À tout jamais : le public en est fou.

Quand nous développions le concept Cinevox, le discours des professionnels du cinéma était clair et tranché : les films tournés en Flandre réussissaient de belles performances au box-office, mais s’exportaient mal et ne brillaient pas en festival, tandis qu’à l’inverse, le cinéma francophone peinait à trouver des spectateurs alors qu’il séduisait en masse les jurés dans tous les festivals.

Deux ans plus tard, le cinéma francophone se cherche toujours un public local, mais le cinéma flamand, lui, en a terminé avec ses supposés complexes. Rundskop, Hasta la Vista et Adem pour ne citer qu’eux ont largement essaimé à travers le monde. Et depuis le mois de janvier, c’est Tot Altijd qui a repris le flambeau (voir ici la bande-annonce).

 

 

Le week-end dernier, c’est au Festival du Film européen de Virton que le deuxième long métrage de Nic Balthazar s’est brillamment illustré. En terre gaumaise, il a remporté deux prix : le prix du Jury et le prix du public… ex aequo avec The Broken Circle Breakdown.

On notera au passage que le public wallon a plébiscité deux longs métrages d’origine flamande. Contrairement à ce qu’affectent encore de penser quelques esprits chagrins : il est clair, qu’ il existe un cinéma belge qui transcende la barrière de la langue, mais qui parle de la même manière aux tripes des autochtones au Sud comme au Nord.

« Virton, ce n’est pas Cannes », sourit Nic. « Mais quand même… ».

 

 

Cette année 2012 aura donc été pour Nic Balthazar une année enchantée. Outre le succès des différents projets liés à son film précédent (Ben X), dont une … comédie musicale; outre son implication tonitruante contre le réchauffement climatique aux côtés de Greenpeace, le sympathique BV a vu son deuxième long métrage effectuer un parcours exemplaire à l’image de Ben X et l’imposer définitivement comme un des réalisateurs belges majeurs. Pas mal du tout pour un journaliste vedette de la télé flamande que les cinéphiles attendaient au tournant de la reconversion.

 

Lancé en début d’année avec l’objectif clair de fédérer environ 200.000 sectateurs (Eyeworks est très fort à ce petit jeu), Tot Altijd a rempli sa mission. Et au-delà (lire ICI, notre présentation du film) . Il a voyagé à travers l’Europe et remporté des récompenses un peu partout. À Tournai, Amsterdam, Emdem-Norderney, Virton ou Vallodolid, le long métrage qui retrace l’adoption en Belgique de la loi sur l’euthanasie s’est illustré avec brio.

 

Mais la grosse surprise est sans doute venue de la cérémonie des Ensors en septembre dernier lors du festival d’Ostende. Alors que Geert Van Rampelberg était élu meilleur acteur flamand de l’année (aux États-Unis, c’est naturellement son comparse Koen De Graeve qui l’aurait emporté pour sa prestation plus extravertie), Tot Altijd clôturait la soirée sur un coup de tonnerre puisqu’il était élu meilleur film de l’année. Une énorme satisfaction pour son très sympathique réalisateur… qui nous a emplis de joie puisque, vous le savez maintenant, Nic est en quelque sorte le parrain de Cinevox et que notre histoire est intimement liée à celle de son film : nous avons tourné nos premières images à la présentation gantoise de son casting (photo) et Nic a passé des heures avec nous ce jour-là.

 

 

Prochain objectif? Les Magritte du cinéma bien sûr. Tot Altijd pourrait rafler le Magritte de la meilleure coproduction avec la Flandre, mais le film et ses acteurs seront sans doute aussi en course dans d’autres catégories : le meilleur scénario, peut-être, les meilleurs acteurs… Verdict le 2 février.

 

Au-delà des succès protocolaires, la grande satisfaction du réalisateur est d’avoir su à nouveau fédérer le public. Et pas seulement le public flamand. Partout où il est projeté, Tot Altijd touche les gens.

« À chaque festival où le film a été présenté, il a remporté le prix du public. Pas mal pour un film sur… l’euthanasie », ricane Nic, très fier au fond.

Une performance qu’on rapprochera des trois prix du public consécutifs remportés par Dead Man Talking de Patrick Ridremont. Les cinéphiles sont-ils tous des dépressifs suicidaires… ou le cinéma belge a-t-il trouvé la formule qui permet d’allier qualité cinématographique, universalité du propos  et plaisir du public?
On table sur la seconde option !

 

 

Palmarès 2012 de Tot Altijd

 

Prix du Public, RamDam Festival, Tournai (2012)

Prix du Public, The End Festival, Amsterdam (2012)

Silver Bernhard Wicki Audience Award (prix du Public), 23th Filmfest Emden-Norderney (2012)

Best Film, Best Actor (Geert Van Rampelberg), Ensors du cinema flamand 2012

‘Punto de Encuentro Award for best film’ and ‘Audience Award for best film’, Meeting

Point competition, 57th Seminci Valladolid (2012)

Prix du Public, 33e Festival du film européen de Virton (2012)

Prix du Jury (meilleur film), 33e Festival du film européen de Virton (2012)

 

 

Check Also

« Histoires d’Amérique: Food, Family and Philosophy »

La Quinzaine des Cinéastes rendait hommage cette année à Chantal Akerman, avec la projection de …