Coups de zoom sur 2012 [4]
Un début d’année qui décoiffe

Il est parfois difficile de savoir très longtemps à l’avance quand sortiront en salles les films produits ici. Rapidement, les blockbusters de toutes nationalités prennent leur place dans le calendrier et selon l’opportunité, l’audace (une contreprogrammation) et leurs moyens, les distributeurs belges essaient alors de déterminer le meilleur timing possible pour leurs films. Objectifs: ne pas présenter de front deux œuvres avec un même acteur (Quartier Libre et Torpedo, par exemple), mais aussi profiter d’un moment idéal (l’après-FIFF est très prisé) et de préférence peu encombré.

 

 

 

Encore faut-il pouvoir compter sur un distributeur, ce qui n’est pas le cas de tous les films belges. De plus en plus de producteurs montent donc leur propre structure de distribution plus (O’Brother) ou moins classique (Iota et la diffusion progressive, mais intelligente de Elle ne pleure pas elle chante). Certains innovent carrément comme les frappadingues de La Parti qui ont mis sur pied une tournée pour Le Grand Tour (photo ©Vincent Marganne). Tournée qui se poursuivra en 2012.

D’autres producteurs belges se proposent de franchir le pas vers la distribution en 2012. Un mouvement à suivre de près.

Une série de longs métrages actuellement terminés ou en voie d’achèvement devraient donc nous arriver dans les mois à venir. Mais il n’est pas impossible que comme pour Hitler à Hollywood par exemple, certaines sorties tardent un peu. Au moment d’écrire ces lignes, tout le monde ignore encore si Torpedo nous parviendra en février, en mai ou en novembre.

Une chose est certaine : le tout début d’année sera néanmoins agité.

 

 

Fils unique, un des films mis en vedette par les BNP Paribas Fortis Film Days, distingué ensuite au festival d’Arras,  sortira le 15 février. Comme Il Était une Fois une Fois. Ces deux films différents se partageront très harmonieusement le quota de spectateurs disponibles à ce moment.  JC comme Jesus Christ de Jonathan Zaccaï pourrait nous arriver une semaine plus tôt. Son public cible est forcément plus confidentiel que la grosse machine de Christian Merret-Palmair, mais il a le profil parfait du film culte. Quand on l’a vu à Namur (prix BeTV), on a adoré.

 

[Nic Balthazar qui va nous proposer Tot Altijd est en quelque sorte le parrain de Cinevox. Il fut le premier à croiser notre caméra. Et avec quelle disponibilité !]

 

Même s’il s’agit d’une actualité essentiellement bruxelloise et flamande, on gardera les yeux bien ouverts sur le Tot Altijd de Nic Balthazar se positionne déjà comme le Rundskop de 2012 (même si les histoires n’ont aucun rapport).  Il sortira le 25 janvier, le même jour qu’Au Cul du Loup qui a épuisé son quota de festivals et vient enfin à votre rencontre. Deux grands manifestes humanistes de concert, c’est magnifique ! Fort de son omniprésence dans les manifestations belges, françaises, canadienne ou brésilienne, le premier long de Pierre Duculot pourra bénéficier d’une confortable distribution à Bruxelles et en Wallonie. Un jour à marquer d’une pierre blanche, donc.

 

 

Un tout petit peu plus tard, nous serons gagnés par La Folie Amayer, vu au festival de Venise où il était présenté hors compétition et au Fiff namurois (soirée de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Produit chez nous par Artemis, La Folie Almayer est une libre adaptation du tout premier roman de Joseph Conrad, tourné en Asie du Sud Est. C’est surtout le premier long métrage de fiction de Chantal Akerman pour le cinéma depuis 2004 et Demain, on déménage. On y retrouve Stanislas Merhar qui était à l’affiche de La Captive (2000).

 

 

Sélectionné pour l’ouverture du prestigieux festival de Rotterdam le 25 janvier, 38 témoins aussi coproduit en Belgique par Artémis excite notre curiosité. 38 témoins est le titre définitif de Une Nuit, coécrit et mis en scène par Lucas Belvaux d’après un livre de Didier Decoin. Ce drame « simenonien » se déroule au Havre, ville prisée par Abel & Gordon, mais également Kaurismaki. Mais la tonalité est ici infiniment plus sombre. Dans la rue, un long cri. Un meurtre. Personne n’a bougé. Personne n’a rien vu. C’est du moins la version officielle. Car il apparaît rapidement que de nombreux voisins, 38 donc, ont été les témoins de l’acte violent. Passivité, complicité? C’est la question que se pose Lucas Belvaux qui n’est pas très friand de la lâcheté ordinaire censée préserver les petits bonheurs individuels. Yvan Attal est au centre de tous les émois, entouré (cerné?) par sa femme incarnée par Sophie Quinton, mais aussi par Nicole Garcia et Natacha Régnier.

 

 

Vincent Lannoo, le stakhanoviste du 7e art belge (photo), n’a pas une, mais deux sorties pointées dans son agenda. On a découvert au tout récent Be Film Festival le surprenant Little Glory, drame social et urbain filmé en Belgique, mais aussi dans le Michigan avec des acteurs anglo-saxons. Une démarche gonflée pour un film à la facture très Sundance. Pendant que ce long métrage international était en postproduction, Vincent en a tourné un autre, fort différent : Au nom du Fils. « Un vrai bonheur », nous a confié Achille Ridolfi qui y interprète un prêtre. Les deux sortiront dans le courant de l’année 2012. Et pendant ce temps-là, le sympathique réalisateur… tournera Les Âmes de Papiers, coproduit par Artémis et Une Liaison Cinématographique. Stakhanoviste, on vous dit.

 

 

Du Michigan au Montana, il n’y a qu’un (grand) pas. Que franchit allègrement Stephan Streker. Mais ce rapprochement est plutôt une question d’homonymie, car son Montana à lui fait référence à Toni Montana, l’âme noire de l’Amérique, héros de Scarface. Son deuxième long métrage se partage entre Julien et Pouga, deux jeunes hommes qui ne se connaissent pas. L’un est un footballeur professionnel.  L’autre roule dans des voitures de luxe qui ne lui appartiennent pas et pratique le trickz, un mélange de karaté artistique et de danse. Remplaçant au pied levé un équipier blessé, Julien va jouer un match important. Pouga accepte, lui, de suppléer son père disparu… pour participer à un casse périlleux. Quelque part, Pouga et Julien se ressemblent. Ils sont attachés aux mêmes valeurs. Mais l’un tuera l’autre. Reda Kateb et Vincent Rottiers, deux des meilleurs acteurs français de la nouvelle génération se retrouveront face à face dans ce drame qui réunit aussi Olivier Gourmet et… l’entraîneur de foot Albert Cartier. Il faut dire que Streker fut présentateur des Multilive sur Belgacom TV et que le foot, il connaît. La musique est signée Ozark Henry.

Impatience !

 

 

 

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