2013, une année exceptionnelle pour le cinéma flamand

Récemment, le centre du cinéma a tiré le bilan positif du cinéma belge francophone pour 2013.
C’est à présent au tour du Fonds Audiovisuel de Flandre (VAF) de tirer les enseignements de l’année écoulée. Une année très positive pour les films du Nord du pays puisque, tirés le haut par les triomphes de FC Kampioenen, Marina et Het Vonnis, les films belges flamands ont attiré près de deux millions de spectateurs dans les salles.

De quoi faire saliver tous les distributeurs francophones, même si nous le savons tous, les contextes sont tellement différents que les chiffres sont forcément incomparables.
 

 

 

Durant l’année 2013, 1.994.891 spectateurs ont donc été voir une (co)production flamande en Belgique. Il s’agit d’une belle progression par rapport à l’année 2012 qui totalisait environ 1,7 million de spectateurs. Ce chiffre représente une part de marché de 77,41% pour les films belges flamands au sein des films belges sortis en salles (2,57 millions de spectateurs).

 

L’équipe de Het Vonnis, à Montréal

 

En tête de ce box-office, on trouve Kampioen zijn blijft plezant qui a attiré plus de 386.000 spectateurs au 31 décembre 2013, suivi de près par Le verdict (374.891) et Marina (372.295). Notons que ces films ne se sont pas arrêtés en si bon chemin : au 31 mars ils en étaient respectivement à 720.000 spectateurs, 394.928 et 506.421.

 

Le succès exceptionnel de ces trois films d’un profil très différent a permis, selon la Fédération des Cinémas de Belgique, de maintenir un statu quo au niveau de la fréquentation en salles en Flandre alors que celle-ci a chuté de 10% en Wallonie et 6,9% à Bruxelles. Au niveau national, la baisse est de 4,6%.

Notons que dans la partie francophone du pays, cette contreperformance n’est pas imputable au cinéma national, mais à la présence moindre de blockbusters internationaux du gabarit d’un Harry Potter par exemple.

 

 

La vie d’un long métrage se poursuit via de nombreuses autres formes d’exploitation, dont la télévision. Groenten uit Balen (Germaine – photo) a réuni l’an dernier près d’un million de spectateurs derrière le petit écran, suivi de Allez, Eddy! (819.938), Hasta la vista (809.902) et Tot altijd (700.284). Swooni, Tête de boeuf et La merditude des choses ont aussi convaincu plus d’un demi-million de téléspectateurs chacun. Les documentaires De koning van de Mont Ventoux (132.467), The Sound of Belgium (130.197) et La terre amoureuse (103.152) ont connu un franc succès, tout comme les films d’animation Une vie de chat (49.624) et Brendan et le secret de Kells (26.869), deux coproductions minoritaires.

 

En Flandre, la Video-on-Demand (VOD) est en forte croissance, au détriment du DVD et du Blu-ray. Par exemple, The Broken Circle Breakdown (Alabama Monroe) s’est vendu à près de 41.000 exemplaires en DVD/Blu-ray au cours de l’année 2013, alors qu’il a fait l’objet de 75.000 transactions en VOD durant la même période.

 

 

Pour la première fois, le VAF a voulu mettre en lumière la carrière complète d’un film à travers l’exemple de The Broken Circle Breakdown (Alabama Monroe) qui, après avoir attiré 402.727 spectateurs en salles en 2012/13, a connu de beaux succès en Video-on-Demand (75.000), Blu-ray et DVD (41.0000 unités) avant une diffusion sur vtm (796.535 – spectateurs live+1) pour un total estimé à environ 1.390.262 consommateurs du film en Belgique. Joli.

 

Comme le cinéma francophone, le 7e art du nord du pays s’exporte très bien puisque 338 récompenses ont été attribuées à des créations audiovisuelles flamandes. C’est 40 de plus que l’année précédente. L’année 2013 a naturellement été marquée par l’odyssée de The Broken Circle Breakdown avec, comme pic, la victoire de Veerle Baetens aux European Film Awards (le Prix d’Interprétation féminine). Dood van een schaduw/Mort d’une ombre a obtenu une nomination aux Oscar, Matthias Schoenaerts a reçu le César du Meilleur Espoir Masculin, Wouter Bouvijn a été nominé pour un Oscar des Étudiants et Baghdad Messi a commencé sa tournée triomphale.

 

 

Sur le terrain de l’animation, Oh Willy… était en lice pour les César, tandis que Norman a remporté le prix du Meilleur Premier Film à Annecy. Le film expérimental Tokyo Giants a remporté des prix à ZINEBI à Bilbao.

 

Grâce à ce succès dans les festivals internationaux, les productions flamandes sont de plus en plus populaires chez les acheteurs : 28 films flamands ont été diffusés l’an dernier aux Pays-Bas, en France et en Allemagne ainsi qu’au Royaume-Uni alors que les droits de nombreuses (co)-productions dont Allez, Eddy!, Borgman, La cinquième saison, Marina, Sammy’s Adventures 2, Tot altijd et Noordzee, Texas se sont vendus dans plusieurs territoires.

 

Les séries télé ont également tenu en haleine les téléspectateurs flamands avec en moyenne 1,5 million de personnes pour Salamander et un peu moins d’un million pour Eigen kweek.

Zuidflank a attiré plus de 600.000 téléspectateurs chaque semaine tandis que la coproduction avec la Flandre Parade’s End (photo ci-dessous) en a attiré près de 500.000. Les séries documentaires affichent aussi de beaux scores :  1 op 10 (280.103) et Red Star Line (238.344).

 

 

Screen Flanders, la nouvelle mesure d’aide économique aux œuvres audiovisuelles, lancée en 2012, a connu sa première année opérationnelle complète en 2013. Trois sessions ont eu lieu (une en 2012 et deux en 2013) à travers lesquelles 40 des 56 projets rentrés ont été approuvés pour un montant total d’aides remboursables de 9.210.000 euros. La proportion de projets financés (71%) et l’argent investis sont, tous deux, énormes.

Screen Flanders a octroyé son soutien à des projets nationaux et internationaux tels que The White Queen, The Team, Bevergem, Deadline 25/5; des projets d’animation comme Jack et la mécanique du cœur, Phantom Boy, Dimitri ou Cafard; et les documentaires Archibelge! et Another Day of Life ainsi que les projets de fiction Brabançonne, De behandeling, FC Kampioenen: Kampioen zijn blijft plezant et Labyrinthus (photo ci-dessous).

 

 

2013 aura donc été une année faste, une année étymologiquement extraordinaire qui restera sans doute comme un pic puisque 2014 est pour l’instant bien moins prodigue en matière de gros succès populaires. Question de cycles, inévitables.

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