Benoit Poelvoorde, star du Box-Office

Comme chaque année, la presse française vient de révéler quels sont les acteurs qui ont gagné le plus d’argent en France pendant les douze mois écoulés. Parmi eux, ce n’est pas une surprise se classe un petit Belge. Ou plutôt un grand Belge.

Notre Benoit Poelvoorde national se glisse en quatrième position d’un classement largement remanié en 2011, dominé par Dany Boon, suivi par François Cluzet et Vincent Cassel. En 365 jours, Benoit aurait ainsi empoché la bagatelle de 2,375 millions d’euros (bruts). Chez les dames, on trouve aussi une comédienne belge dans le top 10. Cécile de France a engrangé 670.000 euros pour ses prestations dans Au-delà de Clint Eastwood, Le Gamin au Vélo des Frères Dardenne et sa participation vocale dans Cars 2.

 

En 2011, on a vu Benoit dans deux comédies populaires, Mon Pire Cauchemar avec Isabelle Huppert et naturellement Rien à Déclarer qui lui a permis de décrocher le jackpot. Non seulement Benoit adapte son tarif au profil des oeuvres dans lesquelles il joue (ce n’est pas courant), mais son agent essaie également de lier sa rémunération au succès d’un film, ce qu’on appelle les bonus. Meilleur est l’agent, plus conséquent est le bonus. Explications…

 

 

 

Une fois le cachet de base décidé, trois points essentiels sont à prendre en compte pour rendre les bonus attrayants : l’acteur revendiquera qu’on lui accorde une somme appréciable pour chaque spectateur payant à partir d’un certain seul et donc que ce seuil (le nombre d’entrées qui déclenche sa clause) soit le plus bas possible. Mais il est aussi préférable que l’intéressement ne soit limité ni dans le temps ni au niveau du montant.

 

Au moment de discuter ce type d’arrangement, le représentant de la star se retrouve face à un producteur qui a, lui,  à cœur de proposer (on schématise) un salaire fixe faible et des intéressements qui démarrent tard pour une somme unitaire fort basse. À chacun de négocier pour amener le curseur au plus près de ses ambitions initiales.

 

Quelle que soit l’habileté des médiateurs,  ces seuils sont liés à la nature de l’œuvre : on sait d’emblée (sauf énorme surprise) qu’un petit film d’auteur n’attirera pas autant de spectateurs qu’une comédie populaire comme Rien à déclarer.

Dans le premier cas, on peut par exemple enclencher des bonus autour de 300.000 entrées alors que dans l’autre, la barre minimale se situera plutôt autour des 3 millions.

 

 

À ce petit jeu, les gagnants de 2011 ont bien sûr été François Cluzet et Omar Sy qui ont atteint un score historique dans un film qu’on imaginait plus confidentiel. Au départ, les cachets des deux acteurs n’étaient pas les mêmes : si Omar était un quasi-débutant sur le grand écran, François Cluzet avait déjà une belle carrière jalonnée de réussites commerciales. Par contre, leur clause d’intéressement était identique, se déclenchant à 1.6 million de spectateurs pour un montant de 9 cents le ticket écoulé. Elle leur a rapporté un véritable pactole puisqu’avec ses 19 273 943 spectateurs (et le compteur tourne toujours), Intouchables n’est plus très loin de Bienvenue chez les Chtis, le film français le plus vu en salle de l’histoire.

 

 

Derrière ce duo, on trouve Dany Boon qui cumule les postes de scénariste, réalisateur et acteur dans Rien à déclarer, l’autre grand succès hexagonal de l’année avec 8 150 825 entrées payantes. Pour ce film, l’agent de Benoit Poelvoorde, qui tient l’autre rôle principal, avait négocié une double échelle de bonus: de 3 à 5 millions de spectateurs, l’acteur obtenait 15 cents par ticket vendu (joli!). De 5 à 8 millions d’entrées, 12 cents. Résultat de l’opération : 660.000 euros. Qui s’ajoute donc à son cachet initial. Pas mal, non?

On pourrait croire qu’avec ce tableau de chasse, Benoit est devenu impayable pour une production plus modeste, belge par exemple. Ce n’est pas le cas, car, comme nous le disions plus haut,  il est un des rares comédiens de tout premier plan à avoir pris l’habitude d’adapter son salaire au profil du long métrage auxquels il a envie de participer.

 

Grâce à cette flexibilité, on va le voir très souvent à l’écran dans les mois à venir. Les Adorés de Hélène Fillières pourrait se retrouver à Cannes, comme Le Grand soir de Benoit Delépine et Gustav Kervern. En juin, il signera une apparition dans Quand je serai petit, le film de son pote Jean-Paul Rouve. On sait qu’il tourne actuellement à Bruxelles Une Place sur Terre de Fabienne Godet, qu’il sera l’agent de joueur spécialiste de la Côte d’Ivoire dans Akwaba de Benoit Mariage et qu’il rejoindra (après ou avant Akwaba?) Kad Merad, Charlotte le Bon et Fred Testot pour Grand Méchant loup, de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet.

 

Un programme chargé, mais aussi très varié qui lui rapportera forcément moins que sa seule participation à Rien à déclarer. Mais qui lui permettra de faire l’étalage de toute l’étendue de sa palette. Et de passer de bons moments avec des gens qu’il affectionne tout particulièrement.

 

Parce que sans plaisir il n’y a pas de magie sur l’écran. Et sans magie pas de cinéma.

 

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