Alléluia : du sang, de la sueur et des larmes (un peu de sexe aussi) !

« Alléluia ! », s’exclame le cinéphile ! Fabrice Du Welz est de retour sur le plateau de son quatrième long métrage, deuxième volet de la déjà mythique trilogie ardennaise entamée avec Calvaire. Au départ, ce nouveau long devait être une espèce de fausse suite, reprenant un personnage dont on parlait dans le film original sans jamais la voir.  Mais quand Fabrice s’est dit qu’il avait vraiment envie de reprendre Laurent Lucas pour tenir le rôle principal de ce deuxième volet, il a légèrement changé son fusil d’épaule. Tous les fans de Calvaire applaudiront des deux mains !

 

Laurent Lucas revient donc en Belgique (et dans le nord-est de la France) pour incarner Michel, un quadra un peu paumé, mais diablement séduisant qui assure sa subsistance en mettant la main sur les économies de femmes qui tombent sous son charme. Un prédateur. Au mieux, il les dépouille. Au pire, il les trucide et s’en va avec le magot.

 

Lorsque sa route croise celle de Gloria, c’est le choc. La flamboyante ibère  qui a perdu ses marques au fil d’une existence triste tombe raide dingue amoureuse de ce beau passant qu’elle ne va plus lâcher.

 

Commence alors une incroyable odyssée sanglante où les deux amants qui se présentent comme une fratrie vont s’enfoncer dans la folie furieuse.

 

Alléluia est l’adaptation d’un fait divers qui a secoué les États-Unis de 1947 à 1949. L’histoire de Martha Beck et de Raymond Fernandez, une jeune infirmière qui rencontre, grâce au «courrier du coeur», un gigolo soudoyant des veuves.

 

 

« C’est en voyant Carmin Profond (1997) d’Arturo Ripstein que j’ai eu l’idée d’adapter cette même histoire et de la déplacer. Dans son film, le cinéaste reprend le fait divers américain et le transpose dans son Mexique natal, terre dense et flamboyante. On trouve deux autres adaptations cinématographiques de cette affaire : les Tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle (1969) et plus récemment Lonely Hearts de Todd Robinson (2006) », nous explique un Fabrice Du Welz à la fois serein et bouillonnant.

 

 

« Il est en état de grâce », confirme Laurent Lucas. ‘Sur le plateau, il est incroyable, toujours en recherche de la perfection. Il sait exactement ce qu’il attend de chaque scène et ne s’arrête que quand la caméra a capté ce qu’il attendait. Parfois, on cherche beaucoup. A deux reprises, je me suis dit intérieurement que la scène qu’on tournait disparaîtrait au montage parce qu’on n’arriverait pas à la tourner telle que Fabrice l’espérait. Et les deux fois, on y est quand même parvenu. C’est une sensation incroyable. Tourner avec un metteur en scène, un vrai, quelqu’un qui a une vision aussi précise et personnelle de ce qu’il veut faire est un véritable bonheur ».

 

 

L’acteur français qui vit à Montréal depuis douze ans avec son épouse québécoise et leurs enfants n’a pas hésité une seconde quand la production lui a soumis le scénario.

 

« L’intensité de cette histoire est incroyable et surtout je garde de Calvaire un souvenir formidable. C’était une expérience inoubliable. Pas que pour moi apparemment. La plupart des gens que je rencontre me parlent systématiquement de ce film. J’en ai tourné une cinquantaine, mais Calvaire revient toujours parmi les deux ou trois titres qu’on me cite. A la fin de ce tournage, j’étais surexcité, bourré d’adrénaline positive. Ici, c’est pareil. Je sais que quand le tournage s’achèvera (fin de cette semaine), je ne saurai pas trop comment utiliser toute cette énergie. Enfin, si : je vais la consacrer à mes enfants », ajoute Laurent, sympathique en diable, immédiatement attachant.

 

 

« Fabrice a incroyablement progressé depuis Calvaire. On sent qu’il maîtrise tout davantage. Du coup, il consacre tout son temps à aller plus loin, car la base est déjà en place. Dès son premier film, on savait qu’il serait un grand réalisateur. Là, ce n’est pas qu’il confirme: il excelle. J’avais déjà eu cette impression de progression incroyable avec Dominik Moll : Harry un ami qui vous veut du bien était un très bon film qui a aussi marqué les esprits, mais ça restait plutôt classique dans la forme tandis que quand je l’ai retrouvé sur Lemming, il avait développé un univers incroyablement personnel. »

 

 

Sur le plateau Laurent a pour partenaire la star espagnole Lola Duenas, une habituée des films d’Almodovar, titulaire de deux Goyas de la meilleure actrice espagnole de l’année pour Mar Adentro en 2005 et Yo, También en 2010. En 2006, au Festival de Cannes, elle décrocha aussi un Prix d’interprétation féminine collectif, remis aux cinq actrices principales du film Volver de Pedro Almodóvar.

Lola est petite, énergique, souriante et pleine de cette fureur de vivre et de cet enthousiasme très hispanique.  Avec Laurent, elle compose un couple étrange, fusionnel, mais décalé.

« En tant qu’acteurs, en tant qu’êtres humains on est très éloigné », commente-t-elle. On a rien en commun. »

Par contre, avec Fabrice Du Welz la fusion est totale.

« Fabrice et moi on s’entend vraiment bien. On est enthousiaste et excessif tous les deux. Ce tournage est une expérience hallucinante: l’équipe se comporte comme une vraie famille. Tout est fusionnel. »

 

 

Quand nous nous sommes rendus sur le tournage, Laurent Lucas n’avait qu’une scène très brève à tourner, mais Lola allait travailler pour la première fois avec Helena Noguerra. Le matin, lors des interviews que vous verrez bientôt sur Cinevox et dans les cinémas, elle ne la connaissait  toujours pas vraiment et nous lui expliquons un peu qui est cette actrice/chanteuse/Show woman avec qui elle devrait s’entendre.
L’après-midi, bingo, confirmation de notre intuition: les deux actrices sont ensemble depuis moins d’une heure qu’elles se comportent déjà comme de vieilles copines. La complicité est instantanée. Une aubaine pour Fabrice qui les dirige dans une scène compliquée, intense.

 

 

L’occasion pour nous de découvrir le nouveau Fabrice: alors qu’il laisse à son équipe technique le soin de régler les détails pratiques définis d’avance, il se concentre sur la subtilité du jeu, les détails infiniment petits qui font la différence: « Pas de psychologie », répète-t-il plusieurs fois. « Pas de psychologie!  »

Non, pas de psychologie, mais une vérité à fleur de peau, un naturel total et transparent.

 

 

Produit par Vincent Tavier pour Panique et par Clément Miserez pour Radar Film (France), Alléluia devrait être prêt assez rapidement. Une copie zéro pourrait même déjà être disponible aux alentours du mois d’avril. Suivez notre regard…

 

 

La page Facebook du film est en ligne ICI

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