, une histoire improbable qui va déboucher sur un road movie étonnant où il sera question d’un musicien qui a raté le coche et d’une bonne grosse cuite qui déclenchera des conséquences en chaîne. Jubilatoire!

 

Les auteurs et réalisateurs de ce gentil délire sont Guillaume et Stéphane Malandrin. Les frangins rigolards avaient débuté sur grand écran avec l’étrange Où est la main de l’homme sans tête?, un thriller aux lisières du fantastique avec une scène qui traumatisa quelques âmes sensibles : on y voyait Cécile de France, plongeuse olympique percuter avec son crâne le bord du plongeoir puis couler à pic.  Au festival d’Angoulême, Jean-François Kahn, membre du jury, s’est carrément évanoui au moment de l’impact. Fort réaliste, il est vrai.

 

 

 

Avec le soutien de leur nouveau producteur, Versus, Guillaume et Stéphane ont soigné l’écriture du scénario. On y sent l’obsession du détail qui fait mouche et l’amour des mécaniques bien huilées… débouchant sur les situations les plus improbables : si la mise en images est à la hauteur de ce préambule, on devrait hériter dans quelques mois d’une bien jolie perle à enfiler sur le collier d’un cinéma belge de plus en plus imprévisible. De plus en plus ouvert aussi. De plus en plus attrayant pour le grand public.

 

 

L’histoire n’est pas le seul atout qui affole notre enthousiastomètre : le casting a de quoi emballer le plus grognon des cinéphages puisqu’il fait se croiser deux comédiens qu’on n’aurait pas forcément rêvé ensemble : Bouli Lanners (Magritte du meilleur réalisateur 2012 pour les Géants, Magritte 2013 du meilleur acteur dans un second rôle pour De Rouille et d’Os) et Wim Willaert (Ensor 2012 du meilleur acteur pour Offline).

 

Je suis mort, mais j’ai des amis pourrait se tourner au printemps prochain, peut-être un peu plus tard, début septembre par exemple. Le timing dépendra des autres films mis en production par Versus, notamment du quatrième long métrage de Bouli Lanners. Le sympathique Liégeois n’a hélas pas encore le don d’ubiquité, mais il s’apprête à vivre une des années les plus excitantes de son existence.
Update 27 mai 2014 : le tournage a démarré juste après le Festival de Cannes. Des nouvelles bientôt sur Cinevox

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