La belle Melody du prix Cinevox

Les premières récompenses du FIFF sont donc tombées hier soir à Namur lors d’une remise off qui s’est déroulée sous le chapiteau en présence d’une belle brochette d’invités.

Pour la première fois cette année, les trophées non attribués par les jurys officiels étaient réunis la veille de la clôture. Belle initiative.

Parmi eux, ce prix qui nous tient particulièrement à cœur : le prix Cinevox, décerné à un long métrage belge de fiction retenu dans une des séries compétitives de la manifestation.

 

Huit films étaient donc sur la ligne de départ : Alleluia de Fabrice Du Welz, L’Année prochaine de Vania Leturcq, L’Éclat Furtif de l’ombre de Patrick Dechesne et Alain-Pascal Housiaux, Le Goût des myrtilles de Thomas de Thier, Jacques a vu de Xavier Diskeuve, Melody de Bernard Bellefroid, Tokyo Fiancée de Stefan Liberski et 7, Rue de la folie de Jawad Rhalib.

 

Soit des œuvres aux profils, aux ambitions et aux budgets très différents qui ont provoqué au sein du jury des discussions passionnées.

Ce jury était, comme d’habitude, composé de quatre cinéphiles non professionnels : Madyson Herbrecht, Mathieu Didembourg, Chantal Donceel et Jeremy Van Cromphaut avaient été choisis par le FIFF sur base d’une lettre de motivation et d’une critique parmi une quarantaine de prétendants.

 

Photo FIFF

Ils étaient coachés par une personnalité des médias belges connaissant parfaitement le cinéma belge: Eric Russon, animateur de l’émission 50 degrés nord sur Arte/laDeux (notamment) a ainsi succédé avec brio à Christine Pinchart (Vivacité) qui avait donné le ton l’an dernier.

 

Au bout de discussions quotidiennes et d’un ultime pow-wow organisé jeudi en début d’après-midi, les quatre jurés ont donc épinglé le long métrage qui héritera à sa sortie d’une semaine de promotion gratuite dans les salles et complexes qui s’apprêtent à le diffuser.

 

Pour sa pertinence, la performance de ses deux actrices et le regard d’un homme sensible sur ses héroïnes, c’est Melody de Bernard Bellefroid qui a finalement été choisi.

 

 

Melody est une jeune fille résolue à se frayer un chemin dans l’existence sans succomber aux diktats. Passionnée par son métier, elle veut ouvrir le petit salon de coiffure qui lui permettra d’être libre en exerçant ses talents. Mais les temps sont durs et elle peine à trouver des clients et donc l’argent nécessaire pour lancer son affaire.

Prête à tout, elle décide alors d’offrir son ventre à une femme qui désirerait un enfant, mais ne pourrait pas y arriver par elle-même. C’est ainsi qu’elle rencontre Emily une riche Anglaise qui rêve de descendance, mais ne dispose en tout et pour tout que d’un seul embryon congelé pour y parvenir. Les deux femmes que rien ne rapproche vont devoir apprendre à se connaître et à se faire confiance. Mais la vie ne leur fera aucun cadeau.

 

Après La Régate, le Namurois Bernard Bellefroid (aujourd’hui citoyen du Brabant wallon) a passé beaucoup de temps à mûrir, puis écrire son sujet.

Artemis (Patrick Quinet) s’est également battu avec beaucoup d’acharnement pour trouver les fonds nécessaires à sa mise en chantier.

Mais au cinéma, seule compte l’issue, le film offert sur les écrans et après le double prix d’interprétation décerné au festival des films du monde de Montréal, le prix Cinevox vient souligner la réussite artistique du projet.

Duo d’actrices étonnant, sensibilité à fleur de peau, mais néanmoins contenue, mise en scène fluide, le tout au service d’un sujet quasi inédit au cinéma et totalement d’actuel : il est clair que tous ceux qui ont participé à cette aventure peuvent être fier du résultat.

 

Depuis le Thalys qui le ramenait à Bruxelles, Bernard Bellefroid suivait avec nous, si loin, mais si proche, la remise de prix alors que Patrick Quinet avait fait le déplacement namurois (comme des représentants de tous les autres films) pour récolter ce premier prix. Une récompense qui l’a beaucoup touché tant la préparation fut compliquée.

 

 

 

C’est Alain De Greef, head of marketing chez BNP Paribas Fortis, mécène de Cinevox, mais également premier supporter du FIFF, qui lui a remis le prix très pragmatique qui permettra au film d’acquérir un peu plus de visibilité au moment de sa sortie en mars prochain.

 

La soirée s’est ensuite prolongée avec un petit buffet offert à l’espace Cinevox à tous les invités qui ont pu se parler de leurs réalisations et de leurs projets. C’est aussi un de nos vifs plaisirs de faire se rencontrer des gens qui ne se voient pas régulièrement, qui parfois ne se connaissent à peine… ou pas du tout.
Et qui peut-être, un jour, nous proposerons ensemble d’autres films bouleversants.

 

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